VOLVO V40 Cross Country Xenium T4 AWD Geartronic

ESPACE SUV
  • Design extérieur
  • Finition habitacle
  • Sécurité active et passive
  • Consommation
  • Ergonomie
  • Habitabilité

Prix : 41 410 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 5 cylindres en ligne - 20 soupapes - Turbo injection multipoints essence
Cylindrée 1984 cm³
Puissance maxi 180 ch à 5000 tr/min
Couple maxi 30.60 mkg à 2700.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.37 m
Largeur 1.78 m
Hauteur 1.46 m

Poids

Total 1456 kg

Capacités

Coffre de 335 à 1032 dm³
Réservoir 57 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 210 km/h
0 à 100 km/h 8.20 s

Environnement

Emission CO2 187 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.30
Urbaine 11.10
Mixte 8.00
Essai 11.00

SORTIE DE ROUTE

Disposant d'une réelle crédibilité dans le domaine des véhicules tous-chemins ou SUVs avec la gamme XC, le constructeur suédois a décidé de ressusciter une dénomination déjà apparue en 1997 avec le grand break V70. C'est sur la base de l'agréable V40 qu'est ainsi apparue cette version "Cross Country", bien dans l'air du temps. Afin de pousser un petit peu le concept nous avons choisi de tester une version à quatre roues motrices, qui ne sont proposées qu'avec les moteurs essence haut de gamme. Nous voilà armés pour aller dans un magasin IKEA un dimanche de pluie…

Design Ecole Scandinave

Il n'y a pas si longtemps la vénérable marque suédoise née en 1927 était surtout connue pour le confort et la sécurité de ses grands breaks, mais également pour leurs lignes directement inspirées de boites à chaussures. Pourtant le design scandinave a depuis longtemps ses lettres de noblesse, et VOLVO s'est ainsi réveillée depuis quelques modèles comme le réussi V40. Sans égaler l'élégance et la simplicité d'une chaise d'Arne Jacobsen, les lignes de cette compacte du segment moyen inférieur sont élégantes et racées, voire plutôt cossues. Elles sont ici soulignées sur cette version baroudeuse, des inévitables bas de caisse en plastique brut, agrémentés d'inserts métalliques en partie inférieure. Rehaussée d'une quarantaine de millimètres, l'auto achève sa mue avec une face avant spécifique soulignée de feux de jour à LEDs. Cette ligne plutôt agréable se paye cependant aux places arrière, le pavillon fuyant ne permettant pas une garde au toit confortable et l'empattement limité ne procurant qu'une place aux jambes réduite. Les barres de toit en aluminium ainsi que les deux sorties d'échappement donnent également un aspect un peu sportif à cette auto. L'intérieur est ainsi en tout point semblable au reste de la gamme V40, et on appréciera la sellerie bi-tons. Au final, on a affaire à une bourgeoise légèrement dévergondée et c'est bien ici le positionnement recherché par le constructeur au vu des tarifs affichés.

Ergonomie particulière mais sécurité au top

Notre modèle d'essai étant de finition Xenium, la liste d'équipements s'est avérée particulièrement fournie et trop longue à énumérer ici mais digne du positionnement de l'auto. Parmi les points remarquables, on notera le combiné d'instruments digital, en série à partie de la finition Summum. Il s'agit en fait d'un écran LCD placé derrière le volant et qui simule le combiné d'instrumentation. Bien sûr ce système permet une personnalisation selon trois modes préenregistrés mais également d'afficher beaucoup d'autres informations comme celles de l'ordinateur de bord ou bien celles de la navigation. Ce type de système, que l'on a vu récemment apparaitre sur des modèles de concurrents comme VOLKSWAGEN ou AUDI, est appelé à devenir la référence à partir d'un certain niveau de gamme. Fort heureusement les cockpits de type K2000 des années 90 sont maintenant loin derrière nous !

La seule ombre à ce beau tableau de bord concerne son ergonomie. La console centrale est envahie de boutons comme une poussée d'acné et les menus du système d'infotainment/navigation SENSUS manquent d'intuitivité et s'avèrent trop nombreux à notre goût. De même, la modification automatique de position du rétroviseur droit au passage de la marche arrière lors de créneaux peut sembler une bonne initiative mais l'absence de temporisation réduit l'intérêt de cette fonction pour qui ne réussit pas son créneau en un seul mouvement. Enfin l'ouverture de la porte du conducteur ne déverrouille pas tous les ouvrants : ce choix sécuritaire peut se comprendre mais un déverrouillage simplifié en tirant deux fois la poignée intérieure serait bienvenu. 

Enfin pour finir avec l'ergonomie, outre l'habitabilité limitée des places arrière malgré la finesse étonnante des sièges avant, le coffre s'avère étroit et peu logeable. Son seuil ainsi que le plancher sont trop hauts, sans doute un prix à payer pour ce dernier par rapport à l'implantation du différentiel arrière de la transmission intégrale. Au final, c'est un peu loupé pour faire entrer la cuisine IKEA…

Comme toujours chez le constructeur suédois, la sécurité est portée à un haut niveau, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du véhicule. Les systèmes électroniques d'assistance à la conduite sont donc assez nombreux et nous nous contenterons de mentionner les principaux. Cette V40 Cross Country dispose ainsi d'un nombre impressionnant d'airbags y compris en cas de retournement. En cas de collision avec un piéton, un système se déploie même au niveau du bas de pare-brise afin de protéger la tête de la personne percutée. De plus, un pack d'options "Intellisafe Pro", facturé 1.990 € tout de même, propose ainsi un concentré d'assistances : un régulateur de vitesse adaptatif à la circulation environnante, un système de surveillance des piétons et cycliste en ville, un système de surveillance de somnolence du conducteur, une alerte de franchissement de ligne, des feux de route adaptatifs et enfin une alerte d'angle mort.

Les roues entre deux lignes

Comme souvent avec VOLVO, le moteur est ici un cinq cylindres turbocompressé. Ce type de moteur présente un agrément supérieur aux quatre cylindres en se rapprochant de moteurs de grosses cylindrées allemandes, et il est vrai que la sonorité de cette motorisation nous a agréablement surpris. 

L'agrément de la boîte Geartronic à visco-coupleur, à ne pas confondre avec la Powershift à double embrayage, ne nous a cependant pas emballés. Elle semble étouffer la puissance du moteur au démarrage, et le maintient trop longtemps en régime, à notre gout, en tardant à passer les vitesses. L'agrément en ville est donc limité, et la consommation s'envole. Au roulage également, le fonctionnement du limiteur de vitesse s'avère assez brutal et dénué de progressivité, aggravant en cela le tableau de la consommation. Malgré tous nos efforts celle-ci n'est en effet que rarement descendue en-dessous de 10 litres aux cent kilomètres, ce qui s'avère assez élevé pour une voiture moderne de cette gamme de puissance. Logiquement, les émissions de CO2 reflètent ce tableau, ainsi que le malus allant avec.

Malgré le rehaussement de la caisse, la tenue de route s'avère précise, perturbée uniquement en virage par les reprises de trajectoire du système de surveillance de franchissement de ligne, heureusement déconnectable. 

Le confort est de bon niveau, particulièrement au niveau de l'isolation. On regrettera juste que les grosses jantes de 19 pouces tapent un peu trop sur route dégradée et que les suspensions aient tendance à trépider quelque peu dans ces conditions. Le concept atteint ainsi ses limites, car sans réelle aptitude au tout-chemin à cause de la hauteur de caisse qui reste limitée et aux pneus à taille basse qui privilégient le style, et sans réelle prétention sportive également, avec une puissance restant limitée et une réactivité en retrait à cause du type de boîte.

Bien présentée et convenablement finie, cette VOLVO V40 Cross Country a des qualités toutes scandinaves de design et de confort à faire valoir, malgré une habitabilité perfectible. Il nous semble cependant que pour la plupart des acheteurs potentiels deux roues motrices seront amplement suffisantes, et que l'agrément d'un cinq cylindres pourra être également obtenu avec l'agréable D3 de 150 chevaux, qui de plus est 2.500 € à 4.500 € moins cher. Au final cette version ne semble pas optimisée pour le marché français qui ne représentera certainement qu'un faible volume de ses ventes. Dès 2015, ce modèle T4 évoluera pour accueillir un nouveau bloc essence quatre cylindres de 1,6 litre et de même puissance, associé à une boîte à double embrayage plus efficiente. 

Frederic JOUSSET

2014-11-06