CITROEN C4 Picasso HDI 110 FAP Millenium

ESPACE Monospace
  • Habitabilité et modularité
  • Confort
  • Conduite sécurisante
  • Equipements technologiques intéressants
  • Défauts de vieillissement agaçants
  • Ergonomie des commandes au volant
  • Commande de boîte parfois récalcitrante

Prix : 27 350 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Turbo Diesel injection directe rampe commune haute pression
Cylindrée 1560 cm³
Puissance maxi 110 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 24.50 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.47 m
Largeur 1.83 m
Hauteur 1.66 m

Poids

Total 1574 kg

Capacités

Coffre de 500 à 1734 dm³
Réservoir 60 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 180 km/h
0 à 100 km/h 12.70 s

Environnement

Emission CO2 142 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.60
Urbaine 6.60
Mixte 5.40
Essai 7.00

ESSAI LONG COURS 50.000 KILOMETRES

Le CITROËN C4 Picasso a succédé en 2007 au premier monospace de la marque, le vieillissant Xsara Picasso qui ne pouvait, faute de place, accepter sous son capot le moteur 2 litres HDi dans sa version de 110 chevaux. Acheté en 2010 dans sa livrée Millénium, le C4 affiche 52.000 kilomètres au compteur. Quatre ans à son volant me permettent d’en apprécier les nombreuses qualités, mais aussi de mettre en avant quelques imperfections non rédhibitoires, mais agaçantes.

Une ligne plus audacieuse que celle de son prédécesseur

Lors de son lancement, la ligne du C4 Picasso tranchait nettement avec celle du Xsara Picasso dont les ventes commençaient à décliner. Face avant expressive, poupe allégée et profil original avec une cassure au niveau des portes arrière, il a été le seul à avoir pu faire de l'ombre à son concurrent frappé du losange, le RENAULT Scenic, qu’il a régulièrement devancé en termes de ventes dans l'Hexagone les premières années de sa commercialisation. Ses courbes ont aujourd’hui un peu vieilli, mais marquent encore son caractère affirmé, dans la lignée des voitures de la marque aux chevrons. Le gros point fort de ce "visiospace" est son pare brise panoramique grand angle qui remonte presque à l’aplomb des passagers avant. L’angle de vue est de 70°, soit deux fois plus large que celui d’un véhicule traditionnel. La surface vitrée atteint la valeur record de 5 m² pour la version standard. Les feux arrière, qui débordent sur les ailes, allègent la silhouette et dynamisent la ligne. Dans sa version Millénium, le C4 Picasso s’enrichit extérieurement en série de jantes aluminium de 17 pouces et d’un jonc chromé qui affine la ligne générale. La peinture métallisée restait, comme toujours, une option, options par ailleurs peu nombreuses sur ce niveau de finition.

Un C4 Picasso modulable…

L’habitabilité est très bonne et ce, à toutes les places. Les espaces de rangement sont nombreux et pratiques : trois compartiments dont un réfrigéré sur le tableau de bord, un vide-poches entre les sièges avant, deux coffres intégrés dans le plancher devant les passagers arrière, sans compter les quatre bacs de portière de bon volume. Un regret cependant, la boîte à gants réfrigérée dispose d’une profondeur insuffisante. Le coffre est particulièrement logeable, de forme régulière et offre une capacité de base de 500 litres, dans la bonne moyenne de la catégorie. Pas de banquette arrière, celle ci est remplacées par trois sièges indépendants et inclinables qui coulissent sur 18 centimètres pour agrandir la malle si besoin est. Ils se replient individuellement pour former un plancher pratiquement plat permettant de transporter des objets volumineux. La capacité peut atteindre 1.734 litres, transformant ainsi le C4 Picasso en déménageur. Fini le pliage et démontage fastidieux des sièges, contrairement au Scénic ou au Xsara Picasso, il suffit de rabaisser les appuie-têtes arrière et de tirer sur une petite sangle intégrée dans le dossier de chaque siège. Les passagers arrière profitent d'aérateurs, de tablettes aviation, de rideaux pare-soleil et de vitres électriques à impulsion.

… et bien équipé !

La version Millénium représente le troisième niveau de finition du modèle, le sommet étant la finition Exclusive comme souvent chez CITROËN. A ce titre, parmi les équipements de série, nous trouvons un GPS intégré, un frein à main électrique avec aide au démarrage en côte, un radar arrière, des rétroviseurs extérieurs qui se rabattent et des vitres ouvertes qui se remontent lors de la condamnation de la voiture avec le "plip". Toutes les vitres sont séquentielles. Mention spéciale pour la climatisation séparée gauche/droite, avec buses dans les montants centraux pour les passagers arrière. La commande de réglage déportée sur les aérateurs latéraux avant présente un inconvénient à l’usage : en conduisant, il est impossible pour le conducteur de modifier la température choisie par le passager si celui-ci a quitté la voiture. Le pare-brise panoramique a nécessité la mise en place de pare-soleil à deux volets à peine suffisants lorsque le soleil commence à descendre sur l’horizon. Mais quel que soit l’angle sur lequel se porte le regard du conducteur, la visibilité est très satisfaisante, y compris lors des manœuvres.

A l’époque en vogue chez les ingénieurs de CITROËN,le C4 Picasso est équipé d’un volant à moyeu fixe, regroupant outre le klaxon, les commandes déportées de l’autoradio, du téléphone connecté Bluetooth, de l’écran multimédia et du régulateur / limiteur de vitesse. Ce moyeu fixe n’apporte pas de changement spectaculaire, et les commandes trop nombreuses nécessitent une accoutumance certaine. En associant le volant réglable en hauteur et profondeur aux réglages (manuels à ce niveau) des sièges avant, il est aisé de trouver une position de conduite confortable, dominant la route comme il sied à la plupart des monospaces.

Une conduite confortable et coulée

Réputées depuis toujours pour leur compromis confort/tenue de route, les CITROËN n’ont jamais déçu sur ce point. Le Picasso ne fait pas exception à la règle, bien au contraire. Souplement amorti, installé dans ses sièges spacieux et bien dessinés avec accoudoirs (à l’avant), c’est un plaisir que de prendre l’autoroute à son volant, les grandes étapes ne font pas peur. Il ne démérite pas non plus sur le réseau secondaire grâce à un amortissement moelleux assurant un confort de haut niveau pour ses passagers. Revers de la médaille, d’aucuns regretteront son manque de dynamisme et un éventuel roulis dans les virages. Gageons que le cœur de cible du Picasso est plutôt le "bon père de famille"… La poussée du turbo se fait sentir dès 1.500 tours/minute. Mais sans être réellement à la peine, le moteur 1.6 HDi avoue parfois ses limites en charge, lors des relances sur autoroute. Ce bloc se montre sobre en toutes circonstances : 6,5 litres sur autoroute à 130 km/h constants en consommation mesurée, ce qui permet une autonomie courante supérieure à 800 kilomètres sans atteindre la réserve. La consommation urbaine, toujours mesurée, s’établit dans une fourchette de 7 à 7,5 litres, raisonnable en regard du poids du véhicule. L’insonorisation est correcte, sans plus. Le niveau s’élève lors des montées en régime, et un grondement sourd envahit parfois l’habitacle lors des faux-plats sur autoroute.

Avec le temps…

Il est logique qu’au bout de quatre ans, le vieillissement de la voiture génère des inconvénients qu’un essai de véhicule neuf ne peut permettre de déceler. Après 50.000 kilomètres avec ce C4 Picasso de première génération, les problèmes n’ont pas été nombreux mais agaçants, malgré un entretien et des révisions dans le droit fil des préconisations du constructeur. Quelques défauts de conception sont apparus rapidement : la multiplicité des commandes au volant déjà évoquée, le GPS impossible à lire avec le soleil de face malgré une imposante casquette, ou encore le cadencement fantaisiste des essuie-glaces en mode de fonctionnement automatique. D’autres sont nés au fil des années. La commande du lève-vitre conducteur a révélé quelques fonctionnements inattendus, ne remontant pas forcément lorsqu’on le désire vivement, lors du démarrage d’un portique de lavage ou au péage d’autoroute, en hiver lorsqu’il pleut. Le problème, endémique, est revenu peu de temps après un changement de platine, qui faisait lui-même suite à une reprogrammation. A 50.000 kilomètres, la commande de boîte présente parfois un défaut de guidage lors du passage du premier rapport. Par ailleurs, le C4 Picasso est un dévoreur de pneumatiques arrière : changement en même temps que les pneus avant à 35.000 km ! Enfin, des grincements sont apparus dans le tableau de bord, liés à l’utilisation de plastiques trop durs et à des ajustements perfectibles.

Nul ne doute que le CITROËN C4 Picasso est conçu pour les familles. Très pratique à l’usage, il se montre confortable sur longs trajets, même pour une famille de cinq adultes. Il a conservé encore aujourd’hui un profil toujours agréable à regarder. Les quelques défauts évoqués peuvent être considérés comme mineurs, son premier contrôle technique vierge en atteste. Un point d’inquiétude pour l’avenir : volant moteur et turbo du moteur 1.6 HDi 16 soupapes tiendront-ils la distance ?

Bruno ROUMEGOUX

2014-12-19