AUDI S1

ESPACE
  • Sonorité
  • Design/sobriété
  • Utilisation d’une boîte mécanique
  • Equipement complet et qualité de finition
  • Système Quattro
  • Tarif
  • Visibilité
  • Maintien des sièges baquets
  • Habitabilité/coffre

Prix : 33 900 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres – 16 soupapes TFSI turbo essence injection directe
Cylindrée 1984 cm³
Puissance maxi 231 ch à 6000 tr/min
Couple maxi 37.00 mkg à 1600.00 tr/min

Dimensions

Longueur 3.98 m
Largeur 1.75 m
Hauteur 1.42 m

Poids

Total 1315 kg

Capacités

Coffre de 210 à 860 dm³
Réservoir 45 L
Nb de places 4

Performances

Vitesse maxi 250 km/h
0 à 100 km/h 5.80 s

Environnement

Emission CO2 168 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.00
Urbaine 9.30
Mixte 7.30
Essai 0.00

SUR UNE AUTRE PLANETE !

Après un premier galop d’essai avec la S1 Quattro vendue à seulement 333 exemplaires, AUDI s’est lancé sur le segment concurrentiel des citadines polyvalentes sportives déjà occupé depuis quelques années par les RENAULT Clio RS, PEUGEOT 208 GTi et autres MINI John Cooper Works. La gamme A1 était la dernière de la marque à ne pas avoir fait l’objet d’un survitaminage. Sur le papier, force est de reconnaître que cette S1 semble n’avoir aucune concurrence au regard de ses performances et ses 231 chevaux (et surtout 370 Nm de couple). Etant moi-même possesseur d’une Clio RS de 2010 au châssis irréprochable, la comparaison entre ces deux modèles ne pouvait apparaitre que comme une évidence. Il nous restait donc à vérifier si son ramage se rapporte à son plumage et si la S1 est bien l’hôte de la sportivité.

S1 oui ! Mais des lignes bien marquées

Le design de la version S1, disponible en trois portes ou en version Sportback (cinq portes), est clairement orienté vers la sportivité. Sportivité encore plus marquée dans la robe jaune de notre modèle d’essai. AUDI nous avait plutôt habitués dans la passé à prendre soin de ne pas transformer les versions S en ultra sportive, ce rôle étant habituellement réservé aux versions RS. Mais si on supprime le logo S1 sur la calandre et à l’arrière de la voiture, on peut vite se laisser prendre au piège. Cela commence par sa face avec ses larges prises d’air en nid d’abeille munies de petites écopes d’air à chaque extrémité et se prolonge vers l’arrière par des arrêtes bien marquées. L’arrière se rapproche de l’AUDI S3 avec son aileron et son diffuseur équipé de quatre sorties d’échappement qui complètent l’agressivité de la S1. Les jantes en 18 pouces et les étriers de freins marqués du logo S1 assoient encore plus l’impression de sportivité. Pour ceux qui jugeraient son "look" pas assez suggestif, AUDI propose en option d’équiper la S1 d’un kit Quattro (à 875 €) avec des phares Xénon plus soulignés d’un liseré rouge, des étriers de frein rouges avec logo S1, des jantes en aluminium coulé à cinq branches (design S), d’un spoiler de toit plus marqué et d’un pare-chocs avec lame de spoiler couleur aluminium.

Enfin, il est à noter que la S1 est la première de la gamme à s’équiper du nouveau design au niveau des optiques avant et arrière. Ce design sera proposé sur l’ensemble de la gamme A1 restylée. Côté design, pas de doute, AUDI affirme clairement le caractère de sa S1.

 

Un équipement complet et une finition toujours aussi parfaite

A bord, le ton tranche avec l’extérieur, l’habitacle est beaucoup plus classique. En dehors des logos S1, du volant typé sport à méplat et des sièges semi-baquets, rien ne laisse penser que vous êtes au volant d’une bombinette. Nous sommes dans du "classique AUDI" avec une finition toujours aussi irréprochable. Sur ce point, on sait pourquoi on achète AUDI ! On notera cependant quelques détails qui ont attiré notre attention comme la réduction à quatre places en raison de l’implantation du système Quattro, ce qui peut être regrettable pour un véhicule plutôt orienté pour la ville.

Les commandes de l’écran central sont bien moins accessibles que sur les autres versions de la gamme AUDI (exit la molette centrale) et celui-ci n’est pas escamotable automatiquement. Au prix de cette S1, il faudra utiliser la bonne vieille huile de coude pour cela. On pourra aussi regretter le positionnement très bas des boutons de commande du "Drive Select", des sièges chauffants et de l’ESP, qui sont difficiles d’accès. L’accoudoir central est quant à lui assez mal placé lorsque vous choisissez une conduite sportive. Il faut l’escamoter pour avoir un bon accès au levier de vitesses et bénéficier d’un meilleur confort de conduite. A noter qu’à l’intérieur, AUDI propose également un pack Quattro à 1.975 € avec entre autres, des coques de siège et la console en couleur. Mais ces quelques points ne sont qu’anecdotiques au regard de l’impression générale rendue par cette S1.

 

Docilité au quotidien

On presse le bouton Start/Stop et un doux ronronnement se fait entendre. Pour une utilisation au quotidien, l’AUDI Drive Select en mode Auto préserve le confort avec une consommation plutôt raisonnable (environ 8l/100km) pour ce type d’automobile. Les suspensions ne sont jamais cassantes et s’adaptent parfaitement à la chaussée. La conduite de la S1 est fluide et la réserve de puissance est toujours disponible même en sixième, permettant des reprises et des dépassements en toute sécurité. Si ce n’est le léger ronronnement du moteur, on oublierait que l’on est au volant d’un véhicule typé sportif. La S1 sait donc aussi se fondre dans la masse de la jungle urbaine et se faire parfaitement accommodante même si son tempérament tend à vouloir s’exprimer dès que l’espace devant vous s’éclaircit. Il faut alors garder le pied léger sur l’accélérateur ou rouler au régulateur pour ne pas se faire prendre aux pièges des limitations de vitesse et de la maréchaussée. On note quand même qu’en raison du design de la gamme A1, la visibilité est limitée sans parler du volume du coffre, dans le bas de sa catégorie (210 dm3). Il faut donc voyager léger. Rien de rédhibitoire mais sur le point de l’habitabilité, la Clio RS prend un léger avantage surtout pour des grands gabarits comme moi. Mais qu’importe puisque l’essentiel de la S1 se cache ailleurs.

 

Motricité irréprochable et un concentré d’énergie

Le véritable cœur de cette S1est bien moins visible et se trouve au niveau de son moteur 2 litres quatre cylindres doté de la technologie TFSI. C’est le bloc que l’on retrouve déjà sous le capot de la VW Golf VII GTI ou de sa grande sœur l’AUDI S3. La S1 développe 231 chevaux et surtout un couple de 370 Nm dès 1.600 tr/min qui la place loin devant ses concurrentes. Elle affiche le 0 à 100 km/h en à peine 5,8 secondes (la concurrence étant à plutôt aux environs de 6,5 secondes) pour un 250 km/h en vitesse de pointe (la concurrence étant là encore plutôt inférieure à 230 km/h). Ce moteur est équipé d’un double calage variable des arbres à cames mais également d’une levée variable des soupapes d’échappement, de quoi garder le turbo sous pression pour une meilleure réactivité.

En mode "Dynamic", l’aiguille du compteur à tendance à s’affoler à chaque pression sur l’accélérateur vers des vitesses prohibées. Le son devient alors nettement plus rageur (voir addictif) aidé en cela par la membrane située à la base du pare-brise. On se laisse vite griser ! Le châssis adopte des suspensions pilotées (fournis par Bilstein) et bien sûr la transmission intégrale permanente Quattro avec embrayage multidisques piloté comme sur tous les autres modèles S de la marque. La S1 récupère cependant un différentiel central Haldex de cinquième génération qui est donné comme étant plus réactif et léger même si, sur le papier, on s’étonne que la S1 soit plus lourde qu’une Golf GTI (1.307 kg). Un gain de performance serait là à exploiter. Le système Quattro qui est un pur bijou de technologie, mesure et compare la vitesse de rotation de chaque roue pour adapter la répartition du couple en conséquence. La force motrice est donc répartie en permanence sur les quatre roues et ajustée par l’embrayage multidisque piloté en fonction des conditions de conduite pour lutter contre les effets du survirage et du sousvirage. Résultat : sur les routes sinueuses ou humides, sa tenue de route est bluffante et la puissance toujours disponible en toutes occasions. Peut-être même trop…. et c’est peut-être là son seul véritable défaut. Si on peut appeler cela un défaut ! Pour les puristes, ce type de bombinette se doit de rester très très joueuse. Surtout lorsque l’on sait qu’il n’est pas prévu (pour le moment) de RS dans la gamme A1. Sûrement pour ne pas faire de l’ombre à sa grande sœur l’AUDI S3. Le système Quattro a donc tendance à lisser les sensations. D’autres constructeurs ayant pourtant déjà passé bien plus de puissance sur un train avant. La Clio RS est sur ce point (et uniquement sur ce point) bien plus joueuse à mon goût. La boîte manuelle (merci AUDI pour ce choix) parfaitement étagée permet de retrouver des sensations de conduite. La boîte pilotée S tronic à double embrayage n’aurait apporté qu’un faible gain de performances sur ce type d’auto. On note enfin que les sièges semi-baquets pourraient être plus enveloppants pour éviter de se faire balader lors des enchaînements de virages. Globalement, la S1 est donc bien la reine des petites sportives loin devant la concurrence et boxe dans une autre catégorie

Tout simplement bluffante ! Il va être difficile pour la concurrence de se relever face à un tel pavé qu’AUDI vient d’envoyer dans la marre des petites GTI. Et cela, sans compter qu’il pourrait encore rester la cartouche d’une version RS1 dans le magasin de la marque allemande. Seul son prix peut aujourd’hui faire hésiter à signer en bas du bon de commande quand on sait qu’en comparaison une Megane RS 265 (32.300 €) offre plus d’habitabilité pour une utilisation familiale. Mais comme on dit, quand on aime on ne compte pas !

S. PEREZZAN

2015-01-23