RENAULT Espace 160 dCi Intens et TCe 200 Initiale Paris

ESPACE Monospace
  • Agrément de conduite
  • Confort pour cinq passagers
  • Offre pléthorique en équipements
  • Rlink 2
  • Mode confort (sauf sur autoroute)
  • Quelques petites finitions à revoir
  • Le passage en crossover déroutant pour les habitués de l’Espace

Prix : de 42 300 € à 44 800 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type Quatre cylindres en ligne – 16 soupapes turbo injection directe
Cylindrée 1618 cm³
Puissance maxi 200 ch à 5750 tr/min
Couple maxi 26.51 mkg à 2500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.86 m
Largeur 1.89 m
Hauteur 1.68 m

Poids

Total 1609 kg

Capacités

Coffre de 247 à 2035 dm³
Réservoir 58 L
Nb de places 7

Performances

Vitesse maxi 211 km/h
0 à 100 km/h 8.60 s

Environnement

Emission CO2 140 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.30
Urbaine 7.80
Mixte 6.20
Essai 10.40

ESPACE, LA SAGA CONTINUE

Quelques mois se sont écoulés depuis le Mondial de l’Automobile 2014, lieu choisi par RENAULT pour présenter le nouvel Espace. La quatrième génération de l’Espace a vécu douze ans (de 2002 à 2014) et cède désormais sa place à une cinquième génération du fleuron du constructeur français. Depuis ces dix dernières années, le marché des véhicules a beaucoup évolué. Les envies des acheteurs ont changé. Les SUV et crossover sont venus bousculer le marché des monospaces. La technologie connectée est arrivée dans l’habitacle des véhicules. De plus, la concurrence avait pris un peu d’avance (ou refait son retard) en proposant des véhicules récents concurrents de  l’Espace. Pour répondre à ces évolutions et à la concurrence, RENAULT se devait donc de réagir en proposant une nouvelle version convaincante. Le constructeur a pris le parti de faire de l’Espace un crossover. Nous avons eu le souci de voir comment cette nouvelle génération se situait par rapport aux attentes des clients désirant acquérir un grand monospace. Nous avons pu prendre le volant de ce nouvel Espace en versions Diesel et essence pour des essais sur les routes diverses et variées dans la région des Baux de Provence.

Une vraie évolution de ligne

Oublié l’ancêtre trentenaire aux formes très carrées de la première génération d’Espace (1982…), les choix de design de RENAULT ont eu pour vocation de faire évoluer le monospace vers la catégorie crossover pour cette cinquième génération. La nouvelle ligne est très élancée et propose un dynamisme supérieur à la précédente génération. L’Espace est moins haut et offre une ligne très effilée. La calandre avant intègre des phares full LED (de série), une grande grille d’aération intégrant des phares antibrouillard et aussi l’imposant logo de la marque. Tout le vitrage latéral arbore un entourage de chrome qui améliore la fluidité et l’esprit de noblesse sans mettre de clinquant inutile. Le panneau arrière intègre parfaitement des feux arrière originaux qui sont intégrés à la fois à la porte du coffre et dans la carrosserie. Sur la version haut de gamme "Initiale", il y a une petite subtilité sur le hayon sur lequel le nom "Espace" est remplacé par "Initiale". La ligne extérieure de ce nouvel Espace est très réussie, sans complètement casser les codes du monospace. On découvre là un véhicule très esthétique dont la ligne à la fois statutaire et dynamique redonne des lettres de noblesse à cet Espace. Poursuivons la découverte à l’intérieur de l’habitacle

Habitacle très accueillant

Les quelques échanges que nous avons pu avoir avec des chefs de projets de cet Espace génération 5 nous ont permis de comprendre que le dessin de l’habitacle s’est inspiré des cockpits d’avion. La découverte de l’habitacle montre en effet que cette inspiration a été fortement prise en compte. L’ensemble du tableau de bord et de l’habitacle est très moderne et très bien équipé. Parmi les éléments essentiels, on découvre une tablette tactile de neuf pouces au milieu de la console centrale ainsi qu’une molette circulaire de sélection. Le levier de vitesses de la boîte automatique se présente sous la forme d’une commande électronique à la forme très ergonomique. Les multiples éclairages sont présentés sous forme de bandes lumineuses disséminées dans l’ensemble de l’habitacle et personnalisables en fonction du choix fait par le conducteur parmi les cinq modes de conduite possibles.

Rlink 2

 

L’une des grandes nouveautés est cet écran de type tablette qui permet d’accéder et de piloter un grand nombre de fonctions du véhicule. Cette tablette verticale de presque neuf pouces permet d’accéder à ce que RENAULT appelle le Rlink 2. Ce système se veut très intuitif et adopte un comportement proche d’une tablette domestique. Il s’agit d’un vrai centre de contrôle du véhicule qui permet d’accéder aux fonctions de navigation (via un GPS Tom-Tom) et aux différents fonctions multimédia. Nous avons par exemple trouvé très efficace la reconnaissance de plusieurs types de source musicale (smartphone, lecteur MP3) via les quatre ports USB répartis dans la voiture. Le Rlink2 commande aussi quasiment toutes les fonctions du véhicules (choix du mode de conduite, réglages des options de massage des sièges des passagers avant, etc…). Il nous a fallu un peu de temps pour nous habituer à l’utilisation de cette tablette. Une des questions importantes était de savoir comment le conducteur allait appréhender cette tablette sans que celle-ci ne devienne un élément perturbateur à la conduite. En effet, de par sa position centrale qui oblige le conducteur à quitter la route des yeux, et son côté très ludique, nous craignions que la tablette amène de la perturbation. Le verdict est qu’au premier abord le conducteur aura envie de beaucoup manipuler ce centre névralgique de la voiture. A l’usage nous sommes rendus compte qu’une fois l’aspect curiosité passé, en tant que conducteur, on pouvait se concentrer pleinement sur la route, d’autant plus que de nombreuses commandes au volant permettent d’accéder aux fonctions essentielles.

Fini le tour de reins lié au démontage des sièges

Il y a beaucoup d’innovation dans ce nouvel Espace, mais l’une des révolutions par rapport aux générations précédentes est qu’il n’est désormais plus possible de démonter les sièges individuellement. Scandale diront certains, ouf crieront d’autres. Désormais les sièges des rangées 2 et 3 sont coulissants, inclinables et escamotables dans le plancher. Cet escamotage se fait de façon automatique via le système "One-Touch". L’action sur un bouton situé à l’arrière gauche du coffre permet d’escamoter individuellement chaque siège des deux rangées ou alors les cinq sièges d’un seul coup. Cette configuration offre alors une belle surface de chargement parfaitement plane. Cette action est également réalisable via la tablette Rlink. Facile et plus besoin de porter les 25 kg de chaque siège. Adieu mal de dos. Il faut rendre à César ce qui appartient à César car nous avions déjà testé un système équivalent chez MAZDA. Il s’agit du système "Karakuri" mais il était un peu moins élaboré que le système proposé sur le nouveau RENAULT. Nouveauté aussi, les sièges de la troisième rangée sont désormais des sièges d’appoint. RENAULT a donc abandonné le fait d’avoir des sièges équivalents entre rangées. De par ce choix, RENAULT se coupe volontairement des grandes familles qui souhaitent faire voyager tous les occupants des rangées 2 et 3 avec un même niveau de confort. Il s’agit d’un choix assumé par RENAULT compte tenu de la clientèle visée. Hormis cette troisième rangée plus spartiate, tous les autres sièges offrent une assise et un confort de très bon niveau qui permet de voyager pendant plusieurs heures. Sur les deux versions essayées (gamme Initiale et gamme Intens), nous disposions d’une sellerie cuir très agréable au toucher. La place aux jambes est suffisante même pour des grands gabarits et les sièges avant proposent un recul gigantesque.

Sur la route, la la la la, sur la route…

Nous avons essayé deux motorisations sur les trois qui seront disponibles à la vente. Avant de prendre le temps de détailler notre avis sur ces deux motorisations, attachons-nous aux points communs proposés par l’Espace 5. La voiture a une évidente vocation de routière et, à ce titre, elle se doit d’offrir un très bon comportement routier. RENAULT a fait techniquement le nécessaire pour répondre à cette exigence. Le véhicule propose le mode châssis "4 control" avec les quatre roues directrices. Rappelez-vous ce système déjà présent de série sur la Laguna GT. Le fonctionnement de ce système permet le braquage des roues arrière dans le sens opposé de celui des roues avant au-dessous de 60 km/h. Au-delà de cette vitesse, les roues arrière braquent dans le même sens.

Dans les autres particularités, le conducteur a la possibilité de choisir son type de conduite parmi quatre modes préréglés ("Confort" / "Neutre" / "Eco" / "Sport") et un mode personnalisable. Chaque mode a son propre réglage sur différents organes du véhicule comme les lois d’amortissement, le régime moteur, la sonorité du moteur, etc… En prime l’ambiance lumineuse du véhicule est différente selon le mode choisi, rouge pour le "Sport" et vert en "Eco", cela ne s’invente pas. A l’essai, nous avons testé les différents modes dont certains ont des différences assez flagrantes (mode "Sport" et mode "Eco" par exemple). Une conduite très dynamique nécessite de choisir le mode "Sport" où les passages de vitesse sont plus courts et l’amortissement piloté plus ferme au contraire du mode "Confort" qui privilégie une certaine souplesse d’amortissement et des changements de rapports plus longs. Ce mode est plus adapté à la conduite sur autoroute. Sur route sinueuse ou avec des fortes pentes qui s’enchaînent, le mode "Confort" nous a quelquefois donné l’effet d’être sur des vagues (de façon très modéré bien sûr) ce qui n’a pas du tout été le cas en mode "Neutre" ou "Sport". Au final, le mode "Neutre" est celui qui nous a semblé le plus polyvalent. En termes de conduite, l’Espace 5 est très agréable, la tenue dans les virages et le roulis très maîtrisé sont plaisants pour un véhicule de ce gabarit.

Le rayon de braquage (11 mètres) est équivalent à celui d’une Clio 4, ce qui est agréable pour effectuer des manœuvres pour un véhicule de cette longueur (4,86 mètres). Enfin le freinage est aussi très efficace et ne souffre d’aucune imperfection.

Diesel

Selon RENAULT, la motorisation Diesel 160 dCi devrait être la plus vendue des trois motorisations disponibles. Ce moteur qui bénéficie de la technologie Twin-Turbo est associé à une transmission automatique double embrayage EDC (Efficient Dual Clutch) à six rapports. Le premier turbo à très faible inertie autorise un décollage vif et une réponse instantanée dès les bas régimes. Le second turbo assure de belles montées en régime avec du souffle et des reprises dynamiques sur une large amplitude. Sur les routes des Baux de Provence, nous avons, dans différentes conditions, testé cette association transmission-moteur. On sent que le moteur est coupleux et propose des reprises  dynamiques. Cependant dans le mode "Confort" par exemple, nous sommes un peu restés sur notre faim concernant la réactivité ou le choix des rapports sélectionnés. Sur notre véhicule d’essai (sans vouloir généraliser à tous les modèles), dans quelques situations, la transmission ne permet pas d’obtenir les pleines capacités du moteur avec, par exemple, des passages de rapport trop longs temporellement. Un bon point à noter est la consommation donnée à 7,3 litres aux cent kilomètres lors d’un essai où nous avons volontairement adopté une conduite très économe. Il semble que les 250 kg perdus par rapport à la précédente génération associés aux innovations fassent réellement leur preuve sur la consommation. On notera que le bilan d’émission CO2 de 120 g/km est assez faible pour un véhicule de ce gabarit.

Ou essence…

Le moteur à essence est celui qui propose la plus importante puissance des trois motorisations disponibles. Il s’agit du moteur TCe 200 accompagné d’une boîte double embrayage à sept rapports appelée EDC7. Ce moteur est en mesure de propulser l’Espace de 0 à 100 km/h en 8,6 secondes. Nous l’avons essayé en version "Initiale Paris", le plus haut niveau disponible. Nous l’avons soumis à un essai similaire à l’essai du moteur Diesel en faisant particulièrement attention à l’utiliser avec tous les modes proposés. Cette combinaison motorisation - transmission est plus agréable que la version à gazole pour qui recherche un minimum de sportivité. En effet, nous avons trouvé le moteur plus véloce et la boîte de vitesses plus réactive et mieux étagée. Par contre lors de notre essai effectué dans les mêmes conditions de conduite, la consommation apparaît supérieure de trois litres à celle du dCi 160 soit 10,1 litres / 100 km. Evidemment les performances supérieures à celles du Diesel ont donc un impact non négligeable sur la consommation moyenne avec également un nombre de chevaux fiscaux plus élevé à l’achat (11 chevaux au lieu de 8 pour le dCi 160).

Offre tarifaire et concurrence

Le nouvel Espace existe donc en trois motorisations et quatre niveaux d’équipement (Life le plus bas niveau et Initiale le niveau le plus élevé). Pour acquérir le nouvel Espace, l’offre tarifaire démarre à un prix plancher de 34.200 € pour le Diesel de 130 chevaux en version Life (premier niveau d’équipement) et va jusqu’à 46.300 € pour la version Initiale avec le moteur Diesel DCi 160 chevaux. L’écart de 12.100 € entre la version la plus chiche (dCi 130 Life) et la version la plus dotée (DCi 160 Initiale) est large mais s’explique par une version Initiale très haut de gamme et typée premium. On note que la version Life propose déjà une dotation en équipements de série intéressante (cartographie, Rlink 2 et feux LED entre autre). Quelle que soit la version, le pack sept places vous coutera 1.500 € de plus. Le mélodieux système d’enceinte audio BOSE est aussi en option à 800 € sauf sur la version Initiale mais quand on y a goûté, il est difficile de s’en passer.

Ce nouveau RENAULT Espace devrait avoir peu de concurrence pendant quelques mois parmi l’offre similaire chez les constructeurs généralistes, il nous semble que seuls les FORD S-MAX et le VOLKWAGEN Sharan rivalisent actuellement avec l’Espace V. Le S-MAX propose une plus large gamme de motorisation et sept sièges de série. Le Sharan sait lui mieux accueillir tous ses passagers. Cependant l’Espace 5 offre des équipements plus modernes et de ce fait, creuse le fossé notamment grâce au Rlink2, au multi-sense, au 4control. Il y a aussi le "Park City" qui gare seul le véhicule dans tous types de stationnement et est également capable de faire sortir le véhicule de cette même place.

Que de changement pour ce nouvel Espace ! Cette nouvelle génération est un peu déroutante pour les habitués de l’Espace. En effet, RENAULT a fortement insufflé un vent de renouveau sur cette cinquième génération. Le design extérieur, l’habitacle spacieux, les nouveaux sièges, l’intégration de la connectivité, et les nouveaux organes mécaniques font de ce nouvel Espace un véhicule très réussi qui apporte un vrai plaisir de conduite. Si on ajoute à cela la personnalisation par les différents modes de conduite qu’il est possible de choisir et les différentes ambiances lumineuses associées, on dispose d’un véhicule que chaque conducteur pourra faire varier en fonction de ses envies et de son humeur. Selon un des chefs de projet de ce nouvel Espace, cette cinquième génération aurait été adoubée par Philippe GUEDON, le père de l’Espace première génération, lui-même. Alors que demander de plus ?

Harry ANDRE

2015-05-15