AUDI R8 V10 Plus

ESPACE GT
  • Plaisir de conduite incroyable
  • V10 délirant
  • Polyvalence exceptionnelle
  • Equipement High Tech
  • A-coups de boîte en mode confort
  • Ligne trop sage face aux Italiennes
  • Prix pour une AUDI

Prix : 199 000 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 10 cylindres essence en V de 90° - 40 soupapes - injection directe essence
Cylindrée 5204 cm³
Puissance maxi 610 ch à 8250 tr/min
Couple maxi 57.10 mkg à 6500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.43 m
Largeur 1.94 m
Hauteur 1.24 m

Poids

Total 1555 kg

Capacités

Coffre de 0 à 112 dm³
Réservoir 73 L
Nb de places 2

Performances

Vitesse maxi 330 km/h
0 à 100 km/h 3.20 s

Environnement

Emission CO2 287 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 9.30
Urbaine 17.50
Mixte 12.30
Essai 20.00

LA FUSEE D’INGOLSTADT

Lorsqu’en 2007 AUDI, constructeur certes premium mais tout de même généraliste, présente la première génération de R8, les automobilistes puristes, "Porschistes" en tête, semblaient plutôt sceptiques, et ce malgré un design innovant, réussi, presque futuriste. Positionnée en concurrente directe de la mythique 911, la R8 s’est finalement révélée une réussite pour AUDI tant pour le gain d’image que pour ses volumes de vente. En effet 27.000 R8, toutes motorisations confondues, ont trouvé preneur dans le monde dont 630 en France. La première génération fut déclinée en V8, V10, V10 plus et spider. AUDI monte d’un cran aujourd’hui avec ce deuxième opus positionné encore plus haut. Celui-ci s’attaque désormais à la FERRARI 488 GTB ou encore à sa propre cousine, la LAMBORGHINI Huracan. En témoignent le tarif mais surtout la puissance de cette version V10 plus, 610 chevaux, rien que ça !

Des lignes moins félines mais plus modernes

Chez AUDI, les nouveaux modèles ne sont jamais très éloignés esthétiquement de ceux qu’ils remplacent. Et c’est de nouveau le cas avec cette R8. La ligne générale reprend les codes stylistiques qui ont fait la réussite de la première R8, notamment grâce aux fameux "sideblades", ces bandes verticales personnalisables positionnées juste derrière les portières. Cette fois, elles sont en deux parties et sont séparées par une bande de carrosserie. La ligne générale semble moins douce, moins féline qu’avant mais le dessin est plus acéré, plus large, un peu plus agressif. L’auto parait encore plus rapide et plus que jamais prête à bondir sur le prochain virage. La version V10 Plus propose quelques touches de sportivité supplémentaires. Le capot moteur, tout comme le becquet avant, le diffuseur d’air arrière et les "slideblades" se parent notamment de carbone. 

V10 ou…V10

Afin d’opérer cette montée en performance et pour devenir encore plus exclusive, la R8 a donc délaissé l’architecture V8, qui, il faut le dire, commençait à avoir du mal à se vendre, pour se concentrer sur le V10 d’une cylindrée de 5,2 litres en position centrale arrière. Deux niveaux de puissance sont proposés : 560 chevaux pour la V10 et 610 chevaux pour notre version du jour la V10 Plus. A l’utilisation, ce changement de stratégie s’avère payant, en tout cas derrière le volant. Ce V10 atmosphérique est tout simplement magique, prenant 9.000 tours par minute lors des accélérations. Il est plein à tous les régimes et vous catapulte au moindre effleurement de la pédale de droite. En fonction des modes de conduite, il peut très bien rester tranquille et confortable comme il peut vous hurler dans les oreilles à vous en donner des frissons à chaque accélération. Clairement, cette impression de rage et de puissance n’était pas autant présente avec la R8 précédente. Si on rajoute à cela le fait qu’il est également plus civilisé lorsqu’on le souhaite, étant capable de couper la moitié de ses cylindres (technologie Cylinder On Demand) pour cruiser tranquillement sur autoroute, ce V10 représente une réussite totale, et rend à lui seul la voiture légitime dans cette catégorie des ultra sportives. Ce n’est pas pour rien qu’il est également présent sous le capot de l’Huracan.

Techniquement plus qu’abouti

AUDI a mis le paquet pour être au top de ce qui se fait techniquement parlant sur une sportive de ce niveau. Sur le plan du châssis, la R8 inaugure une nouvelle technologie, le Space Frame, sorte de cellule monobloc composée de carbone et d’aluminium. Celle-ci permet ainsi de gagner 40% de rigidité, et 15% de poids. Ensuite la liste serait trop longue mais citons tout de même la transmission intégrale à viscocoupleur mécanique Quattro, capable ici de transférer toute la puissance sur les trains avant ou arrière, les freins en carbone-céramique de série, ou la suspension pilotée "Audi Magnetic Ride". A en croire les ingénieurs AUDI, la R8 de route et celle de course, contrairement à ce qui avait été fait par le passé, ont cette fois été développées conjointement, ce qui explique le contenu technique embarqué. Même sorti du couple moteur/châssis, la technologie est ultra présente dans cette R8. Notre modèle d’essai disposait par exemple de feux 100% LED, du déjà vu, mais ici associés aux phares "Laser Light" promettant une efficacité redoutable. Ces phares utilisant la technologie laser, complètent les feux de route, et ont une portée deux fois plus longue que celle des phares LED classiques. Ils évitent également de manière automatique d’éblouir les conducteurs que l’on croise, bluffant !

A vivre, une R8 en mode A8

Ensuite, à l’intérieur, la R8 dispose de l’excellent Virtual Cockpit inauguré notamment par le dernier TT. Les compteurs sont ainsi remplacés par un écran configurable à souhait. Cet écran de 12,3 pouces présente toutes les informations du véhicule en lieu et place du tableau de bord classique. Depuis le superbe volant sport, le conducteur peut afficher, en plus des informations classiques, la carte du GPS directement en fond. L’effet et la praticité de ce système sont tout simplement géniaux. Côté finition, c’est la crème de la crème, on est ici dans ce qu’AUDI fait de mieux, matériaux de très grande qualité, ajustements au millimètre. Pour ne rien gâcher, même si le noir et le gris sont les couleurs dominantes, le design de la planche de bord est toujours aussi futuriste et sportif. Les superbes sièges sport sont plutôt raides, normal me direz-vous, mais soutiennent parfaitement en conduite sportive. Ils sont réglables électriquement et réservent tout de même un certain confort, vous laissant envisager de longs trajets sans inquiétude. Ensuite la dotation d’équipements est bien sûr au diapason, et l’on dispose de série par exemple des sièges chauffants, de la carte main libre, du Start and Stop, de la sellerie cuir ou du système de son Bang et Olufsen.

A conduire, incroyable tout simplement

Plusieurs modes de conduite sont disponibles grâce à l’Audi Drive Select, et permettent à la R8 d’être  étonnamment polyvalente. Ces modes agissent sur la suspension, la gestion moteur/boîte et sur la direction. En mode confort, la R8 reste discrète, le V10 ronronne doucement, la voiture est tout simplement aussi facile à conduire qu’une A3, et réellement confortable. Sur ce dernier point, c’est d’ailleurs un vrai plus par rapport à la génération précédente et même par rapport à la majorité de ses concurrentes. A coup sûr, bon nombre de super sportives sont beaucoup moins civilisées. Les dos d’âne sont avalés, tout comme les imperfections de la route, on ne se rend alors pas du tout compte qu’on se trouve dans un monstre d’efficacité de plus de 600 chevaux. En passant au mode Dynamique, là le deuxième étage de la fusée s’allume, on change de monde. Le moteur devient rageur, explosif, les suspensions se raidissent, les pots d’échappement claquent à chaque décélération (génial !), la voiture se transforme. Les vitesses sont changées en un éclair par l’excellente boîte automatique à sept vitesses S-tronic, et la voiture bondit tout en hurlant, d’un virage à l’autre avec des vitesses de passage en courbe et une réactivité en sortie d’épingle tout simplement hallucinantes. Pour ne rien gâcher, le freinage se révèle excellent grâce aux freins céramique-carbone à la fois endurants et ultra mordants. Avec tout ça on se prend rapidement pour un pilote tant la voiture est équilibrée, prévisible et efficace, du bonheur… A noter que deux autres modes sont également disponibles, un mode Auto qui gère seul les changements d’humeur du pilote et un mode Performance plutôt réservé à la piste. Ce dernier mode est encore plus extrême que le mode Dynamique, et propose trois sous-modes en fonction de l’état de la piste sur laquelle on évolue, Wet, Dry ou Snow. Impossible sur route de voir la différence avec le mode Dynamique, pour cela, il aurait fallu tester l’auto sur circuit.

Des chiffres parlants, ou plutôt criants

Quand on lit la fiche technique de cette nouvelle R8, on comprend rapidement pourquoi les sensations de conduites sont tellement ahurissantes. L’auto pèse 1.555 kg pour 610 chevaux donc… Le 0 à 100 est abattu en 3,2 secondes, ce qui au passage, est mieux qu’une PORSCHE 911 GT3 RS, le 0 à 200 avalé en 9,9 secondes. Enfin même si c’est anecdotique surtout si comme moi vous n’avez pas la chance de conduire sur circuit, la vitesse maxi annoncée est de 330 km/h. Plus que les chiffres, ce qui marque dans cette R8, c’est l’efficacité globale de l’auto, sa facilité de prise en main et le plaisir qu’elle procure.

L’élite réservée aux… chanceux

Comme je le disais plus haut, la R8 est montée en gamme à tous les niveaux. Ainsi, hors options, la V10 Plus est affichée à 199.000 €, hors options qui sont bien sûr loin d’être données. Un simple exemple, les freins 100% céramique sont facturés 10.480 €. Côté consommation, évidemment, les moyennes sont très variables, capables de descendre sous les 10 litres aux 100 km en mode confort sur autoroute. En revanche, la R8 peut boire plus de 20 litres aux 100 km en conduite très sportive. Ces chiffres sont finalement raisonnables au vu de la puissance développée, et AUDI annonce, grâce aux avancées technologiques, une baisse de 10% de la consommation moyenne par rapport à la première R8.

Equipements et coûts des options

Audi R8 V10 (167.000  €) : Six airbags. ABS. Aide au freinage d’urgence. Antidérapage ESP. Aide au démarrage en côte. Contrôle de pression des pneus. Climatisation, feux et essuie-glaces automatique. Sellerie en cuir. Radio CD à commandes au volant.. Navigation GPS couleur à commandes vocales. Disque dur 10Go. Lecteur DVD. Bluetooth. Deux prises USB. Phares et essuie-glaces automatiques. Régulateur de vitesse. Radars de stationnement avant et arrière. Feux AV/AR 100 % LED. Clef mains-libres. Suspension pilotée à trois modes. Rétroviseurs extérieurs chauffants, anti-éblouissement et rabattables électriquement. Sièges avant chauffants et réglables électriquement. Jantes en alliage de 19 pouces. Traqueur. Alarme.

R8 V10 Plus (199.000 €) : En plus de la dotation V10 : Bluetooth étendu. Connexion Internet via carte SIM. Radio numérique. Système audio Bang & Olufsen 13 HP 550W. Volant sport à méplat. Pédalier inox. Capot moteur en carbone et aileron Ar fixe en carbone. Freins carbone-céramique. En moins : suspension pilotée à trois modes, sièges électriques et chauffants.

Options (€) : Sièges baquets en cuir perforé : 3.750. Cuir étendu (planche de bord, contre-portes, console centrale) : 3.610. Système audio Bang & Olufsen 13 HP 550W : 2.230. Caméra de recul : 730. Feux 100 % LED avec éclairage laser : 3.960. Feux de route automatiques : 590. Suspension pilotée à trois modes : 2.110. Direction à démultiplication variable : 1.640. Freins céramique : 10.430. Echappement sport à sorties trapézoïdales : 2.230. Jantes 20'' : 2.940 sur V10, 1.760 sur V10 Plus.

Finalement, cette AUDI R8 m’a subjugué. Certes pour un budget de 200.000 €, elle n’a peut-être pas le charme ou l’aura d’une LAMBORGHINI Huracan ou d’une FERRARI 488 GTB, et je ne parierai sans doute pas sur les mêmes volumes de vente que sur la précédente génération. Mais son incroyable contenu technologique, les sensations de conduite qu’elle procure et sa polyvalence à mon avis inégalée aujourd’hui sur le marché, sont autant d’atouts qui pourront séduire les futurs et chanceux acquéreurs. Une chose est sûre, espérons qu’AUDI continue, en parallèle de ses participations aux championnats d’endurance, à démontrer son savoir-faire au travers de l’incroyable et atypique R8. 

Richard STROESLER

2015-10-29