AUDI A4 Avant 2.0 TFSI 190 Ultra Design Luxe S tronic

ESPACE BREAK
  • Moteur / Agrément
  • Finition / Présentation
  • Confort
  • Prix élevé
  • Rangements habitacle
  • Habitabilité sans évolution

Prix : 48 200 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Essence Turbocompressé
Cylindrée 1984 cm³
Puissance maxi 190 ch à 4200 tr/min
Couple maxi 32.00 mkg à 1450.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.73 m
Largeur 1.84 m
Hauteur 1.43 m

Poids

Total 1535 kg

Capacités

Coffre de 505 à 1510 dm³
Réservoir 54 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 238 km/h
0 à 100 km/h 7.50 s

Environnement

Emission CO2 124 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.80
Urbaine 6.70
Mixte 5.40
Essai 8.50

UN VENT NOUVEAU

Après une première prise de contact en Provence en fin d'année dernière, il nous tardait de vérifier la bonne impression que nous avait faite la nouvelle berline familiale de la marque aux anneaux. C'est l'objectif de cet essai avec le moteur nous ayant donné la meilleure impression lors de la prise en mains, à savoir le deux litres essence de 190 chevaux, à une époque où le désamour envers les motorisations Diesel va crescendo. Après une semaine passée en compagnie de la belle, l'heure est au verdict. 

Jeu des sept erreurs

Comme toujours avec les productions récentes de la marque d'Ingolstadt, il faut un œil averti pour différencier cette nouvelle venue du modèle précédent. Bien que cette cinquième génération de break de dénomination A4 conserve la même longueur et globalement la même silhouette, il s'agit d'un modèle entièrement inédit basé sur une nouvelle plateforme modulaire dite "MLB Evo" que l'on retrouvera sur d'autres productions du groupe VOLKSWAGEN comme la Passat. Ce sont d'ailleurs les porte-à-faux avant et arrière réduits qui trahissent le plus la présence de cette nouvelle base. Pour le reste, la ligne "Tornado" courant le long du côté de caisse se fait plus acérée, tout comme la face avant Single Frame et le dessin de la poupe. Mais ce sont surtout les rétroviseurs extérieurs qui trahissent cette génération, maintenant implantés en drapeaux sur la tôle des portes comme sur les récentes A3 et TT, et non plus dans le triangle des vitres avant. Ce break racé possède également une caisse de hauteur réduite, positionnée de plus assez bas par rapport à la route, ce qui accentue encore l'effet "shooting break" sportif. Cet aspect est accentué avec l'option châssis sport qui rabaisse encore la garde au sol de vingt millimètres. Avec quasiment les mêmes cotes extérieures que la génération précédente, l'espace aux places arrière ne progresse pas, et la garde au toit peut s'avérer également limitée pour les grands gabarits. De même, les montants de pare-brise très inclinés pourront surprendre au moment de l'accès aux places avant. La traverse avant de pavillon se situe donc très en arrière, au-dessus de la tête du conducteur, réservant l'agrément d'un éventuel toit ouvrant principalement aux passagers arrière.

Pour le reste, les mensurations sont assez caractéristiques du segment premium intermédiaire auquel appartient cette auto. Le coffre sur l'Avant n'augmente que légèrement par rapport à la berline à 505 litres mais peut s'étendre jusqu'à 1.510 litres en rabattant les dossiers des sièges arrière qui ne sont pas en habituel 2/3-1/3 mais en trois parties 40/20/40. Pour l'aspect pratique, les crochets de fixation et le filet de maintien des bagages sont ici offerts en série. De même, le cache-bagages se relève automatiquement avec l'ouverture du hayon, ici électrique en série quel que soit le niveau de finition. Celui-ci peut même s'ouvrir en passant simplement le pied sous le pare-chocs arrière avec l'option "Keyless entry" d’ouverture mains-libres également du voyage mais uniquement sur cette finition de haut de gamme (comptez sinon 690 € pour cette fonctionnalité).  

Equipement technophile

Jamais une AUDI n'a aussi bien porté le slogan de la marque "Vorsprung durch Technik" ou l'Avance par la Technologie. Cette version comporte ainsi en série le "virtual cockpit" qui est un écran TFT de 12,3 pouces situé derrière le volant et initialement inauguré sur le dernier coupé TT de troisième génération. Cet écran remplace complètement  le combiné d'instrumentation et permet d'afficher également une multitude d'autres informations en plus de la vitesse et du régime moteur, que ce soit la navigation, le multimédia ou la configuration de la voiture. Il est efficacement complété par l'écran couleur de 8,3 pouces du système MMI Plus, implanté en haut de la console centrale. Ce système est une évolution du MMI de base en série à partir du milieu de gamme et comprend, outre un écran plus grand, une mise à jour automatique des cartes et un abonnement au système d'information en temps réel "Audi Connect" pendant deux ans. Malheureusement, a contrario du dernier Q7 ou même de l'A3, cet écran central n'est pas rétractable et reste fixe sur la planche de bord. La présence de ces deux écrans couplés au virtual cockpit, peut s'avérer quelquefois envahissante mais heureusement l'extinction est toujours possible depuis un simple bouton sur la planche de bord.

La finition de l'habitacle est tout simplement irréprochable, que ce soit au niveau de la qualité des habillages ou de leurs ajustements. La planche de bord fine et aérée a été débarrassée de tout commodo superflu, ce qui fait d'autant plus regretter l'implantation de l'écran. Les grilles d'aération présentes sur toute la largeur ne feront pas l'unanimité. Seule l'ambiance chocolat de notre modèle d'essai ne nous a pas tout à fait convaincus, mais ici il s'agit d'une affaire de goût et non de réalisation. La finition des sièges mixte Alcantara/cuir de série à ce niveau de gamme est très agréable à l'œil, mais l'Alcantara a un peu tendance à trop accrocher les vêtements à l'usage. Les liseuses à LED des places avant et arrière sont maintenant "touch", c'est-à-dire activées en passant le doigt sur le verre comme un écran tactile.

Finalement, le seul reproche de taille à cet habitacle soigné concerne l'oubli total de la praticité inhérente normalement à ce type de voiture. En effet, à part le coffre, où sont passés les rangements ? La boîte à gants n'a jamais aussi bien porté son nom afin de ménager de la place aux genoux du passager avant, et l'excellente idée de la "phone box" sous l'accoudoir central, protégeant l'habitacle des ondes de votre téléphone et pouvant également le recharger par induction (pour les modèles compatibles), conduit à condamner quasiment toute possibilité de rangement entre les sièges du premier rang.

Enfin nous avions déjà souligné lors de notre première prise en main le haut niveau technologique des aides à la conduite disponibles sur ce modèle, tout en nous demandant si AUDI n'était pas allé trop loin. En effet, outre leur prix élevé pour le "full package", leur agrément nous a laissés sur notre faim tant l'approche suivie par AUDI est axée sur la prudence et implique une conduite "de grand père", malgré les nombreux paramétrages disponibles. Il n'est de plus pas sûr qu'une telle complexité technique ne soit finalement destinée qu'à quelques "geeks" fortunés. Au niveau de l'ergonomie, même un essayeur habitué aux innovations automobiles peut se faire surprendre par l'aide au parking automatique et se retrouver avec la voiture à 90° du trottoir, provoquant en même temps l'ire et l'hilarité des autres conducteurs parisiens dans une ambiance très "Top Gear"… Eh oui, face à la technologie, il faut savoir rester modeste !

Gros cœur !

Le quatre cylindres deux litres essence bi-injection qui équipe cette version est un dérivé d'un bloc best-seller du groupe VW, bien connu depuis quelques années. Apparu au milieu des années 2000 dans ses premières versions, il a d'abord été décliné en 180 chevaux, puis 230 chevaux en bi-injection sous le capot des Golf GTI et enfin jusqu'à 300 chevaux sous le capot de la S3. Dans une optique d'optimisation de la consommation, il est ici proposé "dégonflé" à 190 chevaux avec un système spécifique de calage des soupapes à bas et hauts régimes, afin d'optimiser le travail du turbo pour l'obtention d'un couple important dès le bas du compte-tours. Dimensionné pour le poids contenu de cette nouvelle A4 malgré son gabarit, il lui permet de ne revendiquer que 124 grammes de CO2 aux 100 kilomètres en cycle mixte. Cette finition Ultra, spécifique aux modèles à consommation optimisée AUDI, bénéficie en effet de nombreux capotages et volets aérodynamiques permettant d'obtenir un Cx de 0,26 très bas pour un break. Sur la route, en essai mixte justement, nous avons plus été proches des huit litres, mais cette valeur peut effectivement descendre en-dessous de six litres sur route ouverte et monter à plus de dix litres en ville. Mais ce qui frappe sur ce moteur est son étonnante disponibilité et les multiples visages qu'il peut afficher selon ce que vous allez lui demander. Couplé au système de configuration "Audi Drive Select", il peut en effet soit ronronner doucement et enrouler sur son couple important, soit se montrer rageur et rapidement titiller sa zone rouge en laissant pas mal de monde derrière. Sans être une sportive, le "right sizing" revendiqué par AUDI est ainsi une réalité avec ce moteur très alerte et finalement peu gourmand. Cerise sur le capot, même la sonorité de ce moteur évolue selon la sollicitation et ses montées en régime s'avèrent très harmonieuses pour qui saura tendre l'oreille, la faute à son insonorisation poussée. La seule question qui se pose après cet essai et cette puissance plus que suffisante concerne son petit frère de 150 chevaux et seulement 1,4 litre de cylindrée : saura-t-il faire efficacement le job sur cette grosse auto ?

Au niveau du comportement, la direction est précise et légère pour les manœuvres en ville, mais manque de "feed back" en filtrant un peu trop les retours de chaussée en mode normal. Cette nouvelle plateforme est en effet équipée de suspensions avant à cinq bras ayant pour but d'améliorer la précision de trajectoire et d'optimiser justement la filtration et la diminution des bruits de roulement. Le comportement est ainsi très sain, et la motricité correcte en deux roues motrices sur le sec. L'amortissement marque des points par le haut niveau de confort qu'il procure : vous pouvez oublier la sécheresse habituelle des allemandes ! AUDI a en effet changé la technologie de l'amortissement piloté pour des chambres hydrauliques avec vanne de régulation, beaucoup plus onctueuse. Ne gâtant rien, le niveau sonore général de l'habitacle se confirme très bon, surtout avec l'option des vitres avant feuilletées mettant aux dire de son constructeur cette A4 B9 au niveau acoustique du fleuron A8... Enfin s'il ne fallait retenir qu'une seule des aides à la conduite, le régulateur de vitesse adaptatif avec mode "bouchons" remporte tous les suffrages en termes de tranquillité et de praticité.

Elle est belle et racée, à notre sens la plus élégante des AUDI A4 ! En témoignent les 66% de ventes dans cette carrosserie pour ce break de chasse arrivant à conjuguer élégance et praticité. Accouplé à l'efficace boîte DSG7 ce moteur deux litres de 190 chevaux donne un sacrée coup de vieux au Diesel tant il place la barre haut au niveau des prestations, le modèle à mazout étant de surcroît vendu environ 3.000 € de plus à puissance équivalente. Un aspect à bien considérer lors de l'achat. Le temps des breaks purement utilitaires est donc bien fini et c'est tant mieux. Faites-vous plaisir !

Frédéric JOUSSET

2016-06-01