CITROEN C4 Picasso PureTech 130 S&S EAT6 Feel

ESPACE MONOSPACE
  • Agrément couple moteur/boîte
  • Confort général
  • Esprit monospace
  • Finition et équipement
  • Consommation essence
  • Intensité lumineuse nocturne des écrans
  • Pas de roue de secours

Prix : 29 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type Trois cylindres en ligne – 12 soupapes Essence Turbo. Injection électronique multipoint
Cylindrée 1199 cm³
Puissance maxi 130 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 23.00 mkg à 1750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.43 m
Largeur 1.83 m
Hauteur 1.63 m

Poids

Total 1317 kg

Capacités

Coffre de 537 à 630 dm³
Réservoir 57 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 201 km/h
0 à 100 km/h 10.20 s

Environnement

Emission CO2 115 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.40
Urbaine 6.40
Mixte 5.10
Essai 8.30

S'IL N'EN RESTE QU'UN…

Alors que la dernière version du PEUGEOT 3008 troque ses arrondis contre un design de SUV, alors que les RENAULT Espace et Scénic succombent eux aussi à la vogue des véhicules de loisirs, le C4 Picasso demeure le seul véritable monospace compact hexagonal. Mais trois ans après son lancement, un remodelage devenait indispensable. Un lifting timide, mais surtout une motorisation inédite et une mise à niveau technologique devraient lui donner un nouveau souffle pour lutter quelques temps encore contre ses principaux concurrents qui bénéficient de l'effet nouveauté.

"Nouveau" C4 Picasso 2016 : cherchez les différences !

Dès son lancement en 2013, le deuxième opus du C4 Picasso a étonné et séduit les amateurs de monospaces par ses lignes modernes, épurées, facilement identifiables et par son confort, valeur emblématique de la marque aux chevrons. Mais soyons francs, il faut aujourd'hui être un observateur averti pour saisir du premier coup d'œil les évolutions apportées au design de cette dernière version. Certes, sur la face avant, la calandre se divise en deux et de nouveaux crochets chromés viennent encadrer les antibrouillards. A l'arrière, les feux se modernisent pour donner un nouvel effet 3D, les LEDs étant réservées aux versions les plus huppées. Des modifications mineures. Mais pourquoi changerait-on une équipe qui gagne ? Sacrifiant à la mode, les possibilités de personnalisations sont plus nombreuses. Pavillon noir en option pour toutes les teintes (dont de nouvelles plus flashy) et un choix de quatre ambiances intérieures afin que chaque client puisse mettre une partie de son âme dans la conception de son véhicule.

Mis à part la sellerie, l'agencement intérieur évolue peu. Le C4 Picasso reste taillé pour les familles avec chérubins, avec trois sièges identiques, inclinables et coulissants à l'arrière, les tablettes aviation et les rideaux pare-soleil tellement utiles lors des transhumances estivales. Les assises sont un peu fermes, mais la place du milieu reste tout aussi confortable que ses voisines, n'étant pas pénalisée par un tunnel de servitudes. L'immense pare-brise panoramique apporte visibilité et lumière pour tous les passagers tout en supprimant les angles morts avant pour le conducteur. En vrai monospace, les rangements sont au rendez-vous : boîte à gants, coffres entre les sièges avant et sous les deux assises, trappes sous les pieds des passagers arrière, bacs de portières.

D'une façon générale, l'assemblage ne souffre pas de critique, tandis que les plastiques moussés utilisés pour le tableau de bord sont de très bonne facture. Des progrès spectaculaires en matière de qualité perçue, surtout si l'on se réfère à la première génération de Picasso ! Avec un volume de 537 dm3, le coffre est suffisant pour envisager sereinement les départs en vacances d'autant qu'il est possible de le porter à 630 dm3 par un simple glissement des sièges arrière.

Mais alors, quoi de neuf ?

Si les évolutions ne sautent pas aux yeux en faisant le tour du véhicule, elles n'en sont pas moins bien présentes sur cette version intermédiaire. La gamme se décline sur trois niveaux d'équipements : Live, Feel et Shine dont les tarifs s'échelonnent entre 27.450 et 32.450 € avec le PureTech 130 et la boîte EAT. Notre C4 Picasso cuvée 2016 bénéficie en effet d'une refonte de l'instrumentation électronique qui reste en position centrale (monospace oblige…), et qui se modernise tant au point de vue du graphisme que des fonctionnalités. Toujours deux écrans associés : une tablette tactile de sept pouces sur la console qui permet de contrôler à l'aide de trois boutons situés sur chacun des côtés la plupart des fonctions multimédia (GPS, téléphone,…) ou de confort, et un grand écran numérique de douze pouces, situé sur la partie haute du tableau de bord, affichant les informations classiques relatives à la conduite (vitesse, régime moteur, rapport de boîte, niveau de carburant, etc…).

Ce millésime apporte de grands progrès dans l'ergonomie de cet ensemble en renforçant la complémentarité dans la délivrance des informations. C'est ainsi par exemple que l'écran supérieur se positionne en relais de la tablette tactile pour l'affichage du GPS lorsque cette dernière est mobilisée pour une autre fonction. Dans cette dernière version, le C4 Picasso bénéficie du nouveau Tom Tom 3D comportant une cartographie urbaine en trois dimensions et une commande vocale. La tablette tactile accueille maintenant une fonction Mirror Screen compatible avec les smartphones Android ou IOS qui permet l'affichage et l'utilisation de certaines applications.

Nul n'étant parfait, le volant supporte encore de trop nombreuses commandes qui demandent un temps d'adaptation avant d'en maîtriser le fonctionnement. De même, le petit levier de commande de la boîte automatique se situe à un emplacement plutôt inhabituel, derrière le volant, habité par l'esprit DS des années 60. Il est secondé par deux palettes situées de part et d'autre du volant pour le mode séquentiel. Ces commandes permettent de dégager de la place entre les sièges conducteur et passager pour l'implantation d'un coffre central de bon volume et d'un petit rangement comportant la connectique multimédia (USB, 220 volts,…) sur le tableau de bord.

Les autres nouveautés se situent sous le capot. CITROËN enrichit la gamme essencedu C4 Picasso en associant le "petit" moteur trois cylindres PureTech de 130 chevaux à la boîte automatique EAT6, des organes communs à plusieurs modèles du groupe PSA (308, DS,…) qui jouissent d'une très bonne image. Répondant à la norme Euro 6, le PureTech 130 bénéficie d'un couple de 230 Nm au régime de 1.750 tr/mn, et conserve 95% de cette valeur entre 1.500 et 3.500 tr/mn. La marque vante aussi la consommation réduite (5,1 litres en parcours mixte) et la faiblesse des émissions de CO2, soit 115 g/kilomètre. Certes, ce duo permet d'abaisser le coût d'accès à un modèle essence/boîte automatique en évitant de recourir au THP 165 plus cher et plus gourmand. Mais est-il capable de procurer un agrément suffisant sur la route ?

Aides à la conduite : la vitesse supérieure

Si version précédente profitait (en série ou en option) d'aides à la conduite utiles au quotidien (aide au stationnement Park Assist, vision 360°, accès et démarrage mains libres, commutation automatique feux de croisement/feux de route, caméra de recul,…), le C4 Picasso 2016 franchit un palier supplémentaire en intégrant des fonctions actives qui rendent la conduite plus sûre au bénéfice de la sérénité du conducteur. C'est ainsi qu'il est maintenant possible d'associer la reconnaissance des panneaux de limitation de vitesse au régulateur/limiteur qui les identifie et les considère alors comme des consignes. De même le C4 intègre le système AFIL inauguré par CITROËN. A partir de 65 km/h, toute tentative de franchissement d'une ligne blanche non validée par le clignotant est contrecarrée par une intervention sur la direction. Il en est de même lorsque le conducteur s'engage par inadvertance dans une manœuvre de dépassement formalisée par le clignotant ; si la surveillance d'angle mort indique la présence d'un véhicule, une pression en sens contraire sur le volant le rappelle à l'ordre.

Action !

Surfant sur le souffle nouveau donné aux véhicules essence, CITROËN élargit la gamme des motorisations du C4 Picasso avec le moteur PureTech 130 accouplé à la boîte EAT6. Si cet équipage peut sembler un peu juste en regard du gabarit du véhicule, dans la vraie vie, il n'en est rien. Avec une masse de 1.317 kg, il n'est pas trop lourd. Et avec son couple délivré à 95% dès 1.500 tr/mn, le trois cylindres est vivant en ville et énergique lors des dépassements à condition de solliciter franchement la pédale des gaz. La boîte EAT fait alors merveille, n'hésitant pas à descendre un ou deux rapports pour relancer la voiture, surtout si celle-ci est chargée. A tel point que les palettes du mode séquentiel peuvent pratiquement être oubliées malgré l'absence d'un mode sport.

La philosophie du C4 Picasso, surtout avec boîte automatique, invite à une conduite paisible et détendue, profitant du confort des suspensions et d'une luminosité optimale. Bien que grondant un peu à l'accélération, le moteur se fait oublier à vitesse stabilisée et renforce le bien-être des passagers sur de longs trajets. En ville, Stop & Start activé, quelques à-coups peuvent parfois se produire lors du démarrage, mais rien de rédhibitoire. En revanche, le rayon de braquage ne mérite que des éloges compte-tenu du gabarit du véhicule et la vision 360° équipant notre véhicule s'est révélée une alliée appréciable lors des manœuvres de stationnement.

Durant cet essai réalisé en région parisienne, les consommations avancées par le constructeur ont évidemment été pulvérisées. Annoncé pour 6,4 litres en consommation urbaine, notre Picasso a avalé en réalité 8,3 litres au terme d'un parcours mixte ville/voies rapides, ce qui n'est au demeurant pas exorbitant en regard de la taille du véhicule et en sollicitant fréquemment la puissance du moteur.

Avec le millésime 2016, CITROËN donne à son C4 Picasso la maturité qui lui manquait. Bien né, doté d'une puissance suffisante, ce monospace confortable et silencieux tient ses promesses en apportant un agrément de conduite renforcé par des assistances actives et un ensemble multimédia débarrassé de ses imperfections. Le Scénic IV n'étant à ce jour pas proposé en version essence 130 chevaux boîte EDC, le nouveau 3008 trahissant ses origines, notre Picasso reste le seul monospace tricolore sur son segment. Un sursis à mon sens mérité.

Bruno ROUMEGOUX

2017-01-01