RENAULT Scenic 4 Energy TCe 115 Zen

ESPACE Monospace
  • Agrément en ville
  • Confort/Praticité
  • Look
  • Poids
  • Pas de boîte automatique
  • Manque de dynamisme

Prix : 26 100 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Essence Turbocompressé
Cylindrée 1198 cm³
Puissance maxi 115 ch à 4500 tr/min
Couple maxi 19.38 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.41 m
Largeur 1.87 m
Hauteur 1.65 m

Poids

Total 1428 kg

Capacités

Coffre de 0 à 506 dm³
Réservoir 52 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 185 km/h
0 à 100 km/h 12.30 s

Environnement

Emission CO2 129 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.00
Urbaine 7.20
Mixte 5.80
Essai 7.20

IL ENVOIE DU LOURD

Vingt ans après le lancement de la première génération de Scénic, RENAULT soffre avec cette quatrième mouture un retour aux sources du monospace compact facile à vivre. Présenté au salon de Genève en mars 2016 il nest réellement présent sur nos routes que depuis lautomne dernier. Même si le cœur de gamme de ce véhicule familial reste toujours centré sur les motorisations Diesel, il nous a semblé intéressant den présenter la première offre essence avec ce bloc TCe de 115 chevaux en finition intermédiaire Zen. Récit dun petit millier de kilomètres en compagnie de ce nouveau venu... 

Dabord le look

La première impression est souvent la bonne, a-t-on coutume d’entendre. Ici il ne s’agit pas que d’une impression, le "Wow effect" est bien là pour cette version courte. L’effet est encore plus frappant lorsque cette génération est garée à côté d’un Scénic 3 qui a alors du mal à maintenir la comparaison malgré un design pourtant pas si daté. C'est principalement dû au nouveau pare-brise en trois parties ou "tryptique", dont les deux vitres latérales permettent d’avancer très loin les montants de pare-brise et d’effacer pratiquement le capot et le porte-à-faux avant. La silhouette s’en trouve ainsi transfigurée et revient ainsi à un véritable monocorps, nerveux et généreusement dimensionné puisque par rapport à la génération précédente il gagne vingt millimètres en largeur et quarante en garde au sol. Il fait ainsi comme son aîné Espace le choix d’une orientation stylistique SUV. Le porte-à-faux arrière est réduit sur cette version courte, renforçant en cela le déséquilibre avant du design et accentuant son dynamisme. La face avant reprend la signature lumineuse en "C" verticaux chère aux productions actuelles de Guyancourt et, comme sur la gamme Mégane dont dérive ce monospace, il arbore une signature horizontale à l’arrière. La version longue, comme sur la génération précédente, se différencie par des feux arrière verticaux.

L’autre caractéristique de cette cuvée de Scénic tient dans l’adoption sur toute la gamme de grandes roues avec jantes de vingt pouces et des hauteurs de flancs spécifiques. L’effet visuel ainsi obtenu est très réussi, car une taille de roue unique permet ainsi d’optimiser le design de la carrosserie et les jeux. Ces immenses roues participent donc à l’assise du véhicule comme sur le nouvel Espace dont il partage d’ailleurs la plate-forme et l’usine de Douai. Le pari reste cependant plus risqué sur le long terme avec des pneus de tailles non standard, vendus, selon RENAULT, le même prix que les autres dimensions. Dans le réseau du constructeur, certes, mais sur les sites de vente dédiés ou en centre auto qu’en sera-t-il ?  

La touche finale est enfin donnée à l’extérieur par une peinture bicolore en option. La teinte des montants avant/arrière et du pavillon (en option panoramique en verre) peuvent ainsi se différencier du reste de la carrosserie, RENAULT ayant utilisé ce type d’arrangement à grande échelle avec succès depuis l’apparition du Captur.

Puis l'ingéniosité

Au chapitre des bonnes surprises, on note le retour d’un vrai système d'ouverture/fermeture mains-libres. Finis les petits boutons peu pratiques sur les poignées à presser pour accéder à l’habitacle comme pour le verrouiller. RENAULT a eu la bonne idée de remettre des capteurs dans les poignées qui détectent la présence d’une main pour déverrouiller le véhicule. De même, une vraie gestion de proximité a été implantée ce qui permet un verrouillage automatique à l’éloignement ainsi qu’un "accueil" lorsque vous approchez, la voiture déployant ses rétroviseurs et s’éclairant par faible luminosité. Bientôt elle agitera l’essuie-glace arrière...

A l’intérieur la fête continue. Même si l’habitacle fait encore beaucoup appel aux plastiques, le rendu de ces derniers est agréable. C’est surtout la modularité intérieure qui marque de nouveau des points sur ce modèle. La console centrale, qui propose un grand rangement de treize litres, est en effet entièrement coulissante. Vous pouvez ainsi au choix soit profiter d’une continuité parfaite avec le tableau de bord, soit dévoiler des porte-bouteilles et un vide poche, soit enfin séparer complètement les deux places arrière en position complètement reculée, ce qui peut s’avérer bien pratique en cas de transport de "Pokemons" incompatibles. La boîte à gants a été remplacée par un grand tiroir coulissant de plus de onze litres à ouverture sensitive (à effleurement). Enfin, comme sur les anciens Scénic, des trappes de plancher permettent de ranger les derniers objets sous les pieds des passagers. Déjà pourvu d’un coffre plutôt généreux de 506 litres VDA, celui-ci s’étend d’un geste depuis le coffre ou le poste de conduite grâce au système "one-touch folding" emprunté à l’Espace, ce qui permet d’obtenir un plancher plat. 

Il est à noter, en option avec l’Easy Park Assist, une visualisation à 360° des obstacles autour du véhicule : plus de borne en béton meurtrière pour les bas de caisse, celles-ci sont annoncées par une alerte sonore et une visualisation de leur proximité sur l’écran R-Link.

Aucune surprise non plus n’est à attendre du tableau de bord. Celui-ci-ci reprend les compteurs et commodos de la gamme Mégane, à l’inverse de la génération précédente qui avait ses propres combinés. L’écran couleur tactile de sept pouces du système R-link reste bizarrement implanté en "lévitation" au-dessus des grilles d’aération de la console centrale. Il s’avère à l’usage trop petit par rapport au plastique qui l'environne : seules les gammes supérieures bénéficient de l’écran de 8,7 pouces implanté verticalement, qui donne enfin l’impression de ne pas nager dans un espace trop grand pour lui. Plébiscité à ses débuts, l’ergonomie du système R-link date maintenant un peu, tout comme l’intégration native du coyote très difficile à neutraliser sans impact sur le volume de l’autoradio.

Souffle court

Le bloc H5Ft TCe 1,2 litre de 115 chevaux équipant ce modèle est bien connu puisqu’il équipait déjà la génération précédente de Scénic. Proposant des prestations honnêtes sous le capot de la berline Mégane, il se montre ici convaincant en ville mais manque cruellement d’allonge dès que la route s’ouvre en dehors des centres urbains. La faute principalement au défaut majeur de cette auto : son poids ! Avec près de 1.430 kg sur la balance par rapport aux 1.320 kg du Scénic 3 avec la même motorisation, ou les 1.280 kg d’un CITROËN C4 Picasso PureTech, où diable cette auto a-t-elle mis ses kilos? Malgré la légère évolution des dimensions, les progrès et allègements naturels d’une génération à la suivante auraient dû les compenser. Au final, la consommation déçoit donc très naturellement, d’autant plus que ce petit moteur se montre assez glouton s’il vous prend l’envie de le pousser pour rechercher un peu de dynamisme.

A contrario, le confort sonore et de suspension sont de très bon niveau, malgré les grandes roues qui auraient dû faire remonter plus de bruit de roulement et de chocs. Au quotidien la visibilité vers l’avant est excellente grâce au nouveau pare-brise. La voiture étant dotée d’un empattement court et n’ayant que très peu de porte-à-faux avant comme arrière, elle fait preuve d’une agilité très appréciable que ce soit en ville ou sur petite route, avec un comportement sain et très équilibré, sans prise de roulis. 

La copie aurait pu être parfaite ! Au-delà dun look décidément réussi, le travail réalisé par les hommes et femmes de RENAULT afin de redéfinir un véritable monospace à vivre a porté ses fruits : toute la famille sera bien à bord, dans un confort de très bon niveau. La version plus musclée du 1.2 TCe de 130 chevaux est cependant préférable afin dobtenir un peu plus de dynamisme. Car vu le poids de lauto, quelque peu en décalage avec les générations actuelles de monospaces compacts, cest sans doute le 1,5 litre de 150 chevaux de la Talisman qui aurait été nécessaire.   

Frederic JOUSSET

2017-03-14