NISSAN Micra 1.0 Acenta 71 ch

ESPACE Citadine
  • Design et équipements
  • Rapport habitabilité/dimensions
  • Ambiance à bord
  • Transmission longue
  • Position de l’écran média
  • Pas de boîte automatique

Prix : 15 790 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 3 cylindres - 12 soupapes - Injection essence
Cylindrée 999 cm³
Puissance maxi 71 ch à 6300 tr/min
Couple maxi 9.70 mkg à 3500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.00 m
Largeur 1.74 m
Hauteur 1.46 m

Poids

Total 1045 kg

Capacités

Coffre de 0 à 300 dm³
Réservoir 41 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 158 km/h
0 à 100 km/h 16.40 s

Environnement

Emission CO2 103 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 3.80
Urbaine 5.90
Mixte 4.60
Essai 0.00

REMISE A PLAT

NISSAN a lancé en 2016 la cinquième génération de sa Micra, avec seulement deux moteurs de 90 chevaux, l’un en essence et l’autre Diesel. Pas de motorisation d’attaque. Ce manque est aujourd’hui comblé avec l’arrivée de cet inédit moteur trois cylindres de 999 cm3. C’est bien un nouveau moteur et non la reprise du 898 cm3 amputé du turbo équipant la version IG-T 90. Il offre tout de même 101 cm3 de plus, et 19 chevaux de moins. Notre version d’essai Acenta est la finition la plus haute accessible avec cette motorisation. C’est également cette finition qui sert de base à la série spéciale "Made in France" commercialisée ces jours-ci. Pour autant, avec cette nouvelle Micra, NISSAN a tout repris, passant d’une bouille ronde à un design plus tendu, rendant à la hauteur et à la largeur ce qui a été pris sur la hauteur. De fait, cette mouture, la cinquième du nom, est moins féminine et répondra au choix des hommes comme des femmes. Pour notre essai, nous avons bénéficié d’un modèle de couleur bleu électrique très sympa, complété par des notes métallisées au niveau des moustaches de bas de pare-chocs avant, des protections de bas de portes, des coques de rétroviseurs et du bas de pare-chocs arrière. Ainsi parée, notre Micra est effectivement très fun. Maintenant, l’ensemble ramage/plumage est-il cohérent ?

Présentation

Avec ce nouvel opus, la Micra perd de son identité. Les quatre séries précédentes étaient ouvertement typées féminines, ce qui n’est plus le cas. Pour autant, la Nissan n’est pas "apatride". Elle rejoint le design et le style général NISSAN souligné par sa calandre et la forme de ses feux de jour en pointe de flèche. Elle est très actuelle et en phase avec nos attentes européennes. Pour cause, car elle a été spécialement conçue pour notre continent. C’est d’ailleurs chez nous qu’elle fait ses premiers pas, l’opus quatre étant toujours le modèle diffusé au Japon et aux Etats-Unis.

La nouvelle motorisation est proposée avec les finitions Visia, Visia Pack et Acenta, auxquelles se joint la version Business Edition réservée aux professionnels. Pour ces derniers, le choix d’une Micra 1.0 répondra à un besoin d’utilisation urbaine en majorité. La NISSAN présente maintenant des lignes plus tendues, plus dynamiques. Elle s’est allongée de presque vingt centimètres. Nous espérions retrouver cette évolution au travers de l’habitabilité et avons été pleinement satisfaits. En effet, l’accès à bord est aisé à l’avant pour les grands gabarits avec des glissières de siège assez longues. Bien sûr, en position reculée au maximum, il ne reste pas beaucoup de place pour les jambes des passagers arrière mais le siège ne touche pas la banquette. Pour autant, le coffre n’est pas sacrifié puis qu’il est annoncé pour 300 litres, avec une forme très cubique. Avec ces atouts-là, une banquette arrière coulissante en aurait fait un vrai couteau suisse au niveau de l’habilité. En revanche, un regret pour le seuil de chargement de coffre plutôt haut. 

Dans l’habitacle, NISSAN a évité le piège de la tristesse en plaçant des notes claires. En premier lieu au niveau de la planche de bord, le revêtement s’étirant entre les deux aérateurs latéraux est souple, sympathique au toucher et renvoie la lumière dans ce volume avant. Il est épaulé dans les contre-portes par des repose-coudes de même matière. Au centre, le levier de vitesses est encadré de deux bordures en cuir clair avec surpiqures. A noter que le support dudit levier est rehaussé, ce qui raccourcit l’écart avec le volant et améliore l’ergonomie de conduite. Pour finir avec la luminosité, les maintiens latéraux des sièges sont également en tissu clair. Bien que tout ceci soit obtenu avec des matériaux de nature différente, la note globale est tout à fait positive. Autre élément agrémentant l’ensemble, les inserts métallisés. Ils ne sont pas trop nombreux, plutôt bien répartis, mais là encore, font appel tantôt à une finition  chrome brillant, tantôt à une finition mat. Sur ce point, une harmonisation d’aspect serait bienvenue. Revenons à l’ergonomie. Si l’écran média est bienvenu sur un véhicule de cette gamme, pourquoi l’avoir placé plus bas que les compteurs ? Il faut vraiment quitter la route des yeux et baisser son regard pour en voir l’affichage. Tourner la tête légèrement pour regarder au centre devrait être la seule manœuvre à opérer. Cette remarque ne concerne pas que la Micra. Elle est également de mise sur une grande partie des modèles en circulation actuellement. Concernant les commandes, quelques spécificités sont de mise. Notre Micra présentait des feux à allumage automatique. La position "O", feux éteints, a disparu. Pour éteindre les feux, il faut placer le levier en positon "auto". C’est discutable mais pourquoi pas ? Oui discutable car la durée de vie d’une ampoule n’est pas uniquement due au temps d’allumage. Elle est également due au nombre d’allumages et d'extinctions. Et en position auto, ce facteur-ci augmente considérablement. Ce sont des ampoules halogènes donc à coût contenu, ce qui reste acceptable. Au passage, merci à NISSAN d’avoir sur ce point prévu de la place pour passer les doigts derrière les optiques de phare et ainsi remplacer aisément les ampoules.

Concernant la condamnation des portes depuis l’habitacle, la commande est dupliquée, c'est-à-dire qu’elle se trouve sur les deux contre-portes, côté conducteur et côté passager, ce qui est relativement rare, de plus sur un véhicule de ce segment. Côté média, si l’ensemble n’accueille pas de GPS, il est connectable avec un smartphone ou un Iphone, à partir de la finition Acenta. La Micra n’est pas en reste face à la concurrence et présente, il est vrai, de nombreux équipements de base (dès la finition Visia) parmi lesquels l’aide au freinage intelligent (dont le capteur de détection se situe derrière le logo de calandre NISSAN réalisé par impression 3D). C’est d’ailleurs à ce détail que l’on identifie si le modèle (très récent) que l’on a devant les yeux a été étudié pour recevoir cette fonction. Elle s’équipe également d’un contrôle de la pression des pneus, de l’aide au démarrage en côte, d’un indicateur de changement de rapport, d’un volant réglable en hauteur et profondeur, du siège conducteur réglable en hauteur, de l’intelligent Trace control et de l’intelligent Ride control. Le premier permet de conserver une trajectoire idéale en courbe en agissant légèrement sur les freins des roues intérieures. Le second apporte une aide au passage des dos d’âne ou imperfections marquées de la chaussée, évitant les rebonds et limitant les roulis par l’action conjuguée du freinage et des amortisseurs. D’autres équipements sont disponibles de série ou en option, en montant en finition. Pour parfaire ce tableau, une présentation de la série spéciale "Made in France" s’impose. Pourquoi cette série ? Eh bien tout simplement car, pour la première fois, la Micra est produite chez nous en France, dans l’usine du groupe, RENAULT de Flins-sur-Seine, à l’ouest de Paris, avec les Clio et Twingo. Et lorsque l’on connaît l’attrait des Français pour les voitures assemblées sur notre territoire, il est important de le faire savoir. Alors évidemment, cette série est limitée dans le temps. Elle se base sur une finition Acenta. 500 exemplaires sont d’ores et déjà disponibles pour ce mois de septembre. A cette finition Acenta s’ajoute la peinture métallisée ou spéciale. Elle est disponible avec les trois motorisations, et proposée avec le moteur 1.0 à un tarif de départ de 13.500 €, inférieur à la finition de base Visia, soit une économie de 2.800 € au minimum. Elle est reconnaissable au badge Made in France placé latéralement au bas des montants de pare-brise.

Utilisation

Tout cela est alléchant, mais que vaut cette Micra 1.0 sur la route ? Tournons la clé pour le savoir. Au ralenti, le moteur est silencieux, et l’on observe les progrès réalisés sur la maitrise des vibrations de ces moteurs à trois cylindres. Le début de notre parcours s’opère en ville, où la Micra est tout à fait à son aise avec son moteur atmosphérique de 71 chevaux. Pas de violence, et la conduite coulée lui va à ravir. A coup sûr, c’est vraiment son terrain de jeu favori. Les commandes sont douces, la voiture évolue bien dans le trafic, ne secoue pas ses occupants, mais demande un espace plus grand que sa devancière pour se garer. On ne peut pas tout avoir ! Sortie de ville pour trajet routier avec des tronçons de toute nature, avec limitation de vitesse de 70 à 130 km/h avec paliers de 20 km/h. Pour le premier palier, tout va bien et la Micra évolue en douceur et sereinement. Pour le deuxième palier, le bilan est correct, avec des accélérations et des relances un peu justes. Avouant 16,4 secondes pour passer de 0 à 100 km /h, avec un poids à vide de 1.045 kg, cette version à moteur 1.0 se débrouille correctement dans cet environnement routier limité à 90 km/h. Pour le palier suivant, la montée en vitesse reste correcte, même si elle est un peu longue. En revanche, la Micra avoue ses limites en reprise. Si l’on est seul sur la route, tout va bien. Dans un trafic un peu dense, une différence se révèle. Les grandes côtes sont aussi une source de ralentissement qu’il faut gérer. Pour le dernier palier, même remarque que précédemment. Un régime établi et une vitesse constante sur un sol horizontal ou peu pentu sont sans reproche, mais toute modification se paie. A noter que nos conditions d’essai sont sans passager arrière, ni bagages.

Sur ce sujet, la Micra présente une banquette arrière bombée en son centre, ayant pour conséquence un accueil précaire du cinquième occupant. En revanche, tout est correct avec deux occupants bien assis dans l’empreinte qui leur est allouée. Attention, la Micra ainsi motorisée n’est pas pire que la concurrence, mais elle n’est pas mieux non plus. Au niveau de la vie à bord, le tableau est positif. Le confort est réellement d’un bon niveau, le filtrage des inégalités de route est appréciable, la tenue de cap est également bonne. En résumé, si évoluer hors des villes n’est pas la tasse de thé de son moteur, la Micra limite les effets secondaires par une vie à bord bienveillante. Ce qui reste étonnant, c’est qu’à la lecture de la fiche technique, le moteur 1.0 de 71 chevaux consomme plus que le moteur 0.9 de 90 chevaux. Bien sûr, dans la réalité, l’écart de consommation banc/usage réel entre un moteur atmosphérique et un moteur turbocompressé n’est pas du même ordre, et qu’il reste de fortes chances pour que le moteur atmosphérique consomme effectivement un peu moins de carburant que son homologue turbo dans la vraie vie. Et tous deux n’offrent pas non plus le même agrément de conduite. Concernant mon ressenti pendant l’essai, cette version de la Micra est agréable à conduire, l’ambiance à bord est sympathique avec ses notes lumineuses, et la Micra que j’avais en main était très bien équipée, de série comme en option. Petite note d’humour, vous le verrez sur les photos. NISSAN "plaque" ses voitures d’essai du département 23. Ce n’est pas innocent. En japonais, 2 se dit "NI" et 3 se dit "SAN", sympathique, non ?

Au final

Ce nouvel opus de la NISSAN Micra fait monter en gamme le segment B. Certes la concurrence est déjà également bien équipée, mais pas forcément dès la finition de base. Il en résulte un usage agréable, avec des assistances qui facilitent tant la vie qu’on les oublie, sauf lorsqu’on reprend un véhicule qui n’en est pas équipé. Avec son petit moteur de 71 chevaux, volontaire mais limité, cette version de la Micra convient à un usage urbain. La route lui est ouverte, mais ce n’est pas son terrain de jeu favori. A l’heure du bilan, la série limitée "Made in France" proposée actuellement est un bon choix, eu égard à son niveau d’équipements et son tarif très contenu. Cerise sur le gâteau, NISSAN propose dix teintes dont certaines sont très "fun", comme le bleu électrique, l’orange racing, le vert wasabi, le rouge vulcano, ce qui permet d’ajouter encore une possibilité de rouler différemment ! 

Jacques FORGE

2017-09-19