RENAULT Alaskan 2.3 dCi 190 Intens BVA

ESPACE pick-up
  • Tenue de route pour ce type de véhicule
  • Volume habitable
  • Capacité de chargement et de remorquage
  • Direction un peu dure à l'arrêt
  • Quelques lacunes dans l'équipement

Prix : 45 960 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Bi-Turbo Diesel injection directe à rampe commune
Cylindrée 2298 cm³
Puissance maxi 190 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 45.50 mkg à 1500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 5.40 m
Largeur 2.08 m
Hauteur 1.81 m

Poids

Total 2086 kg

Capacités

Coffre de 0 à 1170 dm³
Réservoir 73 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 180 km/h
0 à 100 km/h 10.80 s

Environnement

Emission CO2 183 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.90
Urbaine 8.70
Mixte 6.90
Essai 8.20

COUP D'ESSAI, COUP DE MAITRE ?

RENAULT est un constructeur polyvalent qui propose de multiples modèles, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels. Ces véhicules sont normalement disponibles dans des points de ventes séparés car leur public et leur utilisation sont différents. Mais l'Alaskan va bouleverser ces usages car il sera vendu à la fois dans le Réseau RENAULT et dans les points de vente Expert Pro Plus. C'est en effet le premier pick-up double cabine d'une tonne de charge utile commercialisé par le constructeur français. Avec ce modèle, disponible depuis plus d'un an sur le continent sud-américain, RENAULT brouille les cartes et change la donne. A-t-il tous les atouts en main pour cela ?

Tout sauf un inconnu

Le design imposant et racé saute aux yeux et le véhicule ne passe pas inaperçu parmi les petites berlines. A la vue de sa face avant, l'Alaskan est bien une RENAULT avec les codes de la marque bien respectés : un gros losange chromé fièrement posé au centre de la calandre, un design des feux Full LED Pure Vision avec signature lumineuse en forme de C, qui rappelle ses congénères. Malheureusement, la partie arrière est beaucoup plus insignifiante et si l'on retire les badges, la filiation n'est plus du tout évidente car les feux étirés caractéristiques des derniers modèles sont absents.

Le chrome, très présent sur notre modèle, attire la lumière et valorise la perception que l'on peut avoir de ce tout-terrain. Le design avant très distinctif devrait donner un petit coup de vieux à son concurrent désigné et leader de la catégorie, le FORD Ranger. Son profil athlétique, avec ses roues de dix-huit pouces et ses passages de roues larges, rassure visuellement sur la robustesse de l'engin.

Le RENAULT Alaskan, en plus d'être déjà commercialisé outre-Atlantique dans une version légèrement différente de la nôtre, est également le cousin du NISSAN Navara et du futur MERCEDES Classe X. Tous les trois partagent la même plate-forme dont la spécificité, pour un pick-up de cette taille, est une suspension arrière à cinq bras et ressorts hélicoïdaux. En effet, les pick-up sont généralement équipés de suspension arrière à lames qui leur donne un comportement de camion.

Le profil de l'acheteur type

C'est là que le pari de RENAULT est intéressant car l'objectif affiché est double, intéresser à la fois un professionnel qui recherche un véhicule robuste avec une capacité de tracter jusqu'à 3,5 tonnes et un particulier qui veut, avec plusieurs personnes à bord, vivre ses passions encombrantes. La volonté est de rendre ce véhicule statutaire.

Cependant, le particulier visé devra avoir un peu de place dans son garage car avec ses 5,40 mètres de long, on est plus proche d'un Master que d'une Twingo. La capacité de chargement permet de transporter un quad directement dans la benne ou plus prosaïquement vingt sacs de vingt-cinq kilos de ciment directement conditionnés sur une palette standard.

Grâce aux nombreuses options disponibles, le véhicule peut être personnalisé à sa guise avec un couvre-bagages, des barres de maintien, un protège-benne complet en plastique ou un module de camping… De nombreuses possibilités qui ne sont pas servies par les couleurs disponibles. En effet, en dehors de la couleur Brun Vison métallisé qui habillait notre modèle d'essai et un Rouge Brique passable, les cinq autres couleurs sont tristes pour un véhicule de loisirs qui de toute façon ne passera pas inaperçu. Espérons que RENAULT aura la bonne idée de faire des séries spéciales colorées ou des options de personnalisation plus poussées.

Une berline confortable…

Les marchepieds situés sur les côtés du véhicule lui donnent un style baroudeur mais surtout permettent d'assurer un accès plus aisé à bord. Les sièges en cuir sont flatteurs et confortables. Le siège conducteur électrique avec ses huit réglages permet de trouver une position de conduite très confortable. La situation très haute donne une très bonne vision de la route et de l'environnement. La caméra 360° vient compléter cette situation qui permet de bien évaluer son gabarit. Cependant, l'intérieur n'est pas représentatif des RENAULT actuelles et correspond plus aux origines asiatiques du Navara. On y perd le grand écran, la personnalisation des compteurs et quelques autres petits détails bien vite oubliés quand on prend le volant.

Bien évidemment, la première chose qu'il ne faut pas oublier c'est que l'on est au volant d'un véhicule qui est bien loin des berlines de tous les jours. Que l'on soit installé à l'avant ou à l'arrière, la place disponible est très satisfaisante, les assises sont confortables, seul un petit manque de maintien au niveau des bourrelets latéraux est à noter vis-à-vis de l'usage que l'on peut en faire. Une vingtaine de rangements différents est disponible, ce qui permet de retrouver certaines caractéristiques des voitures familiales. Les options habituelles telles que le démarrage sans clé, les feux à allumage automatique, les rétroviseurs extérieurs dégivrants et rabattables électriquement, la climatisation automatique bi-zone… sont présentes, seuls manquent à l'appel les essuie-glaces automatiques.

… mais différente

Un des gros avantages de l'Alaskan reste sa benne qui peut être utilisée de bien des manières, en particulier grâce à son système d'arrimage C-Channel constitué de cinq crochets facilement déplaçables sur des rails situés en partie supérieure. Le volume disponible est impressionnant et permet une utilisation modulable. Il sera un soutien de poids dans votre vie de tous les jours ou, dans le cas de sports extrêmes et encombrants, votre meilleur partenaire.

Une différence notable avec les véhicules standards reste la présence en bas de la console centrale de trois boutons spécifiques. Le premier permet de passer du mode deux roues motrices au mode quatre roues motrices boîte longue et enfin au mode quatre roues motrices boîte courte. Le deuxième permet de désactiver le différentiel électronique à glissement limité (eLSD) et enfin, le dernier peut vous sortir de situations très compliquées, le limiteur de vitesse à la descente (HDC).

En piste

C'est maintenant que tout commence. La possibilité de conduire l'Alaskan sur les routes slovènes nous a permis d'en tester toutes ses capacités. Que ce soit en ville, sur route, sur les pistes en terre ou à l'inverse sur autoroute, il ne nous a jamais trahis. Quel que soit le type de conduite, sportive ou placide, la tenue de route est sécurisante, sans sensation de roulis exagérée comme on peut l'avoir sur les utilitaires équipés d'essieux arrière rigides. Même à vitesse élevée sur des pistes en plus ou moins bon état, le comportement reste sain et la direction précise.

Sur autoroute, à vitesse de croisière stabilisée, rien ne permet de dire dans quel type de véhicule on est si ce n'est la position de conduite qui permet de dominer la route. Le plus étonnant est que l'on peut passer de l'autoroute à une zone totalement accidentée avec la même aisance. Les capacités de franchissement sont impressionnantes pour un véhicule de ce gabarit et les obstacles sont avalés avec une facilité désarmante. Un franchissement de gué ou un champ ne sont qu'un terrain de jeu supplémentaire.

Cependant, les occasions de se mettre en difficulté ne manquent pas, l'électronique est alors là pour vous aider à gérer ce genre de situation. Ainsi, le limiteur de vitesse à la descente peut vous sortir d'un mauvais pas sans que vous ayez à effectuer d'intervention en dehors de maintenir le volant droit. Par contre, nous sommes au volant d'un vrai tout-terrain qui demande un peu de pratique afin de profiter pleinement de ses capacités. Dans ces cas-là, l'utilisation du passage de vitesses manuel est la meilleure option car la boîte automatique laisse alors voir ses limites.

Dernière manœuvre

Un des points qui reste marquant avec ce mastodonte est la facilité de se déplacer dans des endroits délicats tels que les parkings, les ruelles ou encore tout simplement en ville. Son rayon de braquage permet de réaliser toutes les manœuvres sans jamais se mettre en difficulté et mieux encore, circuler dans la jungle des grandes villes se révèle d'une facilité déconcertante… A condition de ne pas oublier son vrai gabarit !

Ce RENAULT Alaskan est une vraie bonne surprise. Certains blasés le compareront à des véhicules non comparables en espérant y trouver autre chose que ce qu'il est, à savoir un gros jouet qui ne dit pas son nom. En effet, vous ne serez pas au volant de la berline de monsieur tout le monde et vous ne passerez pas inaperçu avec, mais toutes les idées qui vous viendront à l'esprit pour sortir des sentiers battus seront réalisables. Ainsi s'il y avait une conclusion à tirer de l'essai de l'Alaskan, cela pourrait être : à vous d'inventer l'aventure qui va avec.

Michel SANTONI

2017-10-08