CITROEN C4 Cactus PureTech 110 EAT6

ESPACE COMPACTE
  • Confort (sièges et suspensions)
  • Prix
  • Style CITROËN retrouvé
  • Sièges
  • Berline assagie

Prix : de 16 950 € à 24 500 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 3 cylindres - 12 soupapes - turbo essence injection directe - Traction – BVA6
Cylindrée 1199 cm³
Puissance maxi 110 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 20.00 mkg à 1500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.17 m
Largeur 1.71 m
Hauteur 1.48 m

Poids

Total 1070 kg

Capacités

Coffre de 348 à 1170 dm³
Réservoir 50 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 188 km/h
0 à 100 km/h 10.90 s

Environnement

Emission CO2 119 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.60
Urbaine 6.40
Mixte 5.30
Essai 6.90

DANS UN FAUTEUIL

L’équation est posée : d’un côté un crossover décalé et une berline en fin de vie, et de l’autre un positionnement à asseoir au sein d’un groupe qui accueille deux nouvelles marques. CITROÊN a commencé à résoudre cette équation complexe en présentant un style bien reconnu avec le principe des optiques à deux étages. Le succès des récentes C3 et C3 Aircross montre que la voie choisie est la bonne. Avant le très attendu C5 Aircross et le Berlingo 3 promis pour le prochain salon de Genève début mars, c’est à la gamme C4 que le constructeur s’est attaqué et plus particulièrement à son piquant rejeton qu’il a transformé de crossover à berline…

Prendre place

CITROËN doit se démarquer de sa cousine premium DS et, pour cela, se concentre sur ses fondamentaux : le style et le confort. Même le plus ignare des connaisseurs automobiles devrait arriver facilement à identifier les Chevrons à style et confort, voire sophistication. Oublions ce dernier point et concentrons-nous sur la dimension confortable, communication nouvelle dans la galaxie CITROËN 2018, il était temps !

Plutôt qu’un long discours, le mieux est encore de s’installer à bord de la voiture. Le précédent Cactus vantait sa banquette avant, les deux larges sièges se rejoignant quasiment quand on prenait la boîte automatique. Dans notre cas, la console centrale est revenue entre les sièges avant, même avec une boîte auto, mais les sièges gardent cette impression de largeur. La nouveauté est dans leur texture matelassée et épaisse : de vrais fauteuils ! Ceux-ci sont rembourrés avec une mousse haute densité. Et en ayant opté (oui c’est payant : 350 €) pour une des quatre ambiances intérieures qui met de la couleur dans l’habitacle, on bénéficie des sièges "Advanced Comfort" et de ladite mousse bien plus épaisse (15 mm). Le dessin matelassé renvoie à l’image d’un matelas, c’est logique et de son confort. Il faut reconnaître le bienfait immédiat de cette assise moelleuse. On s’y sent bien ; le terme fauteuil n’est pas usurpé, digne d’une CITROËN…

Rendre grâce

L’autre nouveauté inaugurée dans cette nouvelle C4 Cactus reste dans le domaine du confort, mais cette fois-ci du côté des suspensions. Plus aucune CITROËN (ni même DS) n’est équipé de la fameuse suspension hydropneumatique, un comble en quelque sorte ! CITROËN est tout de même revenue sur cette tradition en brevetant (vingt brevets) de nouvelles suspensions nommés PHC pour "Progressive Hydraulic Cushions™" ou "Butées Hydrauliques Progressives™". Le principe est d’ajouter de l’hydraulique dans des suspensions classiques ou comment retrouver le filtrage des irrégularités sans les inconvénients de complexité et de mal de mer. L’idée a été de réduire la taille des butées mécaniques en extrémité de débattement (augmenté pour l’occasion) en y adjoignant des butées hydrauliques intermédiaires.

Comment cela marche ? Quand la route est peu "cabossée", les suspensions n’atteignent pas les butées car les compressions ou les détentes restent faibles. Dans ce cas, la suspension est classiquement utilisée via le couple ressort/amortisseur. CITROËN en a profité pour assouplir celui-ci d’où l’effet de tapis volant prôné par la marque. Quand les défauts routiers exigent un plus grand débattement allant jusqu’aux butées, l’hydraulique prend le relais que ce soit en compression comme en détente. L’huile est comprimée et condamnée à s’écouler par des petits canaux, permettant d’éviter un contact brusque avec la butée mécanique mais aussi d’absorber l’énergie en chauffant, et d’éviter un rebond mécanique.

En essai, on apprécie le confort plus souple sur les bons revêtements. Cela ne saute pas aux yeux ou au dos quand le goudron est plus défoncé ou quand les innombrables "gendarmes couchés" vous prient de ralentir à l’entrée des villes ; peut-être aussi parce qu’on pourrait s’attendre à un confort 100% hydraulique comme dans une CX, Xantia ou GS. En fait, après une période de "découverte" (et en ayant rendu grâce à la CX), on découvre le confort réellement procuré, sans atténuation de la tenue de route.

Suivre la trace

Le positionnement confortable de la Cactus passe aussi par un mini bouleversement dans la gamme. La C4 disparaît du catalogue sans remplaçante. Le crossover C4 Cactus se mute en une C4 Cactus, le changement de genre s’opère en une berline. Le style suit la mutation. Le look décalé a disparu : les protections "Airbump" sont reléguées en un fin bandeau placé en bas de caisse, celle-ci ayant retrouvé sa couleur d’origine. Les boucliers reprennent les formes de ceux des C3 et les passages de roue sont désormais protégés. Les fausses écopes verticales placées à l’avant comme à l’arrière ont pour objet d’élargir la voiture. Bien entendu, la Cactus conserve et accentue ses optiques à deux étages avec cette fois-ci les grilles entourant le logo dans le prolongement des feux supérieurs (feux de jour à LED). Les feux arrière débordent largement sur le hayon avec la signature maison en double U avec effet 3D. La Cactus suit la trace des récentes C4 Picasso et surtout des C3. Les barres de toit ont disparu !

L’habitacle est identique, aux sièges et ambiances près. La sensation de lignes tendues en largeur a été conservée. La planche de bord n’a pas changé, marquée par les deux écrans posés, l’un (le plus petit) face au conducteur, et l’autre (la tablette tactile) en sommet de console centrale. La grande boîte à gants fermée est secondée par un petit bac de rangement ouvert placé en bas de planche. La modularité est inchangée et le coffre conserve malheureusement son seuil de chargement haut.

Vendre des "Pallas"

Les moteurs sont reconduits dans la nouvelle C4, avec, au plus haut des futures ventes, les deux PureTech. Il s’agit en fait d’un moteur essence à trois cylindres, fort de ses titres de "International Engine of the Year", décliné en 110 et 130 chevaux. La troisième offre en essence est réservée à l’entrée de gamme avec 82 chevaux sous le capot. Ce sont les deux puissances les plus élevées qui étaient à l’essai, avec pour le 110 chevaux, l’association avec la boîte automatique à six rapports (EAT6). L’insonorisation de la berline a été nettement améliorée rendant quasi imperceptible la sonorité aiguë du trois cylindres. La boîte auto a fait un bond dans le confort des passages évitant le même bond (physique) aux occupants à chaque changement de rapport. L’association PureTech 110 et EAT6 sied parfaitement à la voiture. Celle-ci est légère et vivace. Compter un peu moins de sept litres pour la consommation moyenne et sur la position S (sport) de la boîte ou l’utilisation en mode manuel pour donner du brio à la voiture. La seconde Cactus était motorisée par le 130 chevaux, exclusivement associé à une boîte mécanique à six rapports. Là aussi, le poids plume de la voiture lui donne encore plus d’entrain et d’attrait. Si le budget le permet, cette C4 représente un très bon compromis pour une consommation moyenne à peine plus élevée. En gros, si on utilise sa C4 plutôt en ville, le PureTech 110 avec BVA est à préférer ; si on emmène sa Cactus sur les routes et autoroutes, le PureTech 130 s’y sentira mieux à moins de choisir un Blue HDi de 100 chevaux. A noter qu’aucun moteur n’est pénalisé par un malus.

En termes de budget, le Diesel se paie environ 2.000 € de plus que l’essence équivalent, ce qui devrait peu motiver les achats des versions à gazole. Les prix sont pourtant plutôt comprimés. Ainsi le PureTech 110 commence à 18.500 € et jusqu’à 24.000 € pour notre modèle d’essai en finition haute "Shine". L’autre Cactus motorisée avec le PureTech 130 s’échange contre 23.450 € avec la même finition. A budget équivalent, il faudra choisir entre la boîte et les vingt chevaux supplémentaires. La gamme est composée de trois niveaux et deux Business, avec une climatisation dès le premier niveau "Live". Le pack visibilité (détecteur de pluie et de luminosité) est offert avec le niveau 2 "Feel". Le haut de gamme emporte le démarrage sans clé et plein d’autres aides comme la caméra de recul ou le pack "Drive Assist" (freinage d’urgence, alertes anti fatigue, anti franchissement de ligne et risque collision, et reconnaissance des panneaux).

CITROËN revient vers ses fondamentaux que sont le style et le confort. Le style est reconnaissable sans pour autant être décalé. Dans ce domaine, le piquant crossover C4 Cactus s’est transformé en une berline au look plus assagi mais dans la pure lignée des récents modèles chevronnés. Le confort est le vrai bénéfice de la voiture avec des fauteuils super confortables et une suspension adoptant une pointe d’hydraulique pour les grands débattements. Les moteurs et les prix sont séduisants, la C4 Cactus est parée pour une nouvelle carrière, dans un fauteuil…

Philippe NIOLLET

2018-02-14