SUZUKI Swift Sport Boosterjet 1.4

ESPACE CITADINE
  • Moteur performant et sobre
  • Tenue de route
  • Freinage
  • Equipement complet
  • Boîte de vitesses imprécise
  • Moteur aseptisé
  • Coffre et réservoir trop petits
  • GPS un peu lent

Prix : 20 700 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Turbo injection directe essence
Cylindrée 1373 cm³
Puissance maxi 140 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 23.00 mkg à 2500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 3.89 m
Largeur 1.74 m
Hauteur 1.50 m

Poids

Total 970 kg

Capacités

Coffre de 265 à 947 dm³
Réservoir 37 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 210 km/h
0 à 100 km/h 8.10 s

Environnement

Emission CO2 126 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.80
Urbaine 6.80
Mixte 5.60
Essai 7.50

UNE CITADINE TRES DYNAMIQUE

Présentée au mois de mars 2017 la SUZUKI Swift troisième génération reçoit, un an plus tard, la version Sport qui devrait "booster" les ventes de cette citadine déjà diffusée à 5.178 exemplaires au premier semestre 2018. Lors d'une prise en mains sur les routes sinueuses du Beaujolais, nous avons apprécié les qualités routières et l'agrément de conduite de cette citadine délurée.  

Le "look"

Bien évidemment il fallait distinguer la Sport du reste de la gamme Swift. A l'avant, la calandre en nid d'abeilles et le bouclier ont été modifiés, avec des traits plus tendus, et un léger "spoiler" souligne cette nouvelle face. A l'arrière, le bas du bouclier reçoit un diffuseur aérodynamique noir incorporant deux sorties d'échappement. Les bas de caisse reçoivent des jupes latérales et les jantes en alliage spécifiques sont à fines branches. Une couleur spéciale jaune "Champion Yellow" permet de la distinguer et la rend très visible parmi la masse des véhicules "toutes nuances de gris", tout comme le rouge "Burning Red" ou le bleu "Speedy Blue". Pour plus de discrétion, on peut choisir sa Swift en blanc, gris ou noir. A propos de peinture, on apprécie que SUZUKI ne demande pas de supplément, que la teinte soit métallisée, nacrée ou spécifique, contrairement à l'immense majorité des autres constructeurs, y compris dans le haut de gamme.

 

L'habitacle

A l'intérieur, la sportivité s'affiche discrètement. On remarque les sièges-baquets, surpiqués de rouge, permettant de bien se caler, un volant sport à méplat avec des inserts noirs façon piano en partie basse, plutôt agréables à l'œil mais moins au toucher (chauds l'été, probablement froids l'hiver) et des incrustations rouges, façon carbone, sur le tableau de bord, les portières et la console centrale. Les autres éléments sont en plastique de qualité standard mais les assemblages satisfaisants rendent l'ensemble agréable. Rouge également est le fond du compte-tours. Au centre de la console centrale se trouve, placé un peu bas, l'écran tactile du système multimédia avec connexion Apple CarPlay, Android Auto et MirrorLink, navigation GPS (un peu lente) et audio. Compte-tenu de la taille de la Swift, 3,89 mètres, une des plus courtes du segment B des citadines, l'habitabilité pour quatre personnes est satisfaisante, par contre, le coffre avec seulement 265 litres est un des plus petits de la catégorie.

 

Le prix

Affichée 20.700 € tout compris, SUZUKI adopte une politique sans options, la Swift Sport a peu de concurrentes. Il n'y a guère que la FORD Fiesta 1.0 EcoBoost 140 ST-Line qui soit comparable en prix et en puissance. Les autres, RENAULT Clio R.S., PEUGEOT 208 GTi, FORD Fiesta ST, VW Polo GTI, sont plus puissantes (200 chevaux), mais aussi plus lourdes et plus chères (plus ou moins 25.000 €). 

 

Les équipements

La Swift Sport est généreusement équipée de série, notamment au niveau sécurité avec freinage actif  d'urgence, gestion des feux de route, aide au maintien sur la voie, alerte de vigilance conducteur, régulateur de vitesse adaptatif, aide au démarrage en côte, caméra de recul. Il manque quand même le détecteur d'angle mort, les radars de proximité avant et arrière et les essuie-glaces automatiques. Au niveau confort, la climatisation est à régulation automatique, les sièges avant sont chauffants, le démarrage et l'ouverture des ouvrants se font sans clé mais, curieusement, pas la fermeture nécessitant la télécommande.

 

La technique

Pour cette troisième génération de Swift Sport, SUZUKI change de type de motorisation. Le 1.600 cm3 atmosphérique précédent, délivrant sa puissance à haut régime, cède sa place à un plus petit 1.400 cm3, déjà vu sur le Vitara, qui compense sa plus faible cylindrée par l'ajout d'un turbo. La puissance évolue peu, 140 chevaux contre 136 précédemment, mais elle est obtenue plus bas en régime, 5.500 tr/mn contre 6.900 tr/mn. Le couple, plus que la puissance, bénéficie de l'apport du turbo puisque de 160 Nm à 4.400 tr/mn, il atteint désormais 230 Nm dès 2.500 tr/mn. Un autre atout non négligeable du nouveau moteur est la réduction de la consommation d'essence, donc des émissions de CO2, passant de 147 g/km à 126 g/km, limitant de ce fait le malus écologique 2018 à 140 € au lieu de 1.873 € (!) pour la Swift Sport II.

L'autre axe d'amélioration concerne l'allègement. Grâce à la nouvelle plateforme "HEARTECT" plus légère et rigide que la précédente et à l'optimisation de la masse des sièges et d'autres composants, le poids de la Swift Sport III n'atteint pas la tonne (970 kg), ce qui se traduit par un rapport poids/puissance de 6,93 kg/ch.

Enfin suspension (rigidité des articulations renforcée, tarage des amortisseurs MONROE accru, biellettes de barre stabilisatrice avant majorées, essieu de torsion arrière ajusté), freinage, (disques avant ventilés de seize pouces, disques arrière de quinze pouces) et roues (jantes de dix-sept pouces avec pneus 195/45 R 17) ont été adaptés aux performances accrues de la Sport.  

 

La conduite

Le changement de type de motorisation a un net impact sur les sensations de conduite de la Swift Sport. S'il fallait monter haut dans les tours pour tirer toute la quintessence du moteur de la Swift Sport II, la nouvelle génération se conduit plus en souplesse grâce au couple disponible très tôt en régime. C'est très agréable en ville ou en conduite relax. En haussant le rythme on note que les envolées vers les 7.000 tr/mn sont de l'histoire ancienne, le nouveau moteur a déjà tout donné dès 5.500 tr/mn et n'atteint même pas la zone rouge du compte-tours, à 6.200 tr/mn, l'allumage étant coupé à 6.000 tr/mn. Cette coupure est parfois un peu frustrante, mais la souplesse à bas régime facilite la conduite sur routes accidentées en limitant le nombre de changements de vitesses. Comme le maniement de la boîte de vitesses manque de précision et que les synchros accrochent si on les brusque, on ne se plaint pas d'avoir moins besoin de l'utiliser. Par contre l'ensemble châssis, suspensions, freins, optimisé donne toute satisfaction. La Swift Sport est agile en virages serrés, stable en courbe rapide et le freinage s'avère puissant et endurant. Malgré la suspension raffermie, le confort de la Sport reste acceptable sauf à basse vitesse ou les déformations de la route sont assez sèchement ressenties. Face aux 200 chevaux et plus des ténors de la catégorie, les 140 chevaux de la Swift Sport peuvent paraître "justes", mais sa légèreté comble une partie de ce handicap et les valeurs de performances affichées sont très honorables (8,1 secondes pour atteindre 100 km/h et 210 km/h en pointe) d'autant plus que la consommation reste raisonnable avec 7,5 l/100 km (ordinateur de bord) réalisés sur des routes sinueuses et accidentées et avec une conduite pas vraiment typée économique. Même avec cette consommation mesurée, les 37 litres du réservoir imposent de fréquents passages en station-service…        

Les nouveaux choix techniques de SUZUKI destinent plutôt la Swift Sport 2018 à une utilisation "GT" que réellement sportive. Dans ce cadre, on apprécie sa vivacité, sa maniabilité, ses performances, sa sécurité, sa ligne, son équipement généreux sans avoir recours aux options, sa sobriété. On regrette quand même la boîte de vitesses rétive, la linéarité des montées en régime et la perte de la "rage" dans les tours qu'avait le précédent moteur, ainsi que le petit coffre et le réservoir limitant l'autonomie.

Daniel DECHENE

2018-07-10