MITSUBISHI Outlander PHEV 2019

ESPACE SUV
  • Autonomie électrique
  • Confort
  • Prix/ Equipements d’entrée de gamme
  • Voiture lourde
  • Pas de GPS

Prix : de 36 490 € à 48 990 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type Essence 4 cylindres 135 ch + Electriques AV 82 ch et AR 95 ch Intégrale – BVA CVT
Cylindrée 2360 cm³
Puissance maxi 230 ch à 0 tr/min
Couple maxi 21.52 mkg à 0.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.70 m
Largeur 1.80 m
Hauteur 1.71 m

Poids

Total 1880 kg

Capacités

Coffre de 463 à 886 dm³
Réservoir 45 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 170 km/h
0 à 100 km/h 10.50 s

Environnement

Emission CO2 40 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.60
Urbaine 0.00
Mixte 1.80
Essai 0.00

PERPETTE

C’est ce qu’on aimerait prendre quand il s’agit de l’autonomie d’une voiture électrique. Un peu plus facilitée depuis quelques temps, la quête d’une borne de recharge peut tout de même vous hanter. Alors, plutôt que le 100 % électrique, les hybrides sont une solution au problème et si en plus l’hybride est rechargeable, on a probablement le meilleur compromis en termes d’autonomie. MITSUBISHI a creusé ce sillon depuis vingt-trois ans, et a en quelque sorte scié les barreaux pour rendre ce mode d’énergie attractif. Il y a quatre ans, je découvrais le premier Outlander PHEV "Plug in" (rechargeable en français). Et depuis ce jour, MITSUBISHI a sans cesse amélioré son rejeton pour présenter aujourd’hui le "Model Year 2019" encore plus autonome…

Evasion

La nouveauté du MY19 est essentiellement technologique, concentrée sur les moteurs et l’autonomie. Rappelons que l’Outlander est un hybride essence – électrique rechargeable et 4x4 en prime. Le but de ce type de véhicule est de rouler le plus possible en mode électrique, mode évidemment réservé aux courtes distances de la semaine afin de ne solliciter le moteur essence qu’en cas de besoin et pour les grands parcours. MITSUBISHI annonce une autonomie électrique augmentée à cinquante-quatre kilomètres (en cycle NEDC corrélé), soit une dizaine de plus que le premier opus. La norme est en train de changer pour rendre l’homologation plus réaliste d’un parcours courant ; on utilisera désormais la norme WLTP qui réduit de neuf kilomètres l’autonomie de notre PHEV 2019.

Alors mettons nous en situation… Evadons nous en PHEV mais en n’utilisant que le mode électrique, le but étant d’aller le plus loin possible sans utiliser une goutte d’essence. Les ralentissements (nombreux) des villes et de villages aident à garder une vitesse moyenne assez faible, et sans forcer sur l’accélérateur, les batteries se vident gentiment. L’ordinateur central donne la jauge de charge à côté de celle du carburant, et indique l’autonomie électrique en kilomètres restants. Le premier essai nous a permis d’atteindre 45 kilomètres sans trop avoir eu besoin d’essence, soit une moyenne d’environ 2 l/100 km, parfait ! Le second parcours (une quarantaine de kilomètres), plus agrémenté de voies rapides, nous a également donné satisfaction (98% du parcours en électrique et une consommation tout aussi agréablement basse). Précisons que tous ces itinéraires ont été réalisés à plat : sans colline, ni montagne, à deux et à vide. La vitesse maxi en électrique a été augmentée à 135 km/h contre 125 auparavant. Dès qu’on a le pied un peu plus lourd et qu’on se laisse aller à rouler plus vite, sur une autoroute allemande par exemple, la consommation de sans plomb peut vite s’envoler et le beau rendement s’effondrer. Après notre premier "Eco challenge" de quarante-cinq kilomètres, la poursuite du parcours a entamé le stock d’essence pour conclure après une distance équivalente à un score de 71% du trajet en électrique et une consommation moyenne de 4,7 l/100 km.

Cellules

L’Outlander est donc un objet à manier avec douceur si on veut profiter de l’investissement PHEV, en se faisant l’avocat de la conduite écologique. Il est évident que la voiture est lourde, et que si son pied l’est aussi, la batterie va vite se vider et les cellules matérialisant sa charge sur l’écran central s’éteindre à grande vitesse. Il y a tout de même un moyen de prolonger sa peine : l’utilisation du frein moteur pour maintenir un peu de charge. MITSUBISHI a gardé les palettes au volant dont la mission est d’appliquer plus ou moins de frein moteur (position B), l’une d’elles permet de "monter" la force, de B0 à B5, et l’autre de les libérer. Facile d’utilisation, on se prend au jeu d’essayer de rallumer une cellule. J’ai échoué ! En attendant, les grandes gagnantes de l’opération sont les plaquettes de frein qui font souvent de la figuration. Et si par hasard, vous arrivez à n’utiliser que le mode électrique, sachez que le moteur redémarrera automatiquement le quatre-vingt dixième jour pour protéger le système d’injection.

Pour en arriver là, MITSUBISHI a modifié pas mal d’éléments. Le moteur essence, pour commencer, a gagné en cylindrée en passant de deux litres à 2,4 litres, et du coup, la puissance et le couple grimpent respectivement à 135 chevaux et 211 Nm (120 chevaux et 190 Nm pour le MY2018). L’autre nouveauté moteur est d’être passée en cycle Atkinson qui fonctionne en mélange pauvre, et qui rejoint l’architecture déjà pratiquée par d’autres constructeurs, eux aussi férus en hybride. La capacité de la batterie a été également augmentée (+ 10%) et la puissance du moteur électrique arrière a gagné treize chevaux. L’Outlander est un vrai 4x4 ; il dispose d’un moteur électrique à l’avant. Avec ses trois moteurs, le MISTUBISHI peut fonctionner automatiquement bien sûr, selon trois modes. Le premier, évident, est le mode 100% électrique où seuls les deux moteurs (électriques) sont sollicités, alimentés par la batterie. Le deuxième mode "Mode hybride série" active les trois moteurs en série : l’Outlander roule toujours en électrique mais le moteur thermique est activé pour recharger les batteries via l’alternateur. C’est un mode ponctuellement prévu en cas d’accélération quand le niveau de batterie est trop bas. Le troisième mode "Mode hybride Parallèle" est une association de bienfaiteurs qui agissent en parallèle, le thermique s’occupe du train avant avec l’assistance de l’électrique avant et l’électrique arrière se préoccupe des roues arrière. Et si les conditions le permettent, le thermique recharge les batteries. Cela nous donne une puissance de 230 chevaux et un fonctionnement en 4x4, la spécificité de l’Outlander. MITSUBISHI s’est même senti obligé d’ajouter un mode Sport dans la gestion de la transmission, à mon avis incongru avec l’esprit de la voiture. Il s’agit plus d’un artifice électronique qui donne une sensation de réponse plus rapide à l’accélération.

Casier

Le casier technologique est déjà bien chargé ! Les ingénieurs se sont également penchés sur la transmission et pas seulement sur le mode Sport. Le système S-AWC (Super All Wheel Control) qui répartit la puissance entre les roues avant et arrière et au sein d’un même train, a été amélioré tout comme les suspensions et la rigidité de la caisse. La voiture dispose des modes de conduite associés aux conditions de route (Eco, normal, neige et lock). Un simple basculeur est placé sur la console centrale pour sélectionner le mode adéquat. En ce qui concerne la charge, le MITUSBISHI est compatible de tous les branchements et se recharge (à 80%) sur borne rapide en vingt-cinq minutes et quatre heures en charge normale sur prise 16 A. Il est également possible d’activer un mode "Save" qui force le moteur thermique à recharger les batteries, à n’utiliser qu’en cas d’extrême besoin car sans aucun intérêt.

On l’a vu, l’Outlander est un véhicule de bonne taille qu’il faut plutôt manier avec douceur. Et dans ce cas, il vous le rendra bien grâce à son silence de fonctionnement (même en thermique) et son confort général. La boîte est évidemment automatique (de type CVT), discrète tout comme le passage d’un mode à l’autre. En choisissant la finition haute, on peut bénéficier de deux prises de 1.500 W : l’une pour les passagers arrière (consoles ou tous moyens de distraction des enfants), et l’autre dans le coffre permettant par exemple de brancher notre cafetière pour une pause-café bienvenue.

Peine

Le millésime 2019 ne se distingue que par quelques détails de carrosserie. On repère le becquet de toit au-dessus du hayon à l’arrière, des boucliers redessinés, des jantes nouvelles. La face a évolué tout aussi discrètement : la calandre est légèrement remaniée et les LED de jour sont nouvelles (si la finition l’autorise). L’intérieur a été plus remanié que l’extérieur touchant plus à l’ergonomie des commandes et à la lisibilité des compteurs. Les sièges avant sont nouveaux avec la possibilité selon la finition, de les avoir recouverts d’un nouveau cuir noir matelassé.

Lors de la sortie du premier PHEV, le jugement avait été sévère sur le positionnement du prix, la finition haut de gamme toute équipée était finalement le seul choix possible. Depuis, MITSUBISHI a rectifié le tir et poursuit cette bonne initiative en proposant quatre niveaux de finition dont un réservé aux professionnels. Ce positionnement permet d’afficher le premier Outlander (finition Invite) à 36.490 € avec, dans sa dotation de série, une caméra de recul, le démarrage sans clé ou un régulateur. Et ensuite on accède aux deux autres niveaux par tranche de 6.000 ou 6.500 €. Le haut de gamme Instyle essayé se place à 48.990 €. Il ne lui manque rien et on peut citer le toit ouvrant, le hayon électrique, la caméra 360° et un système audio à neuf haut-parleurs. Bizarrement, MITSUBISHI a misé sur la connexion à votre propre smartphone pour dispenser son Outlander de GPS, même en option, même sur le haut de gamme. Finalement, il ne reste qu’à ajouter la condamnable option peinture métallisée (650 €) à la note.

Le MITSUBISHI Outlander poursuit sa carrière en Europe où il affiche des beaux chiffres de vente. Et pour rester dans la course, le système PHEV a sans cesse été amélioré. Ce travail se voit directement dans l’augmentation de l’autonomie électrique et dans la puissance. Le confort n’est pas en reste ; toutes les conditions sont réunies pour une conduite zen propice à une consommation basse. Il se pourrait d’ailleurs de voir le PHEV MITSUBISHI dans d’autres modèles de l’Alliance RENAULT-NISSAN que le constructeur japonais a rejoint récemment.

Ph. NIOLLET

2018-09-12