SUZUKI Jimny Gamme 2019

ESPACE 4x4
  • Performances tout terrain
  • Style
  • Praticité
  • Pénalité du malus
  • Coffre

Prix : de 17 250 € à 21 175 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes – essence injection multipoints - Intégrale à prise temporaire - BVM5
Cylindrée 1462 cm³
Puissance maxi 102 ch à 6000 tr/min
Couple maxi 13.30 mkg à 4000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 3.65 m
Largeur 1.65 m
Hauteur 1.72 m

Poids

Total 1090 kg

Capacités

Coffre de 85 à 830 dm³
Réservoir 40 L
Nb de places 4

Performances

Vitesse maxi 145 km/h
0 à 100 km/h 0.00 s

Environnement

Emission CO2 154 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.20
Urbaine 7.70
Mixte 6.80
Essai 0.00

LA VOITURE QUI A DU CHIEN

Qu’est qu’une K-Car au Japon ? C’est une mini voiture (3,40 mètres) qui permet quelques aménagements économiques… Plus fort, si la K-Car est un 4x4, on sort carrément des sentiers battus, ce qui tombe bien pour un 4x4 ! En plein dans la cible, SUZUKI a remplacé son Jimny par un nouveau Jimny tout aussi craquant. On l’avait découvert en statique au dernier Mondial de Paris. Place à la dynamique, on a essayé le petit dernier en montagne, son terrain évident de prédilection…

Odyssée

Le Jimny, première génération, a eu une superbe carrière de vingt ans. Une telle longévité est quasiment kamikaze pour une voiture normale, sauf que le petit SUZUKI n’entre pas dans cette banale catégorie. Et si on compte ses deux prédécesseurs : LJ10 et Samouraï (ce dernier importé en France par l’Espagnol SANTANA), on remonte la lignée jusqu’en 1970. Notre SUZUKI est digne d’un RANGE ROVER apparu la même année. Le Jimny 2, quatrième génération (vous suivez ?), peut-être parti pour une carrière de vingt ans, reprend le style de son prédécesseur, sorte de "young néo rétro" très réussi.

SUZUKI a osé des couleurs vives, et c’est très réussi tant elles lui vont bien. Le museau est très semblable à celui du Jimny 1, avec les phares ronds et la calandre "façon JEEP". Mais cette fois-ci, elle est noire mat. La ligne, très carrée avec un parebrise aussi plat que vertical et un arrière tout aussi vertical, est reconnaissable entre mille. Les gros passages de roue et les boucliers ne font pas de la figuration : on est bien en présence d’un 4x4. La garde au sol est impressionnante (vingt et un centimètres) tout comme la taille des pneus (quinze pouces) ramenée au gabarit de la voiture. Les capacités de franchissement vont en faire rêver quelques-uns : 37° en attaque, 28° en ventral et 49° en fuite.

Insensé

Le Jimny est un vrai tout-terrain. C’est fou le nombre de la première génération qu’on a pu croiser pendant notre parcours en Haute-Savoie. Ses capacités sont obtenues par une (vraie) boîte de transfert. On a ainsi le choix entre une simple propulsion ou une intégrale en veillant à changer la sélection en deçà de 100 km/h. Pour les situations plus difficiles, la boîte courte permet de transférer plus de couple aux roues. En complément, grâce à la technologie, l’antipatinage gère la répartition de la motricité sur les roues qui ne patinent pas, avec l’aide du différentiel à glissement limité.

Le 1,3 litre de la génération précédente a laissé place à plus gros que lui en cylindrée mais pas en taille. Le nouveau 1,5 litre est plus compact, alimenté en essence bien sûr. Ce quatre cylindres affiche 102 chevaux, et surtout un couple de 130 Nm. La boîte ne se contente d’ailleurs que de cinq rapports, un sixième n’aurait pas eu de sens. SUZUKI propose néanmoins une boîte automatique (quatre rapports). C’est insensé : on est un peu aux antipodes de la tendance à réduire les cylindrées. SUZUKI a privilégié l’efficacité au détriment de la consommation et des émissions associées. On ne peut pas tout avoir, d’ailleurs, lors de l’essai, on a volontairement "oublié" de consulter l’ordinateur de bord pour connaître notre consommation moyenne…

Carrossier

En comptant la roue de secours (eh oui, il y en a une vraie) sur la porte arrière, la voiture mesure 3,64 mètres, et 3,48 mètres sans elle. Le Jimny est même légèrement plus court que la génération précédente. La largeur utile (sans les passages de roue) est assez réduite, ce qui fait qu’à l’intérieur, les deux occupants avant sont assez proches. Le Jimny pour le rapprochement des corps ? Il n’empêche qu’il est donné pour quatre places, mais dans cette configuration, il vaut mieux oublier le coffre (85 litres). La finition haute de notre modèle d’essai propose la banquette arrière en deux parties qui redonne de la place en repliant un ou les deux dossiers. Et dans ce cas, le plancher est parfaitement plat. Reconnaissons que la voiture intéresse beaucoup les professionnels. Pour environ 500 €, un carrossier homologué peut transformer la voiture en véhicule utilitaire (donc deux places). Les sièges arrière vous sont remis séparément. L’opération est réversible. La porte arrière (on ne parle pas trop de hayon) ouvre en grand, grâce au déplacement des feux dans le pare-chocs, sur un coffre allant de 377 à 830 litres.

"Malussée"

Seul point commun aux SUV chéris, on est assis haut. Pour le reste, l’habitacle est rustique à l’image de la vocation de la voiture avec des commandes très accessibles. La planche de bord a été dessinée très pratiquement : deux beaux compteurs carrés et la possibilité d’un écran central (sept pouces) selon la finition. L’habitacle a été visiblement pensé pour sa praticité d’utilisation. C’est clair, le Jimny n’est pas une routière, la rigidité des suspensions n’a pas été tarée pour cela et sa vitesse maxi est assez faible.

Pas luxueux le Jimny ? Trop rustique ? Faux, SUZUKI a tout de même doté son rejeton de trois finitions, avec une dotation qui pourrait presque paraître surprenante. La voiture peut en effet être équipée du freinage automatique d’urgence ou de l’alerte de franchissement de ligne, et même d'un système de reconnaissance des panneaux. Les tarifs du Jimny débutent autour de 17.000 €, ce qui n’est pas rien, mais si on ramène le prix aux prestations tout terrain du petit SUZUKI, il est tout à fait compréhensible que le constructeur prévoit 2.500 ventes pour 2019. Il lui reste encore un handicap, le malus qui grève le prix (un peu plus de 2.000 € en boîte mécanique, oublions tout de suite la boîte automatique qui double celui-ci).

SUZUKI a osé remplacer son modèle emblématique, véritable phénomène du tout terrain dans une mini voiture capable de passer partout. Tous les ingrédients ont été conservés : ligne trapue, gros passages de roue, vraie roue de secours sur la porte arrière. Seule concession à la tendance actuelle, le moteur n’est pas Diesel, mais entorse à la tendance actuelle, la cylindrée a augmenté. Malheureusement, l’efficacité a un prix et une punition "malussée". Mais la gaité donnée par la palette de couleurs donne envie : on devrait voir toutes ces puces colorées crapahuter dans les zones en pente…

Philippe NIOLLET

2019-01-13