RENAULT Mégane II berline 2.0 16V

ESPACE BERLINE
  • Design atypique
  • Confort de conduite
  • Sécurité active et passive
  • Gestion électronique d'accélérateur perfectible
  • Direction dure et désagréable en son point milieu
  • Consommations

Prix : de 19 500 € à 21 650 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres - 16 soupapes - Injection essence, décaleur d'arbre à came
Cylindrée 1998 cm³
Puissance maxi 136 ch à 5500 tr/min
Couple maxi 191.00 mkg à 3750.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.20 m
Largeur 1.77 m
Hauteur 1.45 m

Poids

Total 1250 kg

Capacités

Coffre de 0 à 420 dm³
Réservoir 60 L
Nb de places 0

Performances

Vitesse maxi 200 km/h
0 à 100 km/h 9.20 s

Environnement

Emission CO2 0 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 6.40
Urbaine 10.90
Mixte 8.00
Essai 8.50

C'est comme dans la pub !

Tranchant radicalement avec le reste de la production automobile, RENAULT insuffle un vent de modernité à l'ensemble de sa production en matière de design. Malheureusement, l'Avantime, pourtant plébiscité, en a fait les frais en termes de vente et fait déjà partie de l'histoire ancienne. En la matière, la Mégane II aurait pu faire partie de l'eau du bain puisque son dessin est approchant, mais celle-ci se vend très bien. Alors quoi ? Il faut croire que RENAULT ne peut (toujours pas) s'engager dans la voie du très haut de gamme : c'est la chasse gardée d'autres marques et c'est aussi dû à la mentalité conservatrice de la clientèle. Son terrain d'excellence reste donc les entrées et moyennes gammes. Et la Mégane II ne me fera pas mentir car on a affaire ici à une voiture très homogène et aboutie.

Dessinée comme une œuvre d'art

A l'instar de l'Avantime, la Mégane II pourrait bien un jour rejoindre un musée (New-York ou Guggenheim ?) pour son esthétique hors du commun. Comme tout ce qui sort de l'ordinaire, il en est pour qui cette voiture est proprement laide et pour d'autres, comme moi, celle que l'on attendait : car il y en avait marre de ces timides retouches, de ces lignes bio a n'en plus finir, de ces ultimes retours aux sources, de cette absence de véritable création de peur de choquer le client. RENAULT a encore pris des risques et réinvente la voiture, comme avec l'Espace et la Twingo en leur temps. Ici, plus qu'un concept, c'est une image que l'on achète : on prône la différence, on se place dans la peau de ceux qui "savent" et qui savourent le plaisir de rouler "différents" ! A l'intérieur, moins de nouveauté, si ce n'est dans le frein à main typé aviation (!) ou avec les ambiances crées (4 au total) combinées aux 3 versions (niveaux d'équipements) pour coller à chacun des acheteurs, et ceci sans compter les options. Autant dire que chaque Mégane II sera unique… Cette multitude ne cache en rien des lacunes d'équipements pour l'entrée de gamme, bien au contraire. D'abord, il faut parler de cette fabuleuse carte RENAULT "main libre" qui libère le conducteur de la sempiternelle clé… Ici, il suffit de l'avoir sur soi pour que le déverrouillage soit opérant lorsque l'on passe la main dans les poignées de porte et pour démarrer, rien de plus que le bouton de démarrage plus un pied sur l'embrayage ou le frein. Cela devient tellement simple qu'il m'est arrivé de sortir de la voiture sans tirer le frein à main ni couper le moteur, pensant que "ça" allait le faire… On trouve encore l'allumage automatique des phares et des essuie-glaces, la radio CD avec commande au volant, les lève-vitres à impulsions sur les 4 portes… Je passe sur les nombreux rangements dans les planchers ou accoudoirs, les lumières individuelles pour signifier une bonne habitabilité et un volume de coffre raisonnable. La Mégane II se voit équipée, entres autres, d'un moderne 2 litres 16 soupapes de 136 ch, vaillant mais peu démonstratif. En effet, malgré l'excellente boîte 6 qui lui permet des reprises efficaces, il est limité par un régime moteur maximal de 6.000 tr/mn (sans zone rouge !). D'autre part, l'accélérateur "électrique" génère un temps de retard au lever de pied, et donc des secousses au changement de vitesse, d'autant plus fréquent que la boîte 6 raccourcit les rapports. Mais, il est difficile de revenir au bon vieux câble puisque cet accessoire est nécessaire aux systèmes ESP et ASR. On rêve alors de la boîte de vitesses automatique Proactive à 4 rapports (et commande impulsionnelle + 1.100€ en option), ce qui permettrait alors de profiter pleinement de l'ergonomie, des accoudoirs et de la position de conduite idéale. Mais il est regrettable que le besoin en essence soit si élevé, tout en ayant une conduite en bon père de famille (si, si, ça m'arrive !). Autre désagrément, la direction électrique variable manque de précision autour de son point milieu et est surtout bien trop dure à faible allure. Dans une publicité, la Mégane évolue sur la Lune et l'accent est mis sur sa capacité à coller à la route. Et évidemment, si l'on redescend sur Terre, la Mégane est vraiment "scotchée" au bitume : rien ne peut la faire dévier de là où vous voulez aller. Et même si ce n'est pas une sportive, vous n'êtes pas au volant d'une piégeuse : les dérives (mais il faut le faire exprès !) se font toujours de façon progressive, des 4 roues et le tout procure un sentiment de sécurité à toute épreuve. Les grandes roues y sont sûrement pour beaucoup, mais l'amortissement a été particulièrement bien soigné, tant dans la filtration des petites et grosses imperfections de la route que dans la capacité à maintenir la cohérence de la voiture. La qualité des suspensions et celle du freinage, au-dessus de tout soupçon, finissent de rassurer le conducteur et incitent à la balade, rien que "pour faire" de la Mégane, comme on peut FAIRE de la moto !

A l'ère de l'automatisme

D'abord, il faut parler de cette fabuleuse carte RENAULT "main libre" qui libère le conducteur de la sempiternelle clé… Ici, il suffit de l'avoir sur soi pour que le déverrouillage soit opérant lorsque l'on passe la main dans les poignées de porte et pour démarrer, rien de plus que le bouton de démarrage plus un pied sur l'embrayage ou le frein. Cela devient tellement simple qu'il m'est arrivé de sortir de la voiture sans tirer le frein à main ni couper le moteur, pensant que "ça" allait le faire… On trouve encore l'allumage automatique des phares et des essuie-glaces, la radio CD avec commande au volant, les lève-vitres à impulsions sur les 4 portes… Je passe sur les nombreux rangements dans les planchers ou accoudoirs, les lumières individuelles pour signifier une bonne habitabilité et un volume de coffre raisonnable.

Gros moteur… et petite déception !

La Mégane II se voit équipée, entres autres, d'un moderne 2 litres 16 soupapes de 136 ch, vaillant mais peu démonstratif. En effet, malgré l'excellente boîte 6 qui lui permet des reprises efficaces, il est limité par un régime moteur maximal de 6.000 tr/mn (sans zone rouge !). D'autre part, l'accélérateur "électrique" génère un temps de retard au lever de pied, et donc des secousses au changement de vitesse, d'autant plus fréquent que la boîte 6 raccourcit les rapports. Mais, il est difficile de revenir au bon vieux câble puisque cet accessoire est nécessaire aux systèmes ESP et ASR. On rêve alors de la boîte de vitesses automatique Proactive à 4 rapports (et commande impulsionnelle + 1.100€ en option), ce qui permettrait alors de profiter pleinement de l'ergonomie, des accoudoirs et de la position de conduite idéale. Mais il est regrettable que le besoin en essence soit si élevé, tout en ayant une conduite en bon père de famille (si, si, ça m'arrive !). Autre désagrément, la direction électrique variable manque de précision autour de son point milieu et est surtout bien trop dure à faible allure.

Ce que "coller à la route" veut dire

Dans une publicité, la Mégane évolue sur la Lune et l'accent est mis sur sa capacité à coller à la route. Et évidemment, si l'on redescend sur Terre, la Mégane est vraiment "scotchée" au bitume : rien ne peut la faire dévier de là où vous voulez aller. Et même si ce n'est pas une sportive, vous n'êtes pas au volant d'une piégeuse : les dérives (mais il faut le faire exprès !) se font toujours de façon progressive, des 4 roues et le tout procure un sentiment de sécurité à toute épreuve. Les grandes roues y sont sûrement pour beaucoup, mais l'amortissement a été particulièrement bien soigné, tant dans la filtration des petites et grosses imperfections de la route que dans la capacité à maintenir la cohérence de la voiture. La qualité des suspensions et celle du freinage, au-dessus de tout soupçon, finissent de rassurer le conducteur et incitent à la balade, rien que "pour faire" de la Mégane, comme on peut FAIRE de la moto !

Donc, la Mégane II est plus que bien née à tous points de vue : le niveau d'équipement y est riche quelle que soit la finition, l'ambiance est à la carte, les qualités dynamiques sont au-dessus du lot, la sécurité active et passive est digne des catégories supérieures et surtout la ligne est à couper le souffle. La grosse motorisation, si elle procure une vivacité certaine, reste trop gourmande même en respectant les limitations de vitesse ; elle sera sûrement plus à son aise avec la future boîte automatique. Avec sa ligne si particulière, qui est certainement le seul élément qui ne peut rallier la majorité, la Mégane II offre la synthèse de ce qui peut se faire de mieux pour contenter le nomade de ce début de siècle.

Stéphane BERGER

2003-06-01