RENAULT Laguna Estate GT 4control 2.0 dCi 150

ESPACE BREAK
  • Comportement routier vif et rassurant
  • Confort de roulement
  • Ligne et intérieur agréable, surtout en GT 4Control
  • Escamotage banquette AR aisée et dégageant un plancher plat
  • Volume de coffre insuffisant par rapport à la berline
  • Ergonomie discutable
  • Moteur manquant d'allonge
  • Nuancier de carrosserie limité en couleurs

Prix : 31 800 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne Diesel - injection direct common rail 1.600 bars
Cylindrée 1995 cm³
Puissance maxi 150 ch à 4000 tr/min
Couple maxi 35.00 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.80 m
Largeur 1.81 m
Hauteur 1.45 m

Poids

Total 1509 kg

Capacités

Coffre de 508 à 1593 dm³
Réservoir 66 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 210 km/h
0 à 100 km/h 9.70 s

Environnement

Emission CO2 136 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.40
Urbaine 6.60
Mixte 5.20
Essai 0.00

ACCROCHEE A LA ROUTE

RENAULT a délaissé la dénomination Nevada au profit d'Estate pour baptiser son break issue de la berline Laguna. Le terme Estate vient lui aussi des Etats-Unis mais est plus causant pour les anglophones puisqu'il est synonyme de véhicule à forte capacité de chargement derrière les passagers, comme pouvaient l'être les "station wagons" des 50's. En exclusivité sur la Laguna, RENAULT innove en proposant la technologie 4Control, laquelle consiste à avoir quatre roues directrices sensées augmenter la maniabilité à basse vitesse et la stabilité à plus haute vitesse. Voyons si cette technologie apporte un réel plus.


Du charme mais peu d'audace

Bien plus dynamique que ne l'étaient ses devancières, la silhouette de la Laguna est incontestablement de son temps et ne dépare pas dans la production actuelle. C'est à la fois un plus car elle ne risque pas d'être trop décalée et souffrir d'une esthétique trop radicale qui pourrait rebuter une grande partie de la clientèle, mais c'est aussi un handicap car il est alors impossible de se démarquer de l'offre pléthorique disponible sur le marché. Ainsi, il sera difficile de "craquer" pour la Laguna mais cela devrait lui assurer une carrière nettement plus longue. L'atout de l'Estate est de proposer, outre un avant identique à la berline, un arrière capable d'offrir un volume intérieur conséquent sans conférer à un utilitaire. En effet, à l'arrière, la ligne de toit s'incurve vers le sol alors que la ligne de caisse remonte vers le ciel, les deux se rejoignant à la base de la lunette arrière à peine moins inclinée que sur la berline. Son meilleur angle de vue serait de trois quart avant, car il propose à la rétine un arrière fuyant évoquant quelques beaux breaks de chasse… La finition GT apporte un petit plus côté look avec de très belles jantes 18' d'un beau noir, comme sur les sportives RENAULT. On retrouve par ailleurs les quasi indispensables barres de toit longitudinales propres à ces carrosseries, cette fois en alu satiné. Ce sera bien la seule fantaisie extérieure, avec les "moustaches" chromées de part et d'autre de la calandre et la double canule d'échappement elle aussi chromée, toujours propre aux versions GT 4Control, car point de salut dans le nuancier désespérément bloqué sur le passe-partout : pas moins de trois gris se disputent au blanc, au noir, au beige et à un bleu, peut-être le plus éclatant de cette triste palette...

Moins de coffre qu'il n'en paraît…

Principal intérêt du concept Estate, c'est de pouvoir charger à l'envi le coffre sans que l'on soit obligé de sortir la remorque ou le coffre de toit. Eh bien, en la matière, la Laguna ne répond pas au cahier des charge, car tellement préoccupé du style extérieur, certes réussi et sans lourdeur, il faut se contenter de seulement 58 petits dm3 de plus que dans la berline Laguna. Il faut dire que l'Estate n'est guère plus longue (10,8 centimètres) et pâtit de ce hayon si peu vertical. Mais, parfois, ces quelques dm3 supplémentaires font la différence et évitent de se retrouver avec quelques bagages sur les genoux. A ce sujet, la place dévolue aux passagers arrière est généreuse et les sièges se montrent confortables, tout comme à l'avant. La planche de bord est réussie, avec une belle ondulation des visières et l'utilisation de matériaux de bonne qualité. Notre version se trouvait doté d'un volant cuir avec branche en alu, ainsi que d'un pommeau de vitesses en alu. Là, même si visuellement cela peut se justifier, ce n'est vraiment pas une bonne idée, car en période hivernale et si la voiture reste à l'extérieur, l'aluminium froid du levier de vitesses tétanise pour un bon moment la paume de la main droite. La position de conduite sera facilement trouvée grâce aux multiples réglages du volant et du siège et il ne restera qu'à appuyer sur le bouton "start" pour s'évader, puisque la Laguna est équipée de la bien pratique carte main-libre, laquelle verrouille et déverrouille automatiquement les portes à votre éloignement ou
approche.

Léger manque de souffle

Moteur en route, il ne reste plus qu'à passer une vitesse et débrayer. Eh oui, le frein de parking électrique se déverrouille tout seul lui aussi, et il se serre automatique lorsque le moteur se coupe. De là à dire que le conducteur n'a quasi plus rien à faire… Justement, afin de limiter l'action au volant, toute Laguna GT se voit greffée du système 4Control, sensé apporter sérénité, facilité et sécurité lors des évolutions. A basse vitesse, sous 60 km/h, les roues arrière braquent dans le sens opposé des roues avant afin d'améliorer la maniabilité, alors qu'au-delà de 60 km/h, les roues arrières et avant s'orientent à l'identique pour mieux épouser le rayon de courbure et virer plus à plat sans dériver de l'arrière. Au final, les mouvements du volant sont réduits et on a l'impression d'être sur des rails en toutes circonstances. La gestion de ce système se fait très discrète car les deux modes de braquage ne sont pas perceptibles par votre séant, et en conduite normale, il apporte véritablement une maîtrise de la trajectoire et un gain de vivacité. Le 4Control étant mis à contribution (avec l'ESP et l'AFU) pour palier les situations d'urgence ou d'adhérences précaires, il faudra peut-être tempérer son enthousiasme si des velléités de conduite sportive se faisaient sentir, situation que je n'ai malheureusement pas pu provoquer. Pour me consoler, j'ai souvenir d'une HONDA Prelude 4WS, elle aussi avec quatre roues directrices, qui m'avait gratifié d'un beau 360° dans un rond-point abordé avec générosité… Et comme le système n'est pas déconnectable, un averti en vaut deux ! De toute façon, la motorisation n'est pas typée sport, et même si le moteur fait preuve de vivacité dans les bas régimes, il m'a laissé un peu sur ma faim sur sa capacité à tenir la cadence : le couple se rit du poids important de la voiture mais la puissance maximum est obtenue très tôt, ce qui limite l'allonge. Certes, nous avons affaire à un Diesel, mais j'avoue que j'ai du mal à m'accommoder d'un comportement d'abord volontaire puis suivi d'une certaine anémie, comme s'il ne tenait pas ses promesses. Néanmoins, cette motorisation s'accorde parfaitement à la philosophie de l'Estate et cette digression ne mettait en avant que des aptitudes sportives à relativiser, même si le plumage laisse espérer beaucoup de chose…

Accueillante et confortable

La Laguna Estate saura donc vous promener en toute sérénité et dans un confort proche de la perfection. Les suspensions filtrent parfaitement la route et offrent un excellent retour au volant, ce qui met rapidement en confiance. Le conducteur aura alors tout le loisir de profiter d'un habitacle accueillant, doté de toutes les fonctionnalités indispensable à l'homme moderne. En plus, nous bénéficions de l'option Bose Sound System pour diffuser agréablement la musique et du fameux GPS Carminat TomTom live à la commande par joystick la moins intuitive qui soit. Dommage que l'ergonomie soit toujours, comme sur les Mégane, aussi peu évidente, car on retrouve des commandes parfois mal disposées, sur la console centrale voire derrière le volant. De même, le grand écran disponible au tableau de bord, censé être un ordinateur de bord, est souvent désespérément vide… Il faudra donc apprivoiser sa monture et commencer par décortiquer le livret de bord avant de profiter pleinement de sa Laguna. Il y a bien d'autres éléments de satisfaction comme la facilité pour baisser les sièges arrière, lesquels laissent un plancher parfaitement plat ou encore l'accès au coffre en ouvrant seulement la lunette vitrée.

La RENAULT Laguna Estate manque cruellement de coffre (à bagages) mais se rattrape sur sa fonctionnalité et sur son esthétique avantageuse. Plutôt facile au quotidien avec sa direction douce et précise, son moteur silencieux et bien adapté, son amortissement de très bonne qualité et ses qualités dynamiques exacerbées par le système 4Control, il serait malhonnête de lui trouver plus de défauts que de qualités. Pourfranchir le pas à l'acquisition, il faudra cependant être dans une démarche raisonnable plutôt qu'impulsive, puisqu'elle ne se révèlera qu'à celui qui prendra le temps d'apprivoiser son ergonomie et se satisfera de son manque d'originalité. Un peu de couleur par-ci par-là, des commandes et interfaces plus évidentes, un coffre un poil plus généreux (mais là c'est peut-être un peu tard !) et l'équation ne serait pas loin d'être résolue pour susciter l'émotion et l'envie à son contact…

Stéphane BERGER

2011-04-15