RENAULT Latitude V6 dCi Initiale

ESPACE BERLINE
  • Confort
  • Equipements de série
  • Ligne trop sage
  • Prix décourageant

Prix : 45 000 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 6 cylindres en V - 24 soupapes turbo Diesel injection directe rampe commune
Cylindrée 2998 cm³
Puissance maxi 240 ch à 3750 tr/min
Couple maxi 47.00 mkg à 1500.00 tr/min

Dimensions

Longueur 4.90 m
Largeur 1.83 m
Hauteur 1.48 m

Poids

Total 1655 kg

Capacités

Coffre de 0 à 477 dm³
Réservoir 70 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 235 km/h
0 à 100 km/h 7.60 s

Environnement

Emission CO2 188 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 5.70
Urbaine 10.00
Mixte 7.20
Essai 8.10

LUTTE DE CLASSE

Le haut de gamme, sans parler de premium, ne semble pas vouloir être une spécialité française. Les Allemands ont pris tellement d’avance qu’il paraît impossible de les rattraper, même en tentant d’y mettre quelques moyens. Ce n’est pas forcément cette dernière donnée qui a motivé RENAULT en présentant la Latitude. Cette position est probablement sage à l’image de cette nouvelle voiture, radicalement opposée à la Vel Satis à qui elle succède…

Classe de transition

Il faut remonter à la Frégate ou plus exactement aux RAMBLER du début des années soixante pour trouver une grande RENAULT à coffre. En effet, depuis la R16, la spécialité du constructeur était de se démarquer par ses voitures à hayon. Il a bien fallu se résigner à admettre que toute audace plus ou moins marquée, par rapport à la classique berline tri corps était peine perdue dans ce segment très très traditionnel. La nouvelle Latitude est entrée dans le rang en arborant une ligne tout à fait dans le style du haut de gamme. Prudent, frileux diront d’autres, RENAULT a limité l’audace (probablement le syndrome Vel Satis) dans l’habillage de sa berline. Il a également limité la prise de risque en partant d’une voiture existante sous d’autres cieux plus asiatiques et sous la marque SAMSUNG propriété du groupe.

Le résultat donne une longue berline de 4,90 mètres marquée par une calandre massive débordant de chrome, là aussi une marque de haut de gamme. On retrouve ces mêmes touches sur le panneau arrière épousant la découpe des portières et sur le bandeau placé entre les feux. Ce bandeau contient le patronyme discrètement lisible. Pour le reste, on a à faire à de l’ultra classique où seules les optiques complexes à verre fumé donnent une touche plus moderne. Ils sont équipés en bi xénon permettant un éclairage adaptatif. Les feux arrière reprennent la forme de ceux de la dernière Mégane pour donner cette fois-ci un semblant d’appartenance à la famille. On peut donc dire que la grande RENAULT arbore une ligne générale sobre, pas forcément déplaisante au demeurant. C’est clair, le constructeur a ménagé sa latitude pour permettre à sa Latitude de plaire au plus grand monde…

Classe économique

Un haut de gamme se doit d’avoir un six cylindres (au moins) à son catalogue malgré la politique économique de "down sizing" pratiquée. Pour mémoire, il s’agit de réduire la cylindrée, par exemple de six à quatre cylindres, et compenser par une suralimentation. Cela dit, si on prend AUDI en exemple, ce qui est souvent le cas, un moteur six cylindres peut être économique. L’honneur est sauf : la Latitude propose ce type de motorisation en Diesel évidemment. L’offre essence est seulement limitée à un deux litres de 140 chevaux estampillé du label maison "eco²". Notre voiture d’essai récupère le V6 dCi de 240 chevaux qui coiffe la gamme. C'est le plus puissant, il gratifie la voiture du son de ses six cylindres, n’est pas un foudre mais emmène les occupants en toute quiétude. Cette motorisation est uniquement associée à une boîte automatique (classique) à six rapports. Tout aussi classiquement, la boîte dispose d’une touche sport et de la possibilité de passer les rapports manuellement. Et en ce qui concerne les économies, la consommation moyenne est donnée à 7,2 litres aux cent kilomètres et 188 g/km pour le taux de CO2. Pour ma part, en conduite souple à dominante ville, l’ordinateur a affiché un peu plus de huit litres.

Classe supérieure

La Vel Satis était remarquable de confort, la Latitude devait perpétuer la tradition. Et dans ce cas, seule la finition Initiale ne peut se concevoir qu’avec la motorisation V6. L’intérieur est soigné derrière une planche de bord plus classique que celle de la Vel Satis. L’éclairage fait trop ressortir les zones rouges des compteurs, même en jouant du rhéostat, ce qui donne l’impression qu’on est toujours sur la réserve de carburant. Oublions le bois pour se concentrer sur les plastiques et les rares touches inox. La Latitude Initiale bénéficie tout de même d’une sellerie recouverte de cuir. A noter que le plastique et certains ajustements (heureusement cachés) laissent à désirer dans une voiture qui s’affiche tout de même à 45.000 €. Comme la Laguna, la voiture est garantie trois ans ou 150.000 kilomètres.

Au chapitre confort, c’est sûr, notre grande RENAULT prend soin du conducteur et des occupants. Pour ceux-ci, la console centrale renferme un diffuseur de parfums (avec un s car il y a deux cartouches). D’ailleurs, le tiroir n’est pas un range monnaie mais le logement de ces cartouches. Le partenaire SAMSUNG donne son ioniseur d’air dont la fonction est de purifier l’air de l’habitacle, une fonction générateur d’ondes positives en quelque sorte. Pour le seul conducteur, le siège intègre un système de massage du dos. Les quatre réglages possibles sont obtenus par molettes situées sur le côté du siège. Efficace et agréable pour ma part, mon seul regret est la hauteur limitée de l’implantation des boudins gonflables dans le siège.

Classe confort

Tous les équipements qui ont démarqué RENAULT sont présents dans la Latitude. L’ouverture et la fermeture sans clé tout comme le démarrage (sans nécessité d’insérer la carte dans son lecteur) font bien entendu partie de la dotation. Dans la même veine, l’allumage des feux et le détecteur de pluie sont automatiques au même titre que le frein à main. On retrouve également les pare-soleil intégrés dans les portières. Les aides à la sécurité sont intégrées (le régulateur est intuitif et simple d’utilisation), les aides à la navigation également avec une caméra de recul bien utile vu le gabarit de la voiture et un GPS intégré. RENAULT a spécialement étudié le système audio en partenariat avec Bose. Le toit vitré sur toute sa surface et ouvrant à l’avant est une option.

La Latitude, rappelons le, n’a pas de hayon. Le volume du coffre n’en reste pas moins logeable (477 litres) avec la modularité du rabat asymétrique des dossiers arrière. La Latitude dispose d’une roue de secours, n’ayant pas récupéré les pneus anti crevaison du coupé Laguna. Pour en terminer avec les rangements, la partie familiale de la voiture n’est pas en reste avec quelques bacs ça et là et surtout une grande boîte à gants réfrigérée de presque 9,6 litres.

Le style RENAULT est en mutation pour se tourner vers ce que préfigurent les Capture, Dezir et autres R Space. En attendant, la sage Latitude vient combler le vide dans le segment haut de gamme, laissé par l’infortunée Vel Satis et tente de replacer RENAULT dans ce segment tellement germanique. La tâche est ardue pour ne pas dire plus. Le constructeur a pourtant doté sa berline d’un maximum d’équipements qui la rendent confortable, agréable et sécurisante et qui compensent la ligne un peu trop sage. La finition essayée Initiale V6 marque le haut de gamme des Latitude, elle se paie un peu trop cher face à une redoutable allemande pourtant moins dotée. On peut encore rêver le temps d’un Festival de Cannes, car c’est elle qui va véhiculer les stars jusqu’à la montée des marches…

Philippe NIOLLET

2011-05-10