CITROEN DS3 Racing

ESPACE SPORTIVE
  • Look ravageur
  • Puissance et rondeur mécanique
  • Tenue de route et freinage
  • Consommation en usage modéré
  • Suspensions très fermes
  • Motricité perfectible
  • Instrumentation standard
  • Notes de rouge sur fond orange

Prix : 29 990 €

FICHE TECHNIQUE

Moteur

Type 4 cylindres en ligne, 16 soupapes injection directe d’essence, turbocompresseur
Cylindrée 1598 cm³
Puissance maxi 202 ch à 6000 tr/min
Couple maxi 28.00 mkg à 2000.00 tr/min

Dimensions

Longueur 3.96 m
Largeur 1.72 m
Hauteur 1.44 m

Poids

Total 1200 kg

Capacités

Coffre de 0 à 280 dm³
Réservoir 50 L
Nb de places 5

Performances

Vitesse maxi 228 km/h
0 à 100 km/h 6.50 s

Environnement

Emission CO2 149 g/km

Consommations (L/100km)

Extra-Urbaine 4.90
Urbaine 8.70
Mixte 6.40
Essai 8.00

L’EQUIPEE SAUVAGE

Après la THP 150 au tempérament fougueux avec ses 150 chevaux pour moins de 1.200 kilos, voici la version Racing de la DS3. Quel look dans sa livrée orange et noir Obsidien, qui pousse le détail jusqu’à coordonner les jantes. Son poids est quasi identique à celui de sa petite sœur, mais les caractéristiques du moteur sont exacerbées, avec  30% de puissance et 15% de couple en plus. Le tarif n’est pas en reste avec un delta de 9.990 € entre les deux modèles, soit environ 50%. CITROËN a eu la main lourde. Est-ce justifié ? Seul un essai peut permettre d’argumenter.

Gueule d’amour

La DS3 Racing est un modèle à part entière dopé aux gènes sportifs. Pour cela, la voiture est abaissée de quinze millimètres et les voies sont élargies de 30 millimètres. La peinture deux couleurs de la voiture d’essai marie le noir avec un orange pétillant au niveau du pavillon, du béquet de coffre, du jonc de calandre et des coques de rétroviseur. Les jantes spécifiques de 18 pouces, peintes également aux deux couleurs, accueillent des pneumatiques de 215/40 avec un indice W. L’aspect carbone est également présent au niveau du pseudo extracteur d’air de bas de pare-chocs arrière, des élargisseurs de passage de roues et des bas de caisse. Outre la peinture, le pavillon est recouvert d’un superbe sticker DS3 personnalisé, dans les tons gris. Les étriers de freins et le petit R du logo sur la porte de coffre sont peints en rouge. Sur ce point, le mariage du rouge et de l’orange ne sont pas du meilleur effet. 

Ainsi parée, notre DS3 n’est pas passée inaperçue, et nous avons pu mesurer l’attrait que représente ce modèle. Bon nombre des passants qui nous ont abordés pensaient à un modèle standard de la gamme, passé par les mains d’un spécialiste en préparation carrosserie. Savoir qu’il s’agissait du modèle Racing a tout de suite amené à un examen plus approfondi, avec des questions pertinentes sur l’ambiance à bord. Sur ce dernier point, le trait qui revient le plus souvent concerne le tempérament ressenti. Nous verrons plus loin notre réponse.

 

L’intérieur se distingue également par un traitement spécifique. Le bandeau de planche de bord reçoit lui aussi la peinture orange complétée d’un gros logo DS3 gris. Pas d’instrumentation particulière du type température et pression d’huile, charge batterie, pression de turbo sur des afficheurs dédiés, en revanche, une note carbone prend place sur la console centrale et le volant. Ce sont les sièges avant qui centralisent l’adaptation sportive avec deux superbes baquets intégraux enveloppants. Tant pis pour les passagers arrière qui voient leur volume de vie réduit. Mais la vocation de cette version Racing n’est elle pas l’exclusivité sportive ? A l’avant comme à l’arrière, la sellerie arbore des surpiqûres rouges qui, là encore, si elles expriment la sportivité, ne présentent pas les meilleurs assemblages avec les inserts orange. Sous le capot, l’aspect mécanique n’évolue pas, la différence se situant au niveau des performances. 

La fureur de vivre

 

Le plumage étant détaillé, passons au ramage. La position de conduite se trouve aisément et on se sent bien tenu dans les superbes sièges intégraux. Contact, démarrage, la mélodie au ralenti est enjôleuse, un peu rauque. Aux premiers tours de roues, la différence se fait déjà sentir, la route s’invite à bord, avec ses imperfections. Les suspensions rabaissées n’y sont pas pour rien. Le moteur sait se montrer sage, mais ce n’est pas vraiment sa vocation. Quoiqu’il en soit, c’est toujours appréciable de pouvoir laisser le moteur monter tranquillement en température sans avoir à aménager sa conduite. Ensuite, lorsque tout est en condition, la voiture sort de son asepsie. C’est tout ou rien. Côté confort, c’est rien. Mais côté tenue de route, freinage (assuré à l’avant par des étriers à quatre pistons), maintien des sièges, montées en régime, bref, comportement général, c’est tout. La filtration des inégalités de la route est inexistante et les défauts sont presque intégralement retransmis, au grand plaisir du conducteur, moins pour les passagers. Côté motricité, le bilan est assez mitigé, en ce sens que la DS3 n’autorise pas de passivité à son volant. Etre constamment attentif est impératif en conduite nerveuse, car les décrochages du train avant remontent directement dans la colonne de direction et entraînent la voiture sans délai d’un côté ou l’autre de la route, et il faut la tenir constamment. Faut-il rappeler que la DS3 n’a pas de roue de secours ? Donc tout contact avec une bordure ou tout endommagement du pneu peut entraîner l’arrêt complet, avec une belle facture en perspective. Voilà, et vous l’aurez compris la DS3R a du tempérament. Elle requiert une grande lucidité de son conducteur pour rester dans les limites autorisées en circulation de nos jours. Côté consommation, elle peut se montrer raisonnable en usage commun, mais ce n’est pas vraiment sa vocation. Alors, passer à la pompe peut devenir très fréquent.

Au final, cette CITROËN DS3R est une vraie sportive, à ne pas mettre entre toutes les mains. Elle ne satisfera que les puristes et c’est ce qu’ils attendent, eux qui ont pesté ces dernières années contre certains modèles dits sportifs mais aseptisés, brillant uniquement par leur plumage. Son confort s’apprécie uniquement sur autoroute, et son caractère sur toutes les autres routes. Son prix est élevé, en regard de la concurrence. Ceci étant, seulement 1.000 exemplaires sont destinés à la France, l’exclusivité justifie t’elle cette envolée tarifaire, chacun jugera.  

Jacques FORGE

2011-06-20