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Duel au sommet
chez les grandes dames
Le voyage de la section
moto en terre auvergnate fin avril dernier fut pour nous
l'occasion d'opposer deux motos jouant exactement dans la
même cour, celle des sport-GT : madame la
référence 800 VFR, best-seller incontournable
dans ce segment et lady Sprint ST, nouvelle venue aux dents
très longues. Malgré toutes ses
qualités, peut-elle cependant bousculer miss VFR ?
Bagarre en perspective dans le beau
monde
Arbre
généalogique (Quartiers de
noblesse)
ICette catégorie de
motos sportives mais confortables concerne principalement le
haut de gamme puisqu'il est un des plus exigeants du
marché. Ses prétendantes doivent en effet
posséder une polyvalence extrême et rares sont
les machines pouvant réellement faire partie de ce
club très fermé qui comprend nos deux machines
d'essai et la DUCATI ST2. Le ticket d'entrée moyen se
situe donc entre 70.000 et 75.000 FF.
Qui aurait pu croire en 1990
au succès de TRIUMPH, une marque de motos
éteinte depuis de nombreuses années
relancée à partir d'une feuille blanche par le
désir un peu fou (et surtout l'argent) d'un
passionné de motos anglaises. Dix ans plus tard, la
marque a fait plus que simplement renaître. Ayant
bénéficié d'un très bon accueil
dû pour l'essentiel à la bonne qualité
de ses modèles, elle vient de lancer la seconde
génération de ses machines phares et occupe
une place significative dans le marché mondial. Cela
ne vous rappellerait-il pas quelque chose ? En effet, une
bande d'irréductibles auvergnats ne travaille-t-elle
pas en ce moment sur le renouveau de la moto
française ? Il est clair que TRIUMPH illustre bien ce
que va être VOXAN dans quelques années
C'est dans ce contexte particulièrement dynamique que
la marque sort en 1999 plusieurs modèles dont cette
Sprint-GT, ayant pour mission clairement définie de
s'attaquer à la VFR et disposant pour cela
d'excellents arguments. Technologie moderne inspirée
de la Daytona, la super sportive de la gamme
récemment essayée dans ces colonnes, cadre
léger et rigide,
Elle remplace avantageusement
l'ancien modèle, plus lourd et moins bien
équipé.
Est-il nécessaire de
présenter la VFR ? Apparue en 1986 sur le
marché français, cette moto
équipée du célèbre V4 HONDA
dérivé du moteur multiple champion du monde, a
connu plusieurs évolutions depuis son lancement.
Cette quatrième génération a vu sa
cylindrée légèrement augmenter à
800 cm3 et surtout est maintenant équipée de
l'injection. Le freinage Dual-CBS et le magnifique monobras
font de cette moto une vitrine technologique, un
épouvantail à concurrence.
Petit coup
d'il sous les jupes
Ces deux motos sont d'une
conception très proche, au point qu'on pourrait
presque les confondre. Du point de vue moteur, elles sont
toutes deux équipées de l'injection. La Sprint
possède le trois cylindres TRIUMPH de la Daytona
955i, fabuleux moteur très "coupleux" et rageur,
retravaillé cependant pour être compatible
d'une conduite coulée qui sied aux GT. L'injection
SAGEM à 7 points fait très bien son travail et
assure un fonctionnement régulier. Le V4 de la VFR,
moteur bénéficiant d'une distribution par
cascades de pignons et réputé à juste
titre comme increvable, est très performant lui
aussi. Développant 110 ch, soit la même
puissance que celui de la TRIUMPH, il manque cependant de
couple à bas régime. Une ouverture de gaz en
grand à 130 km/h en sixième ne provoque pas
grand chose. Il devient cependant rageur à partir de
8.000 tr/mn, lorsqu'arrive la puissance. L'injection FI,
très bien réalisée, assure un
comportement plus linéaire, en fait, que celui de la
Sprint.
Au niveau châssis, les
deux motos sont également semblables. Elles sont
toutes deux équipées d'un monobras à
l'arrière et de confortables disques à
l'avant. Il est cependant à remarquer l'astucieuse
disposition des radiateurs sur la VFR, positionnés
latéralement comme sur la VTR 1000. Le châssis
double-poutre périmétrique de la Sprint n'est
cependant pas aussi léger que sa compacité le
laisserait supposer, d'où un léger avantage
sur la balance pour la belle aux yeux
bridés.
Le ramage équivaut au
plumage également en ce qui concerne
l'équipement. La VFR bénéficie d'un
tableau de bord d'Airbus alors que celui de l'anglaise est
plutôt classique mais d'un très bel effet avec
ses cadrans chromés. Un bon point cependant pour
cette dernière : la disponibilité de valises
latérales TRIUMPH de teinte carrosserie alors que
HONDA n'a pas été capable de proposer ce type
d'accessoires en quatorze ans d'existence de la VFR.
L'éclairage est très bon sur les deux machines
et la protection est un tout petit peu meilleure sur la
HONDA.
Ces
Demoiselles se dévergondent
Le comportement routier de
ces deux modèles est également très
proche. Très sûres et
équilibrées, ces deux motos sont des musts.
Heureusement pour nous, le clonage parfait n'existe pas, et
chacune d'elles possède ses propres
particularités. Tout d'abord, le moteur de la ST est
dans la lignée des moteurs TRIUMPH : il "en a".
Là où il faudra attendre 10.000 tr/mn avec le
V4 pour se sentir des ailes, le trois cylindres anglais
distille son couple omniprésent avec la
tranquillité ou la hargne que son pilote voudra lui
voir donner. Le comportement de la TRIUMPH est
également plus typé sport que celui de la VFR,
avec cependant des suspensions plus difficiles à
régler. Elle ne possède pas en effet cette
accessibilité immédiate de la VFR,
mélange subtil d'ergonomie et de souplesse des
suspensions. La ST est plus sèche, plus joueuse mais
légèrement moins confortable. La VFR est elle
plus faite pour enrouler à grande vitesse sans
chercher à trop retarder les freinages et ce, dans un
très grand confort. Son freinage CBS n'y est pas
étranger. Elle ne rechigne pas à s'amuser
quelque peu et, taquinée dans les somptueux virages
d'Auvergne, elle démontre de sa volonté de ne
pas trop céder aux petites prétendantes
nouvellement arrivées.
Nous sommes
deux surs jumelles
TRIUMPH a
ici réussi un coup de maître. Sa nouvelle venue
est en effet largement au niveau de la
référence du segment qu'elle pourrait bien
inquiéter sérieusement. En effet, même
si son comportement n'est pas totalement au niveau de la
HONDA en raison principalement de suspensions perfectibles,
son moteur remporte à lui seul tous les suffrages.
Vous en avez assez de la perfection japonaise et les
italiennes vous font peur ? Alors pas d'hésitation,
laissez-vous séduire par la noblesse Anglo-saxonne de
cette grande dame.
F.
JOUSSET et S. BERGER
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FICHE
TECHNIQUE
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Caractéristiques
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HONDA VFR
800FI
|
TRIUMPH SST
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MOTEURS et
TRANSMISSIONS
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Type
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4 cylindres en V
90° 4T
|
3 cylindres
4T
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Refroidissement
|
Eau
|
Eau
|
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Cylindrée
|
781
cm3
|
955
cm3
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Puissance
max.
|
106 ch à
10.000 tr/mn
|
98 ch à
9.000 tr/mn
|
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Couple
max.
|
8,04 mkg à
8.500 tr/mn
|
9,6 mkg à
5.400 tr/mn
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|
Type
transmission
|
Cardan
|
Chaîne
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Nb
vitesses
|
-
|
-
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POIDS, DIMENSIONS,
CAPACITES
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Poids (avec
pleins)
|
235 kg
|
242 kg
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Hauteur
selle
|
805 mm
|
800 mm
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Réservoir
|
21
l
|
21
l
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PERFORMANCES
|
|
Vitesse
max.
|
234
Km/h
|
220
Km/h
|
|
400
D.A.
|
11,2
s
|
10,8
s
|
|
CONSOMMATIONS (l/100
km)
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Essai
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-
|
-
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