ESPACE SPORTIVE

108.650 FF- 10 CV

SEAT Ibiza Cupra 2 2.0 l 16v

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Boule de nerfs

Familière. Telle est devenue aujourd'hui l'Ibiza, fer de lance de SEAT. Elle sillonne en effet nos routes depuis 1993, et sa robe signée Giugiaro accuse sans mal le poids des ans. Qu'est-ce qui différencie la Cupra (Cup Racing) "2" de la Cupra initiale ? Peu de choses : ceintures de sécurité devenues rouges, nouvelles garnitures des tissus intérieurs. Bref, cette nouvelle appellation semble quelque peu "capillotractée" (comprenez "tirée par les cheveux") et est en tout cas un moyen marketing peu onéreux, sensé dynamiser les ventes. Notez que cela n'ôte aucune qualité à la Cupra initiale, la plus sportive des Ibiza (3 portes exclusivement).

Sportive dans l'âme

Au premier coup d'œil, on croirait la Cupra échappée d'une course sur piste. Jugez plutôt : robe jaune vif entre citron et canari ("Bengale" suivant l'appellation SEAT), y compris les boucliers (dommage pour les touchettes en ville), les rétros et la casquette de hayon, pied-milieu façon carbone, bas de caisse noir. Ajoutez à cela une brochette de sigles "GTI 16v" en rouge sur la calandre, un gros "Cupra 2" sur le bas de chaque portière, "SEAT Ibiza Cupra 2 World Rally Champion" côté gauche du hayon, "2.0 16v" en rouge côté droit... Posez l'ensemble sur de grosses jantes blanches de 16 pouces à bâtons, chaussées d'excellents MICHELIN Pilot SX en 195/45, laissant apparaître les étriers rouges (avant comme arrière) : cela donne le ton. Idem à l'intérieur où noir et rouge dominent : sièges style baquet avec bourrelets de maintien cuir noir (petite touche de luxe, tout comme le volant surpiqué de fil rouge ainsi que le pommeau du levier de vitesses) et partie centrale tissu noir zébré rouge, instrumentation très complète sur fond blanc (sauf la température d'huile donnée par l'afficheur à cristaux liquides de l'ordinateur de bord placé dans le compte tours) comprenant manomètre de pression d'huile et voltmètre (difficiles à surveiller pendant l'action car relégués au pied de la console centrale). Bref, ambiance sportive. Seule option du catalogue avec la peinture métallisée : la climatisation. Si elle est indésirable pour les fondus du chrono, en plus d'être un élément de confort, elle demeure, on ne le répétera jamais assez, un élément de sécurité permettant un désembuage rapide de l'habitacle.

Vitaminée

On trouve aisément une position adéquate, volant et siège étant réglables en hauteur. A noter le décalage du pédalier vers la droite. Sonorité agréable, plutôt métallique, en particulier jusqu'à 4000 tr/mn. Au delà, elle devient plus rauque et envahissante. Curieusement, ce 2 l 16 soupapes est plus alerte dans les bas/moyens régimes que dans le haut du compte-tours où il a tendance à rechigner quelque peu. Globalement, il est linéaire et bien rempli, et permet de descendre largement sous les 30 s au 1000 m. Il est accouplé à une boîte très correctement étagée, façon sportive, le dernier rapport rendant transparents les faux plats d'autoroutes. Point besoin d'ailleurs d'appel de phares sur la file de gauche, le jaune "Bengale" en dispense son conducteur : cette Cupra est visible de loin. La commande de boîte appelle en revanche quelques critiques, manquant de précision et de fermeté dans ses verrouillages. La commande par câbles, si elle présente l'avantage d'isoler le levier de vitesse des vibrations et mouvements du moteur, rend un peu lents les changements. La bonne surprise vient du couple confort/efficacité qui est d'un bon niveau, les mouvements de caisse étant limités. Les Pilot SX de MICHELIN, font merveille. Très directifs, ils autorisent un placement de l'auto au centimètre, tant que le revêtement n'est pas trop bosselé toutefois, car les réactions parasites dans le volant nécessitent un maintien très ferme de ce dernier, sous peine de suivre l'auto là où elle aura décidé de vous mener... La motricité est sans histoire, aidée par un blocage électronique du différentiel. Le freinage offre quant à lui un gros mordant et une bonne endurance mais son dosage en tout ou rien n'est pas rassurant : après 3 cm de course morte, tout arrive d'un coup ! Heureusement l'ABS sait se faire discret et efficace.

En attendant la remplaçante de l'Ibiza qui ne devrait plus tarder (la dernière livrée de la Tolédo laisse présager du meilleur), l'attrait de cette Cupra est indéniable. Un très bon rapport prix/performances, une sportivité qui préserve un certain confort pour un usage quotidien, une fiabilité germanique associée à trois ans de garantie (ou 120 000 km) sont autant d'arguments en sa faveur. Le dosage du freinage (néanmoins puissant) s'avère délicat, la commande de boîte pas très sportive, mais son plus gros défaut est la tendance de la Cupra à faire oublier à son conducteur les limitations de vitesse...

JP. BALLEY

 

POUR

Efficacité / confort

Mordant du freinage

Moteur vif

 

CONTRE

Commande de boîte

Dosage du freinage

FICHE TECHNIQUE

MOTEUR

Type

4 cylindres 16v essence

Cylindrée

1984 cm3

Puissance maxi

150 ch à 6000 tr/mn

Couple maxi

180 Nm à 4500 tr/mn

DIMENSIONS (m)

Longueur

3,85

Largeur

1,64

Hauteur

 

CAPACITES

Coffre

270 à 802 dm3

Réservoir

45 litres

PERFORMANCES

Vitesse maxi

216 Km/h

0 à 100 Km/h

8,3 s

1000 m DA

NC

Réservoir

NC

CONSOMMATIONS (l/100 Km)

Urbain

NC

Extra-urbain

NC

Combiné

8,4

Essai

11,4

LISTE DES ESSAIS

Essai réalisé en novembre 98