ESPACE SPORTIVE
149.900 FF - 12 CV
SEAT Leon 1.8i 20 VT4 Sport
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Elle a mangé du lion

Las de jouer les seconds couteaux dans le domaine des voitures très sportives, SEAT a décidé d'enfoncer le clou avec sa nouvelle León en proposant ce qui se fait de mieux pour un prix toujours très espagnol, c'est à dire imbattable. Le modèle qui nous intéresse est doté du plus puissant moteur jamais monté sur une SEAT, greffé à une transmission intégrale intelligente et dotée de 6 vitesses. Si les versions Cupra de l'Ibiza vous avaient bluffés avec leur tempérament de feu, cette León vous montrera ce que "coller à la route" veut réellement dire…

 

La ligne manque d'agressivité

Le nom de cette berline 5 portes s'inscrit dans la tradition SEAT, c'est à dire qu'il reprend le nom d'une ville d'Espagne. Mais traduit de l'espagnol, cela donne aussi "lion", ce qui colle parfaitement au tempérament de cette auto. Côté présentation, on serait tenté de dire que le rugissement vaut largement le pelage : en effet, les lignes s'inscrivent dans la mode bi-corps propre à laisser de l'espace aux occupants, particulièrement aux places arrière, mais délaissent quelque peu les côtés fantaisie et agressif que l'on serait en droit d'attendre. La silhouette n'apporte donc rien et ressemble étrangement aux Mégane ou autres Civic. L'intérieur paraît exigu mais accueille en fait confortablement 4 adultes et leurs bagages (pas trop quand même !). Visuellement triste avec cette unité de noir, la planche de bord est cependant fonctionnelle et assez déroutante la nuit en s'éclairant d'un beau rouge sang, malheureusement difficile à lire. Installé confortablement dans le baquet à réglage électrique, le pilote trouve rapidement ses marques et se tient prêt à défier le tarmac…

Moteur puissant, mais…

On vous l'avait dit, cette León a un lion sous le capot. Avec un moteur hérité des AUDI A3 et TT, on a hâte de voir si la greffe a bien pris chez SEAT, avec une petite angoisse côté capacité d'encaissement des trains roulants. La réalité nous rassurera car l'auto digère efficacement la puissance, à tel point que nous souhaiterions encore une bonne vingtaine de chevaux en plus (minimum !) histoire de se faire déborder. Mais l'exploitation d'un moteur dopé au turbo n'est pas des plus simple et demande du doigté (pardon, du pied !) et surtout de se défaire des habitudes prises avec les atmosphériques : il ne faut plus rechercher la puissance dans les tours mais au contraire privilégier les mi-régimes, là où l'on aura le plus de souffle justement. Car en haut du compte-tours, le moteur donne la sensation de s'étouffer, de ne plus tirer assez alors qu'on en aurait bien besoin à ce moment. La boîte 6 se révèle alors un poil trop longue pour goûter pleinement aux furieuses montées en régime et la transmission intégrale, qui coûte 140 kg à l'auto, estompe encore plus le côté sportif tant attendu. Reste que dans l'absolu, le chrono est littéralement explosé et que l'accroche de l'auto est fantastique.

Avec elle, tout est permis !

Car l'attrait de cette auto, c'est bien sa capacité à tenir la route. Avec tous les systèmes électroniques et mécaniques possibles d'aides à la conduite et à la sécurité (la liste est trop longue à décrire…), cette León est ultra sécurisante et propulse le péquin moyen au rang d'un Vatanen du dimanche. Attention cependant à l'excès d'optimisme… Ces systèmes sont réellement efficaces, surtout en situation d'urgence, et particulièrement dans des conditions difficiles du style "descente de col à tombeau ouvert" : la León colle à la route, celle que vous suivez des yeux et commandez des doigts, et les freinages et autres coups de volant ou d'accélérateur sont sans effet sur la trajectoire désirée. Les plus téméraires ou les plus aguerris se dépêcheront de déconnecter l'ESP pour profiter pleinement des dérives facilement contrôlables du train arrière. En côte, on gagne même en puissance car le moteur n'est pas limité lors des glissades et le plaisir de pilotage devient alors grandiose. Avec un peu (beaucoup !) plus de watt, on serait au nirvana… Après plusieurs kilomètres de ce mauvais traitement, du sous-virage (beurk !) peut survenir, mais il est sûrement dû à l'échauffement excessif des pneus (PIRELLI P6000). On doit alors pouvoir gagner en accroche avec des gommes encore plus performantes. Les freins ne déçoivent jamais, même en usage intensif, tout juste aimerions-nous plus de mordant dans les bouts de lignes droites où les vitesses atteintes rappellent au pilote le caractère tonitruant de l'auto.

Cette León a véritablement avalé du piment et le client, avide de performances et de sensations fortes, va en avoir pour son argent. Mais, pour les plus sportifs, le gain apporté par la transmission intégrale efface un peu les performances du moteur, fautes au poids supplémentaire et à l'accroche supérieure. Il ne reste plus qu'à espérer le moteur de 220 ch, lui aussi monté sur l'AUDI TT, pour carrément enrhumer la concurrence, toute la concurrence. Ha ! Dernier détail et non des moindres, cette León est un véritable gouffre à essence, avec une moyenne ne descendant pas en dessous de 17 litres aux 100 km, il est vrai en utilisation déraisonnable. Et au moment de choisir, ce sera l'efficacité et la fougue de la Clio 2.0i RS contre la sécurité et la facilité de la León !

 

S. BERGER

POUR

Tenue de route

Performances

Freinage

Prix

CONTRE

Consommation

Ligne fade

Intérieur austère

FICHE TECHNIQUE
MOTEUR

Type

4 cylindres 20s - Turbo

Cylindrée

1781 cm3

Puissance maxi

180 ch à 5.500 tr/mn

Couple maxi

235 Nm à 1.950 tr/mn

DIMENSIONS (m)

Longueur

4,18

Largeur

1,74

Hauteur

1,44

POIDS (kg)

Total

1.387

CAPACITES

Coffre

270 dm3

Réservoir

60 litres

Nb places

5

PERFORMANCES

Vitesse maxi

224 km/h

0 à 100 km/h

7,7 s

1000 m DA

28,4 s

CONSOMMATIONS (l/100 Km)

Extra-urbaine

7,5

Urbaine

13,3

Mixte

9,6

Essai

17,8

LISTE DES ESSAIS

Essai réalisé en février 2001