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Mardi 19 septembre 2000 |
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"Bertrand Piccard a réussi le premier tour du monde en ballon, Toyota a fait aussi le tour du monde en étant présent dans 160 pays sur 166 ": le ton est donné ce mardi 19 septembre en guise d'ouverture de cette conférence de presse au siège de TOYOTA France, à Vaucresson, par Jean-Paul Verret, président de la filiale française du constructeur nippon. Le 19 septembre 1783, un gros ballon de papier emportant à son bord un coq, un canard et un mouton s'éleva pour la première fois dans le ciel de Versailles et alla atterrir un peu plus loin, dans la commune de Vaucresson. Témoin de cette expérience, un certain Pilâtre de Rozier sera moins d'un an plus tard le premier homme à voler avec la suite que l'on sait Afin de célébrer dignement cet anniversaire et dans le cadre de l'an 2000, la mairie de Vaucresson en partenariat avec TOYOTA a invité le célèbre aéronaute suisse, auteur d'un formidable exploit en avril 1999 avec son compagnon Brian Jones en accomplissant un tour complet du globe avec la seule force des vents. Cet événement, qui vint clôturer une compétition qui avait vu s'affronter à la fin du siècle la crème des aventuriers du ciel, sera le point de départ d'une vie d'honneurs et de conférences pour ses auteurs dont le plus emblématique était présent ce 19 septembre à Vaucresson. La conférence en elle-même présente l'intérêt de très belles images et de comprendre la somme de difficultés qu'il a fallu résoudre à l'équipe de Breitling Orbiter 3 pour réussir ce pari. Les obstacles étaient en effet innombrables et de tous types : politiques (espaces aériens), météorologiques (direction des vents, orages), techniques (fonctionnement chaotique des brûleurs du ballon), humains (relations avec les contrôleurs, entente entre les deux pilotes) la liste serait ici trop longue. Au-delà de la leçon philosophique que peut tirer un docteur en psychologie d'une telle expérience, celle-ci force l'admiration par l'accomplissement personnel qu'elle représente pour B. Piccard. La seconde raison de cette conférence était l'occasion pour TOYOTA de revendiquer une image de constructeur automobile soucieux de respecter l'environnement. C'est ainsi qu'a été dévoilée fin septembre au Mondial de l'automobile à Paris la Prius, dernière née du constructeur nippon, et dont deux exemplaires étaient présentés pendant la conférence. Cette voiture, qui a déjà derrière elle 3 ans de carrière plutôt réussie au Japon, présente la particularité d'être la première voiture hybride parallèle à être commercialisée de série. Qu'est-ce qu'un hybride, et à fortiori parallèle? Une voiture hybride utilise par définition deux types d'énergie pour se mouvoir : ici l'électricité et le thermique (l'essence). Le terme parallèle désigne en fait la façon dont ces deux moteurs, thermique et électrique, fonctionnent sous le capot de cette voiture. Ici le moteur électrique d'une puissance de 45 ch n'est utilisé qu'en appoint ou à faible vitesse (en ville). Il est alimenté soit par les batteries situées dans le coffre de la voiture, soit directement par le moteur à essence lorsque les batteries sont déchargées à plus de 60 %. Celui-ci, un 1,5 l de 72 chevaux, est là pour faire avancer l'ensemble sur route, et au vu de ses caractéristiques techniques on comprend que le couple et les émissions ont clairement été avantagées dans sa conception. Quel est alors le résultat ? Extérieurement une voiture de la taille d'une Mégane au standard d'équipements actuels. Intérieurement une bonne habitabilité avec cependant les batteries qui empiètent sur le coffre. Sous le capot, que de monde! Les deux moteurs sont effectivement en parallèle (thermique à gauche et électrique à droite), et la boîte automatique prend pas mal de place. Au niveau des émissions, elles sont au pire divisées par deux par rapport à une voiture purement thermique équivalente. Evidemment il reste encore du chemin à faire, mais compte tenu des niveaux actuels d'émissions autorisés déjà assez bas cela représente une avancée significative... Au niveau dynamique, un essai prochain dans Actua-Auto nous permettra de nous faire une idée plus précise. Ce véhicule, s'il tient ses promesses, pourrait bien être le premier représentant d'une phase transitoire dont le seul but serait de diminuer sensiblement les émissions polluantes en ouvrant la voie à une nouvelle génération d'automobiles s'appuyant sur une technologie actuellement non disponible industriellement (pile à hydrogène, hybrides série, nouvelles batteries, etc ). Il convient cependant de souligner le courage (ou les très gros moyens ?) de TOYOTA qui est le premier constructeur à oser un tel virage, avec HONDA et l'Insight qui, basée sur le même principe que la Prius mais au look un petit peu moins classique, devrait être présentée dans quelques mois. Après l'essai manqué de GENERAL MOTORS en 1995 avec l'Impact, ce véhicule totalement électrique jamais commercialisé car sous-performant, les ardeurs écologiques des constructeurs s'étaient un petit peu taries. Souhaitons qu'ils disposent maintenant d'autant de projets aussi intéressants et que, si leurs prix ne sont pas dissuasifs, le marché suive. Cela permettra de lancer réellement la recherche et l'innovation dans cette voie, car la raison des profits est malheureusement toujours la meilleure. F. JOUSSET |
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