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En attendant Vel Satis Peu de constructeurs de véhicules de prestige ont réellement survécu à la seconde guerre mondiale. Les très rares survivants ont vu leur tendance changer, limitant leur gamme à des modèles plus modestes. RENAULT fait partie de ceux-là et en dépit de ses efforts, est resté jusqu'à présent dans cette catégorie. L'histoire commence en 1906, RENAULT, 8 ans au compteur, présente une 35 CV (type AI) animée par un 4 cylindres de 7,4 l. La voiture est imposante (4,80 m) pour l'époque et commence une dynastie de véhicules de prestige. Elle sera suivie par la 50 CV deux ans plus tard, en inaugurant un 6 cylindres de 9,5 l. C'est en 1911 que RENAULT adopte la fameuse désignation 40 CV pour son haut de gamme. Cette première version, le type CG, garde le 6 cylindres en ligne, réduit à 7,5 l. La 40 CV véhicule les chefs d'Etat jusqu'en 1928, année de sortie de la Reinastella. Les désignations en puissance (même si le nom réel est formé de une, deux puis trois lettres) ont laissé la place à un système malin de patronymes qui identifie immédiatement le type de la voiture. La première partie du nom désigne la voiture (Mona, Nona, Nerva, Reina, Viva etc ) et la deuxième partie son niveau de finition ou de motorisation (quatre, six, huit, stella, sport ). Les nombres correspondent au nombre de cylindres du moteur. La Reinastella représente logiquement ce qui se fait de mieux chez le constructeur. Le long capot abrite un 8 cylindres (toujours en ligne) de 7,1 l poussant la lourde voiture jusqu'à 130 km/h. Les RENAULT ont désormais abandonné leur radiateur placé sous le pare-brise qui leur donnait une ligne si caractéristique, dépourvue de calandre. Une version Reinasport plus légère et plus courte a même vécu en 1933. La Nervastella (8 places, 6 glaces) prend le relais prestigieux en 1936 ; on est en pleine période aérodynamique. La Suprastella, présentée au salon 38, est la dernière limousine (longue de 5,60 m), animée par un 8 cylindres. Certaines de ces belles ont été exposées à RETROMOBILE 2000. La guerre a décimé les hauts de gamme et la reconstruction a privilégié la 4 CV chez RENAULT. Il faut attendre 1951 (et même 1952) pour que la marque sorte une grosse berline calquée sur la 4 CV avec un 4 cylindres de 2 l sous le capot. La Frégate est née. Amiral, Grand Pavois et break Domaine ou Manoir, les finitions et les liftings n'arrivent pas à faire de la Frégate un succès. Elle souffre d'un manque de mise au point. RENAULT propose une boîte auto en 58, à savoir la Transfluide mais rien n'y fait : la Frégate est retirée du catalogue en 60. RENAULT n'a plus de haut de gamme en ce début des années 60. Comme il a acheté l'Américain AMC qui détient RAMBLER, ce sont les modèles de cette marque qui occupent discrètement la place. En 62, une version spécifique, la 6 PR, carrossée par CHAPRON occupe même (discrètement là aussi) le garage présidentiel. L'attente n'est que de 5 ans avant que la nouvelle 1.500 traction ne soit dévoilée. La R16 est beaucoup plus modeste qu'une Reinastella. Gratifiée du récent titre de voiture de l'année 1965, elle inaugure cette inédite ouverture de porte qu'on n'appelait pas encore 5e porte, dévoilée 4 ans plus tôt sur les R3 et R4. Phares rectangulaires, toit pagode, la R16 a remporté un véritable succès. Elle a vécu plus de quinze ans sous de multiples versions (TL, TS, TA (automatique)), avec juste un tout petit lifting en cours de route. Le sommet des R16 s'appelle TX, reconnaissable à ses 4 phares carrés, équipée d'un 1700 de 93 ch. (10 de plus que la TS) et d'une boîte 5 (au volant). En 75, la Régie réagit en équipant d'emblée la nouvelle R30 TS du V6 2,7 l PRV (PEUGEOT/RENAULT/VOLVO). Ce même moteur se retrouve la même année dans la nouvelle 604. RENAULT reste fidèle à sa carrosserie 5 portes, pas très haut de gamme. Une version DT (Diesel Turbo) renforce la gamme, c'est le début du turbo-Diesel inauguré en série par la 604. Même carrosserie, juste différenciée par des phares rectangulaires et uniquement en 4 cylindres, la R20 vient épauler la vieille R16 à qui elle succède au début des années 80. La R30 est un demi-succès, on lui reproche son côté trop utilitaire. Il est temps de la remplacer par celle qu'on a d'abord appelée R40 pour finalement être dévoilée en 84, sous le patronyme R25. Il faut dire qu'elle prend le relais des 20 et 30 vu que la R21 est encore dans les cartons. Malgré un lifting en 88 et la présence du V6, la R25 souffre de son manque de qualité et de sa ligne. La Safrane arrive dans les années 90, forte d'une qualité sans faille, d'une ligne 5 portes avec hayon plus dissimulé. Comme pour ses devancières, le succès, en dépit de ses qualités de grande routière, ne dépasse pas les frontières du pays. Vel Satis, promise pour début 2002, mais déjà présentée entre autres à Francfort, rassemble, avec Avantime et Espace IV, tous les espoirs de RENAULT pour regagner une place au sein des rares constructeurs de hauts de gamme. Ph. NIOLLET
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RENAULT HD 40CV |
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RENAULT Reinastella
RENAULT Frégate
RENAULT 16
RENAULT 25
RENAULT Safrane |
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