LE COMPROMIS PARFAIT ?

AUDI RS4 Avant TFSI quattro tiptronic

98.410 €

5/5
Pour
  • Utilisable au quotidien
  • Un style inégalable
  • Vrai missile de la route
Contre
  • Consommation élevée en ville
  • Léger manque de sonorité
  • Boîte automatique exclusivement

Alors que l’électrification des véhicules est d’actualité et que l’Europe interdira la vente des voitures thermiques en 2035, AUDI affiche encore dans son catalogue des sportives avec de puissants moteurs à essence, un six cylindres de 450 chevaux pour cette RS4 Avant B9.

AUDI RS4, la genèse

Lançons-nous dans un petit retour en arrière sur le pourquoi du comment cette AUDI RS4 existe. L’histoire débute dans les années 1990, plus précisément en 1994. A cette époque, AUDI peine à se forger une réputation dans les domaines du luxe et de la sportivité. Malgré son solide palmarès en rallye grâce à la fantastique AUDI S1, la gamme du constructeur reste pour le moins fade. Les AUDI 80 et 100 rencontrent des difficultés à faire bonne figure face à leurs équivalentes de l’époque chez BMW et MERCEDES.

Toutefois, AUDI peut se vanter d’une chose : la démocratisation du système quatre roues motrices quattro sur de l’automobile de grande série. C’est dans ce contexte que naît l’AUDI RS2 en 1994, issue de la collaboration entre PORSCHE et la marque aux anneaux. Succès immédiat : le concept du break sportif est lancé et ça marche ! MERCEDES en profite d’ailleurs pour décliner sa rivale de l’époque, la C43 AMG, en break, face au succès de la RS2. Deux années plus tard, c’est la fin de production pour l’AUDI RS2, basée sur l’AUDI 80, elle-même arrêtée et remplacée par l’AUDI A4.

Suite au succès de la RS2, AUDI s’empresse de lui donner une remplaçante, et c’est un produit 100% fait maison qui entre en développement. Les techniciens de la filiale sportive quattro GmbH ainsi que les motoristes de Cosworth (à l’époque sous le contrôle de VOLKSWAGEN) se mettent à l’œuvre avec une ambition très claire : au-delà de terrasser BMW et sa M3, la nouvelle RS4 B5 s’attaquait plutôt à la FERRARI 360 Modena. Résultat : quatre roues motrices permanentes permettant d’emmener les 380 chevaux du V6 bi-turbo aussi efficacement sur du sec que sur revêtement humide. Pour l’anecdote, AUDI prévoyait vendre 3.000 unités de la RS4 B5, mais le succès a été tel que la marque a dû doubler sa production, jusqu’à 6.030 ventes.

La RS4 entre donc ainsi dans le référentiel des véhicules sportifs, et chaque génération d’AUDI A4 a eu droit à sa déclinaison “RennSport”. Exception cependant pour la génération “B6” qui n’a eu le droit qu’à une version S4 de 344 chevaux. L’AUDI RS4 revient armée d’un gros V8 4,2 litres sur la B7. Exit les turbos, l’atmosphérique prend place sous les capots des RS4 B7 et B8, développant les bagatelles de 420 et 450 chevaux.

Réglementations sur le carbone obligent, la dernière génération de RS4, la B9, n’échappe pas au “downsizing”, et rend son V8 atmosphérique au profit d’un V6 bi-turbo ! Est-ce là donc un retour aux sources ? Notre essai de la nouvelle AUDI RS4 B9, et le comparatif avec la RS4 B7 de quinze ans son aînée nous permettra de répondre.

Premier pas en AUDI RS4 B9

Une pression sur le bouton “déverrouillage” de la clé engage une cinématique dansante sur les phares avant et arrière, signature lumineuse très particulière à AUDI, nous ne sommes donc pas dépaysés.

Logo “Audi Exclusive” brodé sur les contre-portes en Alcantara, sièges baquets matelassés et surpiqûres blanches, volant à méplat en cuir perforé, l’ambiance “RS” est totalement présente à peine la porte ouverte. Nous nous installons à bord et retrouvons l’instrumentation typique de ces AUDI modernes, à savoir le Virtual Cockpit, le grand système Multimedia tactile, et une omniprésence de carbone, tant sur la console centrale que sur le tableau de bord et les contre-portes.

Une pression sur bouton “Start Engine” et c’est le V6 bi-turbo qui s’élance, à froid, dans une mélodie calfeutrée et résonnante, pour notre plus grand plaisir. Le sourire aux lèvres ne le trahit guère.

Prochaine étape : la Vallée de Chevreuse, il est temps de rencontrer celle qui occupait sa place à sa sortie en août 2005 : la RS4 B7.

Même esprit, même nom, voiture différente !

Nous y sommes. Il est toujours intéressant de comparer deux générations d’un même véhicule. Celle qui se positionnait en tant que fleuron de la gamme A4 en 2005 prend désormais presque la place “d’ancienne” face à la nouvelle RS4.

Extérieur, intérieur, moteur, on vous explique tout

De dehors, les deux RS4 portent bien leur nom. Ailes élargies, jantes démesurées, calandre en nid d’abeille et double sortie ovale, qu’il s’agisse de la B7 ou de la B9, la RS4 savait, et sait toujours, se distinguer. Toutes deux finies en Gris Daytona, elles font toutes les deux tourner les têtes.

Le luxe de l’époque est la normalité d’aujourd’hui. Notre bonne vieille B7 disposait de phares aux xénons et de jantes de dix-neuf pouces optionnelles. Rappelons maintenant que les phares au xénon sont disponibles en entrée de gamme sur l’A4, et que n’importe quel RENAULT Scenic est chaussé de jantes de vingt pouces.

A l’intérieur, n’espérons pas retrouver de Virtual Cockpit ou d’écran tactile dans la RS4 B7, mais bien un compteur gradué jusqu’à 310 km/h et un compte-tours dont le rouge débute à 8.000 tr/mn, les deux encadrant un ordinateur de bord dont nous pouvons compter les pixels. L’écran GPS n’est autre qu’un écran LCD sur lequel taper une adresse avec un seul bouton relève d’un vrai effort de concentration.

Cependant, notre B7 est équipé du “Pack F1” comprenant le volant à méplat, les rétroviseurs à double branche (non rabattables, grand défaut de l’époque), mais surtout les superbes sièges baquets F1 tout droits sortis de l’AUDI R8, apportant un contraste saisissant entre l’apparence d’un break familial, équipé de sièges de voiture de course.

Tout comme la B9, la RS4 B7 se démarre par un bouton, le prérequis étant d’avoir mis le contact avec la clé. En 2005, les échappements n’étaient pas autant travaillés et amplifiés qu’ils ne le sont maintenant, ainsi le vrombissement du V8 au démarrage est alors bien plus authentique et graveleux.

Boîte manuelle associée au V8, boîte automatique tiptronic sur le V6 bi-turbo, il est temps de passer de la théorie à la pratique.

AUDI RS4 B7 et B9, sur la route

Quel est le test commun à tous les véhicules de la production automobile ? Le traditionnel 0 à 100 km/h.

Prenons la B9 : en mode Sport, sur route fermée, pleins gaz sur l’accélérateur, le V6 bi-turbo nous catapulte à 100 km/h en 4,1 secondes avec une motricité sans faille. Le système quattro fait encore (et toujours) ses preuves. L’affichage tête haute nous indique le moment opportun pour passer les rapports sous forme d’une barre se remplissant, et clignotant rouge au bon moment. Oui, comme dans une voiture de rallye. Il suffit de quelques coups de palettes pour dépasser allègrement les 200 km/h, le V6 hurlant.

Assise sur d’immenses jantes “Bronze” de vingt pouces, mode “S” raffermissant les amortisseurs enclenché, la RS4 envoie les virages les uns après les autres sans une once de roulis. Une tenue de route brillante, signature d’un travail acharné des ingénieurs et motoristes d’AUDI Sport et de quattro GmbH depuis l’Audi RS2.

En revanche, en utilisation plus raisonnée, la RS4 B9 se retrouve parfaitement dans ce que nous appelons communément un “daily”. Outre la consommation nettement au-dessus d’un 2.0 TDI, le confort et le silence s’apprécient notamment lors de grands trajets ou des innombrables embouteillages franciliens. Nous relevons une consommation sous les 8,5 l/100km en trajet routes nationales et autoroutes, un exploit pour un engin de 450 chevaux et 1.715 kilogrammes.

Nous marquons un temps d’arrêt dans les champs avoisinants pour immortaliser notre RS4 B9 sous la lumière rosée du soleil couchant, avant l’essai de la B7, demain.

The next morning” comme dirait Jeremy Clarkson, nous embarquons cette fois au volant de la RS4 B7. Quelques kilomètres et 50 € d’essence plus tard, la température d’huile nous affiche 90°C. Idéal pour reproduire notre trajet de la veille.

Une pression sur le bouton “Sport” du volant, et ce sont les bourrelets des baquets qui se resserrent, les valves à l’échappement qui s’ouvrent et la réponse à l’accélérateur réglé sur “extra-sensible”. Fidèle à l’exercice du 0 à 100 km/h, nous retrouvons notre ligne droite d’hier. La fragilité de l’embrayage nous incite à rester raisonnables sur la première. Cependant nous poussons la seconde dans ses retranchements, à savoir 8.250 tr/mn et 115 km/h, le tout dans une sonorité si envoûtante que chaque passage de rapport nous encourage à chercher encore plus loin. Niveau châssis, notre RS4 B7 tient la route comme sur un rail. Attention toutefois au sous-virage lors d’attaques en courbes un peu présomptueuses, notamment sous la pluie, le V8 frontal pèse malgré tout son poids.

Dans une utilisation plus quotidienne, nous nous orienterons plutôt sur la RS4 B9 que la B7. La raison ? La consommation astronomique en embouteillages et en villes ! Comptez entre 20 et 25 l/100 km en moyenne. De plus, la boîte manuelle, les amortisseurs plus durs, et les sièges baquets trahissent plus l’envie de s’échapper dans les routes tortueuses de montagne que de subir la vie francilienne.

Deux voitures aux noms identiques, à l’utilisation différente.

En conclusion, RS4 B7 ou B9 ?

Résumons, et commençons par la B7. Si l’envie vous prend de vous jeter sur les petites annonces, certains points sont à vérifier. Le V8 4.2 est d’une fiabilité sans nom, après vingt-cinq ans de bons et loyaux services. Un suivi concis est essentiel, car les mauvaises surprises peuvent conduire à une syncope irrémédiable de votre portefeuille.

Ce moteur à injection est sujet à la création de calamine, réduisant par conséquent la puissance de l’auto. Il n’est pas rare de voir des RS4 B7, annoncées à 420 chevaux, sortir 350 chevaux au banc.

Attention à l’embrayage, préférez les exemplaires avec un embrayage neuf, ou alors embrayage et volant moteur renforcés.

Enfin, et probablement le plus gros point noir de la RS4 B7 : le système d’amortissement. Neuve, elle était livrée avec un système révolutionnaire : le Dynamic Ride Control (DRC). Ce système montre des signes de faiblesses aux alentours de 70.000 km, et il est préférable de le remplacer par un amortissement classique, plus fiable et moins onéreux.

Tous types de kilométrages existent sur le marché, de la pépite à 40.000 km et 40.000 €, au “daily” de 180.000 km, entretenu exclusivement chez AUDI, et 22.000 €. Si vous souhaitez vous procurer une des dernières AUDI à moteur atmosphérique, boîte manuelle, utilisable au quotidien (hors ville) pour le prix d’une PEUGEOT 308 SW neuve, foncez, la cote monte.

Du côté de la RS4 B9, tous les voyants sont au vert. Elle reprend l’esprit du break sportif initié sur la RS2, et reste très polyvalente. Notre exemplaire avec son “Chassis sport RS plus” ainsi que l’échappement “Sport RS” en font plus une voiture de piste qu’un break familial. En utilisation sportive comme normale, la boîte auto tiptronic à huit rapports sait se montrer à la fois confortable et linéaire lorsqu’il s’agit de faire des chronos. Affichée à 98.410 € en tarif de base, comptez presque 130.000 € pour l’exemplaire que nous avons essayé, soit 100.000 € de plus qu’une B7 d’occasion.

Fiche technique

Moteur

Type thermique

V6 essence bi-turbo injection directe

Transmission

Intégrale permanente quattro – BVA tiptronic 8

Cylindrée

2.894 cm³

Puissance thermique

450 ch
6700 tr/min

Couple thermique

600 N m
1900 tr/min

Energie

Essence
Dimensions & Poids

Longueur

4.782 m

Largeur

1.866 m

Hauteur

1.414 m

Poids total

1820 kg
Capacités

Coffre

495 dm³

Réservoir

58 L

Nombre de places

5 places
Performances

Vitesse maximale

250 km/h

0 à 100km/h

4.1 s
Environnement

Emission CO2

229 g/km
Consommations

Consommation mixte carburant

10.2 L/100km
Garantie
Batterie