GSB

CITROËN C4 PureTech 130 EAT8 Shine

29.300 €

4/5
Pour
  • Look original entre berline et SUV
  • Confort (sièges et suspensions)
  • Prix/Equipements
Contre
  • Dossiers arrière trop petits
  • Coffre étriqué
  • Pas de roue de secours

C’est sûr une nouvelle CITROËN ne laisse jamais indifférent par son originalité, souvent critère attendu de la marque. Il faut cependant reconnaître que certains modèles ont fait exception à cette règle. Prenez par exemple la Xsara ou plus récemment la C4 deuxième génération d’après-guerre, la sobriété de style, bien consensuel, a permis de “ratisser large” la clientèle. Heureusement que la première C4 d’après-guerre qui a assuré la filiation entre ces deux modèles, avait positivement surpris l’assemblée. Alors une berline osée sur deux ? Pourquoi pas. L’originale C4 Cactus renouvelée en 2018 a assuré l’intérim du segment depuis l’arrêt de la deuxième génération de C4. Depuis le début de l’année, la troisième (ou quatrième) génération arrive en force. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le style quelque peu décalé est bien au rendez-vous, avec quelques clins d’œil au passé, en gros du “très néo-un peu rétro” dans la recette.

Très néo – un peu rétro

Faire une berline classique dans un segment encore bien disputé n’est sûrement pas suffisant pour se démarquer. Tenter de croiser les segments style cross over est bien tentant et, dans ce cas, le regard se tourne immanquablement vers le SUV. La C4 est donc une berline plutôt haute sur pattes (près de seize centimètres). Et le clin d’œil au passé ? CITROËN n’ayant plus peur ou honte de celui-ci depuis quelques années, il suffit de regarder la voiture de profil et plus particulièrement la fuite de toit, et penser à la GS. Bien vu, celle-ci fêtait ses cinquante ans l’année dernière. Cette comparaison est un peu idéalisée, la GS avait une troisième vitre bien plus élancée, une silhouette bien moins galbée et une absence de hayon. La GSA avait corrigé ce manque en passant de quatre à cinq portes, alors dans la continuité, notre C4 III aurait-elle pu s’appeler GSB ?

Les galbes, les passages de roue, les boucliers sont très sculptés ; on sent que CITROËN n’a pas voulu atténuer les ébauches de ses designers ; bien vu ! (au risque de déplaire à certains : le traditionnel compromis entre style et attirance). La face est typique avec les projecteurs à double étage et les chevrons chromés étirés sur toute la largeur. Ces chevrons sont prolongés jusqu’aux projecteurs en partie basse, à l’image des C3 et C3 Aircross remodelés. L’arrière est tout autant tourmenté avec des feux à deux étages, qui, lorsqu’ils sont éclairés, donnent un petit air de doubles chevrons.

Très branchée – un peu haut perchée

La C4 ne se démarque pas seulement par sa hauteur (1,53 mètre), elle se positionne aussi dans la partie supérieure du segment avec une longueur de 4,36 mètres (vingt centimètres de plus que la Cactus) mais seulement un centimètre de moins que sa cousine, la PEUGEOT 308 III qui arrive. A l’intérieur, la garde au toit est appréciable, y compris aux places arrière. Les personnes de grande taille seront plus surprises par la petite dimension du dossier : on a vite l’appuie-tête dans les omoplates… La finition de la voiture d’essai disposait du double toit vitré, qui donne un gain de lumière bienvenu. Le coffre n’est pas gigantesque. On peut se consoler avec le volume laissé par la roue de secours à condition de ne pas crever (se contenter d’un kit anti crevaison, même pas une galette), sinon risque de pleurs plus importants. Le rabat des dossiers arrière apporte un petit plus, mais sans espérer un plancher plat.

A l’avant, la planche de bord est plus remarquable par l’écran central que par le bloc compteurs. Celui-ci est résumé à un petit compteur digital qui rappelle les informations, avec la possibilité de le configurer. En version classique, les deux compteurs sont ultra miniaturisés : le compte-tours n’est pas plus gros que le thermomètre ! La conduite au compte-tours est une lointaine aventure. Celle-ci est désormais orientée vers l’information principale du moment vu le prix de l’essence : la consommation. En complément sur ma finition d’essai, l’affichage tête haute (et la lecture des panneaux) complète les informations indispensables à la conduite. L’écran central prend donc le dessus avec les informations habituelles comme la navigation ou la musique/divertissement pour aider à faire passer la pilule carburant et les kilomètres. Cet écran reprend la technologie d’une tablette tactile de dix pouces, ultra fine et sans bordures placée en hauteur au sommet de la console centrale. Et pour que le passager ne s’ennuie pas, CITROËN a inventé un dispositif de déploiement d’un support à tablette amovible. La prouesse a été de le regrouper avec l’airbag passager, et de positionner un tiroir dans lequel on peut ranger cette tablette.

Très confortable – un peu affable

On sent que CITROËN a respecté sa ligne de conduite en choyant ses passagers. La C4 reprend bien sûr les récentes technologies découvertes avec plaisir sur la Cactus. Il s’agit des suspensions à Butées Hydrauliques Progressives®. Pour rappel, elles ajoutent deux butées hydrauliques : une de détente et une de compression. Quand les défauts de la route poussent la suspension à un plus grand débattement allant jusqu’aux butées, l’hydraulique prend le relais que ce soit en compression comme en détente. L’huile est comprimée et condamnée à s’écouler par des petits canaux, permettant d’éviter un contact brusque avec la butée mécanique mais aussi d’absorber l’énergie en chauffant, et d’éviter un rebond mécanique.

Toujours dans le registre du confort, la C4 adopte les sièges Advanced Comfort®, eux-aussi inaugurés par la C4 Cactus. Ces fauteuils larges et surtout rembourrés avec une mousse plus épaisse, sont une véritable invitation au voyage. Le complément à cette conduite confortable passe par la boîte automatique. Ma C4 était équipée de la boîte automatique à huit rapports EAT8 qui égrène tranquillement ou pas selon le mode de conduite choisi, les 130 chevaux du moteur PureTech. Cette vieille connaissance est le 1,2 litre à trois cylindres associé à un turbo, la prouesse (là aussi) d’extirper autant de puissance d’une aussi petite cylindrée… Classiquement, le mode Eco est très frustrant, et à ne réserver qu’aux parcours autoroutiers où la recherche de puissance instantanée n’est pas le premier souci. Sinon, le mode Sport compense le côté un peu affable du mode précédent. La consommation, encore elle, reste mesurée quand on est raisonnable, permettant de bonnes distances de voyage avec un plein…

Pas facile de trouver sa place au sein d’un groupe automobile qui s’est agrandi. La mission de la centenaire CITROËN est orientée sur le confort et le style. La C4 de troisième génération d’après-guerre associe parfaitement ces deux thèmes. Le style un peu décalé mais bien dans la famille “Chevrons” avec un petit clin d’œil aux anciennes, place cette berline aux allures un peu SUV dans la course du segment des berlines compactes. Cette recette devrait s’avérer payante, et renouvelée dans la prochaine C5 X.

Philippe NIOLLET

Fiche technique

Moteur

Type thermique

Turbo injection essence 3 cylindres 12 soupapes

Transmission

Traction – BVA8

Cylindrée

1199 cm³

Puissance thermique

130 ch
5500 tr/min

Couple thermique

230 N m
1750 tr/min

Energie

Essence
Dimensions & Poids

Longueur

4.360 m

Largeur

1.834 m

Hauteur

1.525 m

Poids total

1278 kg
Capacités

Coffre

de 380 à
1250 dm³

Réservoir

50 L

Nombre de places

5 places
Performances

Vitesse maximale

200 km/h

0 à 100km/h

9.4 s
Environnement

Emission CO2

134 g/km
Consommations

Consommation mixte carburant

5.9 L/100km
Garantie
Batterie