SA MAJESTE EST DE RETOUR

LAND ROVER Defender 110 P400 First Edition

83700 €

5/5
Pour
  • Véhicule polyvalent
  • Capacité tout terrain
  • Liste des options "baroudeur"
Contre
  • Prix et malus
  • Gabarit imposant
  • Consommation

Après quatre ans dabsence, le revoilà ! Qui ? Mais le Defender voyons. Malgré une série limitée de 150 exemplaires sortie en 2018 pour fêter ses soixante-dix ans, il avait disparu du catalogue du constructeur britannique en 2016. Cest en 2020, dans le contexte mondial que lon connaît, que le dernier descendant de lemblématique 4×4 fait son retour. Et rien que pour cela, on a une bonne raison de sourire.

Emblématique

S’il y a bien un qualificatif que mérite le Defender, c’est emblématique. Conçu en 1948, à partir de pièces de JEEP issues de la seconde guerre mondiale et de tôles d’aluminium, il règne sans partage sur le monde des tout-terrains depuis lors. Le Defender, qui s’appelait simplement Land Rover, a connu plusieurs évolutions. Les premières versions, fabriquées jusqu’en 1986, ont été dénommées “Series” I, II puis III afin de les différencier des modèles modernes. L’évolution a été nommée Defender et a connu trois phases jusqu’en 2016 avant l’apparition du modèle actuel, le Defender II. Son règne est donc plus long que celui de la reine Elisabeth II, si ça ce n’est pas emblématique    !

Pour avoir une telle durée de vie, il est nécessaire de s’appuyer sur de véritables qualités. Solide, indestructible, franchisseur incroyable, utilisé sur les cinq continents et dans toutes les conditions climatiques, il s’est taillé une solide réputation de baroudeur. Mais voilà, la réputation est une chose et les faits en sont une autre, alors est-ce que cette nouvelle mouture est digne de ses prédécesseurs    ?

Style néo-rétro assumé

Massif. C’est le premier mot qui m’est venu à l’esprit en le voyant. La version L400, avec ses cinq portes et sa roue de secours extérieure, dépasse en effet les cinq mètres de long et les deux mètres de large, rétroviseurs déployés. La hauteur, variable grâce à la suspension ajustable, dépasse les deux mètres en version haute. En observant l’ensemble, on retrouve des détails historiques comme les petites fenêtres au-dessus des ailes arrière, les tôles antidérapantes, dorénavant en plastique, sur le capot avant, les vis de fixation des contre-portes visibles qui donnent un petit air rustique, le sol tout en plastique, les phares arrière carrés, les poignées de maintien un peu partout, le couvre-bagage, sans dérouleur, qui se fixe par des crochets… Ce physique taillé à la serpe garde les lignes droites de ses ancêtres avec un air néo-rétro qui lui sied à merveille. Pour ma part, j’ai trouvé ce style enthousiasmant mais il est aussi très clivant. La véritable question est de savoir si tout le monde y adhérera.

Malgré ce regard dans les rétroviseurs pour faire le lien avec le passé, le nouveau Defender a su profiter de tous les équipements disponibles pour s’adapter au monde moderne. Bien évidemment, tous les équipements “classiques” sont disponibles : caméras de recul, climatisation, sièges chauffants électriques, volant chauffant, système de divertissement complet, régulateur-limiteur de vitesse, assistant de maintien de file, lecture des panneaux de signalisation, caméra panoramique 3D, crochet d’attelage déployable électriquement, réglage manuel de la garde au sol à partir du coffre… Rien de bien nouveau sous le soleil par rapport à un véhicule classique mais quelques spécificités intéressantes.

Ce qui l’est encore plus, ce sont les spécificités liées au mode tout-terrain avec des caméras tout autour du véhicule, permettant d’observer les zones importantes durant les phases de franchissement, un rétroviseur intérieur à visibilité optimisée “ClearSight” qui permet d’activer la caméra arrière et d’y récupérer le flux vidéo afin d’avoir une très bonne visibilité malgré un véhicule totalement chargé. La suspension pneumatique est gérée électroniquement en fonction du mode activé, permettant ainsi de gagner soixante-quinze millimètres de garde au sol entre le mode normal et le mode tout-terrain. Enfin, le mode tout-terrain, je devrais plutôt dire les modes tout-terrains : standard, boue et ornières, herbe, gravillon et neige, sable, rocaille, passage à gué… Il existe même la possibilité de gagner encore soixante-dix millimètres de garde au sol dans des conditions extrêmes.

Passe-partout

Le plaisir de conduire, c’est bien ce que l’on recherche au volant quand on aime les voitures. Le confort et le maintien des sièges sont adaptés à toutes les situations. Les places arrière sont spacieuses et permettent de voyager confortablement. Heureusement, car dans toutes les conditions, les performances sont impressionnantes malgré les deux mille trois cents kilos de la bête. En effet, les quatre cents chevaux répondent toujours présents, que ce soit en termes de reprise ou de puissance pure. La suspension est à l’avenant et permet de conserver une bonne tenue de route quelles que soient les conditions. Elle est également très maniable et la seule contrainte reste son gabarit pénalisant dans les petites rues ou les parkings souterrains.

Bien évidemment, en mode tout-terrain, tout cela reste plus que vrai. Les petites aspérités sont totalement inexistantes et les véritables obstacles sont avalés avec facilité. Les capacités de franchissement sont impressionnantes et toutes les poignées de l’habitacle ont une réelle utilité quand les difficultés du terrain arrivent. Que ce soit sur des chemins forestiers, ou des pentes abruptes, le calculateur est capable de gérer au mieux les performances du véhicule en tenant compte de l’ensemble des paramètres. Gravir des trottoirs, monter sur des rochers, passer des gués, gravir des collines, circuler dans les champs… Tout est faisable et vous essayerez de tout faire.

Dans la vie de tous les jours, ses capacités de franchissement ne seront pas de la plus grande utilité si vous habitez en ville. Vous aurez tous les avantages d’un grand véhicule, logeable, confortable, bien équipé avec de bonnes capacités routières, mais tout ceci a un prix : 83.700 € hors options auxquels il faut ajouter un malus CO2 de 30.000 € en 2021 et un malus au poids en 2022… Alors pourquoi, un Defender plutôt qu’un Range Rover ?

Oui, pourquoi ?

Pour profiter de la vie, tout simplement. Un bivouac en montagne, un raid dans le désert, une promenade avec son chien dans les forêts de Sologne, une montée en station sur les routes enneigées ou tout simplement aider un copain embourbé. Tout est possible grâce aux différents accessoires disponibles au catalogue. Tente de toit, prise d’air surélevée, pack de transport pour animaux domestiques, porte-skis, treuil… En fait, rien ne sera impossible et la limite sera votre imagination.

Vous laurez compris, jai été conquis par ce nouveau Defender. Le style, les performances, les capacités tout-terrain et tout ce que je nai pas pu faire durant cet essai sont autant de choses qui me donnent envie de reprendre le volant du Defender. Comme je le disais au début de larticle, nous sommes en présence dun véhicule emblématique qui sera digne de ses prédécesseurs. Et si les SAS ladoptaient en version “pink panther”, elle deviendrait légendaire.

Michel SANTONI

Fiche technique

Moteur

Type thermique

6 cylindres en ligne – Essence

Transmission

Transmission intégrale – BVA à 8 rapports

Cylindrée

2995 cm³

Puissance thermique

400 ch
5000 tr/min

Couple thermique

550 N m
2000 tr/min

Energie

Essence
Dimensions & Poids

Longueur

5.018 m

Largeur

2.008 m

Hauteur

1.967 m

Poids total

2361 kg
Capacités

Coffre

de 786 à
1875 dm³

Réservoir

90 L

Nombre de places

5 places
Performances

Vitesse maximale

191 km/h

0 à 100km/h

6.1 s
Environnement

Emission CO2

277 g/km

Malus écologique

30000 €
Consommations

Consommation mixte carburant

12.2 L/100km
Garantie
Batterie